VI. — VENUS ÆNEA
+. . . Subito cum tabida membris,
Corrupto cœli tractu, miserandaque venit
Arboribusque satisque lues, et letifer annus.
Linquebant dulces animas, aut ægra trahebant
Corpora ; tum steriles exurere Sirius agros:
Arebant herbæ, et victum seges ægra negabatl, « Soudain, l’air se corrompant, une horrible contagion se répand sur les corps, les arbres et les moissons, détruisant ainsi l'espoir de l’année. Les hommes abandonnaient la douce lumière ou trainaient des corps languissants. Sirius brûülait les campagnes arides ; l'herbe était desséchée, et les épis malades refusaient l’aliment de la vie. »
Nous avons cité, au chapitre IV de cet ouvrage, une curieuse tradition conservée par Etienne de Byzance au sujet : de la fondation de la Vienne des Gaules. Ce qu’il y a de vraiment remarquable dans les raisons que donne l’auteur byzantin de l’expatriation de la colonie crétoise qui vint bâtir cette ville, c’est leur parfaite concordance avec celles que donne, de son côté, Virgile, du départ subit de Crète de la flotte troyenne. Dans l’un et l’autre cas, le départ de Crète est déterminé par une brûlante sécheresse qui détruisait tout. Or, nous avons dit que, une des conditions essentielles des premiers établissements religieux chthoniens ou énéens étant le voisinage de l’eau et l’abri de la montagne ou d’une élévation quelconque contre les vents secs et typhoniens ennemis de l’humide, l'élément vital par excellence, il était tout naturel de représenter un peuple qui cherchait le voisinage del’eau ou un pays marécageux, afin d’y fonder un établissement, comme s’expatriant pour échapper à une sécheresse.
De IILEST