‹ Les origines de la réformeChapitre 83 sur 198 · Id., ibid., f · texte numérisé non relu

Id., ibid., f

3. Le nombre de ces moulins est assez grand à en juger par les mentions qui se trouvent dans les aveux et les baux, même dans les coutumes. Dans le Maine, on Anjou, par exemple, le bas justicier peut avoir moulin à drap. En Normandie, le prix de location augmente à la (In du xV siècle (A. D., Eure, H. 1275). Enquête faite sur un moulin baillé par les religieuses de Fontaine-Guérard à 4 liv. t. Il vaut « quattre fois plus », et est baille à 18 I.

CCS innovations. Elles entendaient garder la supériorité de leur marque; grâce à leurs règlements ou leur monopole, elles réussirent à la maintenir*, mais elles ne purent supprimer les draps communs. Ceux ci ne réduisirent pas davantage la vente des draps de prix. Les crises provoquées ne furent que passagères; la consommation est telle que la production grandit toujours. En 1489, aux lendits de Saint-Denys, sur 850 marchands étrangers qui viennent étaler, 21)2 sont des drapiers, 137 sont des toiliers. En 1495, la proportion est analogue '. En réalité les industries textiles, draps, toiles, tissus, forment la moitié de Tindustrie de la France.

Une autre révolution, tout opposée, donna à notre draperie un très vif éclat. Ce fut l'introduction des étoffes de soie, argent et or. Cette industrie était d'origine italienne. On sait que Louis XI l'importa dans notre pays, à Lyon d'abord, en 14()7, où elle ne réussit pas, puis à Tours. Etablis en 1470, les ouvriers génois, ilorentins ou vénitiens y reçurent d'importants privilèges. Le roi avait organisé luimême le métier en quatre groupes : or et argent, velours, satin, damas, se réservant le droit de choisir les nouveaux maîtres. Pour les protéger contre la concurrence étrangère, Charles Vill, en 1485, interdit l'importation de ces tissus'.

1. Aussi les villes multiplient les règlements. De 1494 à 149C, Rouen demande la suppression radicale des moulins. Amiens édicté plusieurs ordonnances. En 1482 (B. M., BB. 14, f* 34) elle déclare que les drapiers seront tenus • faire fouler au pie sans plus... faire foulier ausd. molins - (14 janv.). En 1487. elle défend Tusagc des • feuillets - de l>ois ou de fer et les confisque (/(/., BB. 15, f* 123 et 125). A Poitiers en 1488, la municipalité interdit les presses de fer et d'airain, elle n'admet que celles de bois (Boissonnade, ouv, cit., 1, p. 281). En mai 1497, Charles VllI onlonne que les draps foulés au moulin auront une lisière spéciale (A. 1)., Seine-lnf'*, Échiquier, 21 juill. 1503).

2. A. N., LL. 1312-1313. Registres des foires de Saint-Denys.

3. Vital de Valons, Etienne Tur(/uet et les origines de la fabrique lyonnaise (1868). — A. N., JJ. 227, n« 438. Sous Charles VllI, il y aâ Tours dans la draperie de soie, 17 Français et 6 Italiens. En 1498 (te/., 231, n« 116), le progrès est si grand ■ que de présent, il y a grant nombre de maistres ouvriers et compaignons • (sept. 1498). — L'ordonnance

Louis XII maintint un droit tle o p. 100. Mais la mode, Tengoucmcnt des seigneurs et des bourgeois furent des auxiliaires encore plus efficaces. En 1498, l'industrie est devenue si florissante que le nombre d'ouvriers et de maîtres s*est beaucoup accru. Tours est alors la principale ville des drape ries de luxe comme Rouen des draperies de laine. Le métier est entre des mains françaises, ses fabricants sont déjà les fournisseurs du roi et de son entourage. En 1318, François P"" leur donne 4000 1. *. De Tours, l'industrie des soies se répandit dans quelques-unes des villes du royaume, Amiens, Rouen, Poitiers ; elle reparaît à Lyon où, vers liîlO, se crée une nouvelle manufacture et la forme des draps d'or et de soie octroyée à la ville fait sa fortune-. Aux débuts du xvr siècle, la soierie est devenue une industrie nationale et une des plus grandes richesses de la nation.

Parallèlement aux industries de la soie se développe celle des métaux. I/exploitation des mines, commencée sous Charles VIL s'accroît rapidement grâce aux concessions royales et aux privilèges. Louis XI, par l'ordonnance de septembre 1471, aidait enjoint aux propriétaires de signaler les gisements établis sur leurs domaines. Il avait créé une administration générale des mines : un maître, des officiers, leur attribuant le droit de délivrer des concessions, de faire des fouilles, de faire exploiter les mines que les propriétaires ne pouvaient faire exploiter eux-mêmes'. En même temps, comme Charles VII, il avait appelé des ouvriers étrangers du Rhin ou de la Souabe, leur accordant les mêmes droits

du 17 déc. i48o (Isambcrl, XI, p. 155) prouve déjà combien Tusagc des cloffes de soie cl velours était général. — Sur les droits de 5 p. 100, cf. B. N., Fr., 5093, r 61.

1. A. N., KK. 289. Comptes de la rcceltej de Languedoîl (1517-1518), f- 26:i v.

2. A Amiens, en 1492, il n'y a qu'un maitrc, originaire de Tournay, qui a importé le métier (B. M., BB. 16, f" 170 v«) : • il ne y avoit autre que lui en lad. ville • (7 fév.).

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