En., III, 284 et suiv
Ænæa était associé celui des « grands dieux >» ou Cabires de Samothrace, que l’on y honorait comme démons protecteurs de la navigation.
La circonstance est importante à noter, car elle relie la Vénus en question à ce qu’il y a de plus caractérisé peutêtre sous le rapport dont il s’agit. Disons d’abord que, d’après une tradition, le père de la race, Dardanus, serait venu de l’île de Samothrace, originairement appelée Dardanie !, et que, accompagné de son fils Idæos, il aurait apporté de là en Phrygie la civilisation et le culte de la Grande Mère Idéenne, que d’autres font venir de Crète avec le même Dardanus. Quelques-uns, au contraire, tirent de Phrygie les mystères et les dieux de Samothrace. Tout cela indique une parenté entre le culte de l’Ida et celui de l’île sainte en question, dont les Cabires doivent, en conséquence, être assimilés aux Daktyles idéens, qui ne diffèrent point eux-mêmes des Corybantes, des Curètes et des Telchines, autant de ministres et exécuteurs des œuvres de la divine Mère chthonienne.
D’après Mnaséas, cité par le Scholiaste d’Apollonius de Rhodes ?, les Cabires auraient d’abord été au nombre de trois : Axieros, Axiokersa et Axiokersos, auxquels aurait ensuite été adjoint Cadmilos ou Casmilos, leur ministre, identifié par les Grecs à l’'Hermès ithyphallique. Suivant le même Mnaséas, Axieros ne serait autre que Demeter, Axiokersa autre que Perséphone et Axiokersos Hadés, trois divinités génétyllides et telluriques parfaitement caractérisées. D’autres auteurs citent parmi les dieux de Samothrace Dionysos, Rhéa ou Cybèle, Hécate et Aphrodite, toujours des divinités génésiques. L'identité des cultes de la Mère divine et des Cabires est finalement con= firmée par l'identité des symboles et des cérémonies : le
1. Pausanias, 7, 4, 3. Étienne de Byzance, au môt Ecuobpaune £e FE 9L74
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