‹ Les origines de la réformeChapitre 175 sur 198 · INTELLECTUELLE · texte numérisé non relu

INTELLECTUELLE

1. Renaissance de la vie Intel Iccluelle au milieu du xV siècle. Ses caractères : son rôle dans la vie de la société.

11. L'École. — DilTusion de l'instruction élémentaire. — Inorganisation de renseignement dans les campagnes. — Sçs progrès dans les villes. — Améliorations et réformes. Elles se font surtout dans l'enseignement classique. — Les municipalités mettent la main sur Tècole publique et l'organisent dans l'intérêt de la bourgeoisie.

IIL L'Université. — Organisation démocratique des universités au Moyen âge. — Elle s'alTaiblit au xv* siècle. — Sujétion des universités au pouvoir royal et au pouvoir parlementaire. — Transformations intérieures. — Insuffisance des ressources. Elle pousse les universités à élever les frais de scolarité et les soumet h l'ingérence de» corps municipaux. — Progrès de Tordre et de la discipline. Les internats. — Les universités cessent d'être des éducatrices d'idées pour devenir des distributrices de grades. — Leur dépérissement intellectuel à la fin du Moyen Âge.

IV. La Renaissance. — Idéal nouveau de l'art cl de la littérature. — Le Moyen âge les conçoit comme la traduction de ta vie sociale; la Renaissance, comme l'expression de la beauté. — Influence de ces idées sur le milieu. — Séparation de la vie intellectuelle et de la vie populaire, des lettrés et de la foule. — La culture nouvelle est à la fois aristocratique et monarchique. — L'humanisme se répand dans les hautes classes de la nation. — 11 se met au service du pouvoir absolu.

V. Conclusion du livre. — La société du Moyen âge et la société de la Renaissance. — Caractères nouveaux de rorganisalion sociale*

— Elle marque un progrès de l'ordre, de Tunité, de la réglementation. — Elle est un recul sur Tidéal mystique, les idées démocratiques et l'esprit de liberté.

UNITÉ politique, diffusion de la richesse, avènement des classes moyennes, tout en France éloignait la société des institutions qui avaient signalé Tàge précédent. Pouvoir absolu, capitalisme, bourgeoisie devenaient les facteurs d'uen organisation nouvelle. Ces forces allaient-elles au moins trouver un contrepoids dans le mouvement des idées? Celui-ci leur est-il contraire ou favorable? La culture, produit de ce milieu, est-elle destinée à réagir contre ce milieu ou à le refléter? — Dos la seconde moitié du xv'' siècle, la France assiste à un réveil des études. L'instruction se propage : des écoles se créent et les universités se réforment, l'imprimerie répand la connaissance comme le goût des œuvres intellectuelles. A son tour, l'humanisme apparaît. Il a eu dans Gregorio Tifernatc, Guillaume Fichet et Gaguin ses précurseurs. En 1490, Josse Bade arrive à Paris : sous son impulsion, bientôt suivie par Budé, Tissard, Aleandre, s'introduit une connaissance plus complète, plus exacte des anciens. De 1506 à 1514, la plupart des grands écrivains, latins ou grecs, profanes ou sacrés, sont édités. Ce grand travail oriente la pensée vers des voies nouvelles. Quelle influence ces mouvements divers allaient-ils avoir sur l'état social ? A quelle classe de la nation profitent-ils ?

De ces foyers de culture, le premier est \ Ecole, Ecoles élémentaires de lecture, d'écriture et de u chiffre »; grandes écoles de grammaire et de logique, répondent assez bien à

notre enseignement primaire et à notre enseignement secon daire classique*. Comme Téglise, comme le bourg ou le village, elles ont été ruinées dans la période de l'anarchie et de la guerre. Comme eux, dès la seconde moitié du xv*' siècle, elles se relèvent. Mais leur progrès est plus lent, il n'est guère sensible qu'après 1500, sous l'influence des idées nouvelles; il est aussi moins général. Dans les campagnes, l'école reste à l'état embryonnaire; dans les villes, c'est surtout l'école classique qui se reconstitue.

Ce n'est pas que la masse des localités rurales ait été privée des bienfaits de l'instruction. Rien ne serait plus faux que de s'imaginer cette population de paysans volontairement tenue dans l'ignorance. Dès l'époque carolingienne, l'Eglise s'était préoccupée de les instruire. A la fin du Moyen âge, elle rend le même service. En 1445, le concile de Rouen rappelle que l'instruction doit être donnée par des maîtres capables*. En fait, dans la plupart des bourgs ou villages possédés par une abbaye ou un chapitre, l'école existe, entretenue aux frais de celte communauté. En Anjou, par exemple, les terres dépendant du chapitre de Saint-Pierre de la Cour ou de Saint-Maurille ont leurs écoles ^ En Nivernais, l'abbaye de Comagny tient un maître dans ses prévôtés : celui-ci a la surveillance de toutes les écoles de paroisse et le droit de donner « licence » aux curés de les tenir*. En Périgord, à Belvès, en 1508, le

1. La distinction de renseignement primaire, secondaire et supérieur n'était pas aussi nette que de nos jours. H y a plutôt dans renseignement des degrés que des ordres distincts. Dans toutes les viUes où il n*y a pas d'université, l'école de grammaire y prépare. Dans les universités, la faculté des arts est à la fois un établissement d'ensei^ gnement secondaire et supérieur.

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