‹ Les origines de la religionChapitre 2 sur 219 · PRÉFACE III · texte numérisé non relu

PRÉFACE III

l’attribut l’est de la substance, qu’on appelle des lois, abstraction faite de l’eurythmie ou « raison harmonique », au souffle de laquelle se meut la force elle-même et dont nous entendons expressément réserver l’insondable et si attrayant mystère.

L'Histoire n’est point un collier de perles sans suite obligée et dont l’ordre puisse être interverti arbitrairement : les choses ne s’y suivent que par ordre de succession et par enchaînement logique. Peut-être, comme en un réseau à fil continu, ne serait-il possible de toucher ici à une seule maille sans déranger toute l’économie du système. Rien n’est tout à fait contingent, parce qu’il n’y a rien qui ne soit amené par autre chose. Qui oserait affirmer que les faits, comme les individus, ne résultent que d'eux-mêmes? L'indépendance absolue n’est qu’une abstraction : tout dans le monde est solidaire, tout s’y lie, tout s’y compose en une divine unité, éternelle et infinie. Le présent est éclos du passé et contient en puissance tout l'avenir. L'acte posé est toujours, en quelque point de l’espace et du temps qu’il se produise, une conséquence par rapport à celui qui l’a précédé et une cause par rapport à celui qui le suit; de telle sorte que, si l’individualité résulte, pour la personne, de l'appropriation absolue de ce qui la constitue, on peut dire qu’en ce sens il n’y a d’individualité réelle que pour l'Unité divine. Tout en reconnaissant, néanmoins, que, dans le nombre immense de combinaisons auxquelles peuvent se plier les conséquences rationnelles d’un même fait, selon la nature particulière des milieux, aucune ne saurait être réputée plus néces-

saire que l’autre et que, par conséquent, tel état extérieur

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