Œuvres de M, de B., t. III, pp
venons d'indiquer, une seule et même chose. Mais, si par révélation on entend, comme le fait la Théologie, un enseignement de vive voix où même d'inspiration personnelle émanant d’un agent extérieur, l'explication ne supporte pas la critique. La voix du Ciel ou l’inspiration que l’on suppose résonne dans le vide, comme nous nous exprimions plus haut, et ne peut, par conséquent, rien nous enseigner, s’il n'existe préalablement en nous des éléments de réaction : une notion, qu’elle nous vienne par notre propre travail ou par la parole d'autrui, n’est déterminée et conséquemment caractérisée telle que par comparaison avec des termes déjà acquis. Comment veut-on, dès lors, que la révélation en bloc faite à Adam le jour de sa naissance, avant qu'il connüt le bien et le mal, puisse se faire accepter de ma raison? Cette révélation, du reste, même dans l'opinion condamnée de la capacité originelle de l’esprit humain, implique une pétition de principe, puisqu'elle suppose comme . préalablement admise par le sujet l'autorité du Dieu qui se révèle. N’est-il pas évident que, pour persuader l'esprit de l’homme, ce Dieu doit s’y être élevé à un état de notion parfaitement distincte et y posséder un empire solidement établi? [I y avait longtemps que les Elohim étaient « rois ! » et « maîtres * », lorsque, pour faire adorer leur présence, il suffisait d’une voix sortant du milieu d’un buisson enflammé % ou de la rosée du Ciel mouillant ou laissant à sec alter-
nativement l’aire et la toison de brebis d’un suffête israëlite i.