I. — QU'EST-CE QUE DIEU? QU'EST-CE QUE LE TOUT
Dans ses premiers moments, l’homme, simple objet, n’était qu’une des mille formes d’un même tout, et comme il ne se percevait point encore en dehors de cet ensemble, il ne se voyait ni meilleur ni pire que ce qui n’était pas lui. .« L'homme, dit Wuttke!, ne se distingue pas d’abord d’une manière essentielle de l’animal; il le regarde comme étant de même condition que lui. » Et en effet il existe encore, dans les déserts de l'Amérique, des populations sauvages -qui prétendent descendre, les unes d’un poisson, les autres d’un crapaud, d’un serpent, d’un singe ou de tout autre animal .* Chez les Aléoutes, dans l'Amérique septentrionale, le premier parent de la race fut un chien, et les premiers hommes avaient même, suivant eux, des pattes de chien. D'autres ont doué les animaux des facultés de l'homme, audessus duquel ils l'ont élevé souvent, et peut-être est-ce dans cette nuit que plongent les racines de la zoolàtrie ? Peut-être aussi ne faut-il voir, dans les légendes traditionnelles des races policées, qui représentent les premiers humains comme vivant d'une manière plus suivie et plus intime avec les animaux, qu'un vague reflet de cet état primitif. Dans le jardin paradisiaque de l’Eden, suivant l’interprétation des commentateurs de la Genèse, Adam vivait en parfait accord avec les bêtes les moins sociables, -et ce ne fut qu'après son péché, — felix culpa! — que la séparation eut lieu. Dès qu’il eut goûté au fruit de l’arbre de la science, les animaux ne le reconnurent plus pour un -des leurs.
L'homme ne s’est donc pas perçu tel dès l’instant où il a
-conclurai que tu veux sauver Israël par ma main. » Et il en fut ainsi. :Gédéon dit encore à Dieu : « Ne t'irrite point si j'insiste. Je veux encore faire une épreuve avec la toison : que maintenant la toison seule reste à sec et la terre tout autour soit trempée de rosée. Et Dieu fit -cette nuit aussi ce qu'avait demandé Gédéon : la toison demeura à sec -et il n’y eut de rosée que sur la terre tout autour. »