‹ Les origines de la religionChapitre 1 sur 219 · IL | PRÉFACE · texte numérisé non relu

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êtres. La conscience a eu, par conséquent, son commencement, comme le langage a eu le sien. À ce commencement, d'ailleurs lent à se produire et à se former, répond un état approprié de l’entendement qui exclut la possibilité du monothèisme tel que nous aurons à le définir. Nous dirons ce qu’a pu être ce premier état de l’esprit humain et ce qu'ont été effectivement les idées religieuses qui s’y subordonnaient.

Amené par le cours de notre étude devant le fait en apparence monstrueux d’une socièté hétaïrique et d’une religion positive le consacrant, nous nous sommes demandé ensuite s’il fallait y voir, comme le pensent quelques-uns, une dépravation du cœur ou de l'esprit; car il est incontestable que, dans les données de notre ordre social actuel, comme de toute noble culture, ce fait doit paraître la négation flagrante des principes sur lesquels repose la sociabilité humaine. À cette question, nous aurons à opposer une réponse négative régulièrement justifiée.

En considérant que tout ordre, aussi bien l’ordre moral que l’ordre physique, n’est, au bout du compte, qu’un concours d'éléments et de forces harmonisés n'importe comme en vue d’une même fin, par conséquent une discipline, nous ne pouvions croire à priori qu'il y eût perversion d'une loi absolue quelconque dans un état de choses aussi synthétiquement ordonné que celui auquel nous faisons ici allusion. Y a-t-il, du reste, des lois qu’on puisse qualifier de rigoureusement absolues? Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il y a des forces, d’abord, et que ces forces agissent et se révélent suivant des modes. Or, ce sont ces modes d’ac-

tion de la force, modes qui en sont inséparables comme

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