IV. — VENUS IN CALAMIS
33,091 ans ; mais, si ce chiffre ne mérite pas qu’on y ait le moindre égard, peut-être ne conviendrait-il pas de traiter aussi légèrement les quatre-vingt-six rois qui, suivant le même auteur, se seraient succédé jusqu’à l’avénement de la dynastie mèêde vers le xxrr° siècle avant J.-C., d’après quelques savants, le xxiv° et le xxv° même, d'après d’autres‘. Il se pourrait, en conséquence, que les commencements de l’empire couschite-nemrodien eussent précédé de beaucoup ceux de l'empire fondé sur les bords du Nil par une autre fraction de la famille de Cham.
Quant aux migrations chananéennes proprement dites, elles sont de différentes époques et doivent être venues de divers points. Un papyrus hiératique du Musée de Berlin, traduit par M. Chabas, contient le rapport d’un officier du roi Amenemhe I°', de la douzième dynastie, envoyé pour inspecter le pays qui fut plus tard la Palestine. Or, dans ce rapport, les habitants de la contrée sont désignés sous le nom de Sati, que l’on s'accorde à tenir pour un nom d’origine sémitique. D’autre part, plusieurs inscriptions de cette douzième dynastie établissent que , à cette même époque, vers l’an 3700 avant notre ére, suivant la chronologie de Manéthon, les Égyptiens avaient pour voisins, dans le nord de la Syrie, les Aamou, encore des Sémites, le mot en question ayant, dans la langue de ces derniers, la signification de « peuple » (O}} ). Comme les Couschites, dont la langue était, au fond, la même que celle des enfants de Sem 2, ont précédé à peu près partout les Sémites, auxquels ils ont ouvert la voie, on est autorisé à conjecturer que les Sati et les Aamow étaient plu- EE
1. M. Oppert, Hist. des Empires de Chaldée et d'Assyrie, p. 13, fixe le commencement de la dynastie mède à l’an 2289 avant J.-C, ;
C. C. Jos. Bunsen, Ægyptens Stelle in der Weltgeschichte, t. IV, p. 316, à l’an 2234; Gutschmidt, Rhein. Museum, VII, p. 252, à l'an
2. Isaïe, XIX. 18, où la langue des Hébreux est qualifiée de langue de Chanaan : c'était celle que parlaient les Phéniciens.
tôt des Chananéens que des Sémites purs. La Bible dit ex-
pressément que, lorsque Abraham arriva dans le pays, les
Chananéens l’occupaient, et parmi les tribus qu’elle nomme comme habitant cette même contrée, on ne trouve, à part les Émim, les Énakites, les Zuzim et quelques autres restes de vieilles dénominations ethniques étrangères à la famille de Noë, que des populations qu’elle rattache elle-même à la descendance de Cham et de Chanaan*.