‹ Les origines de la religionChapitre 176 sur 219 · VII. — ANNA-DIDON · texte numérisé non relu

VII. — ANNA-DIDON

dieu « archigète » qu’à celui de dieu « indigène. » Or, Adranos étant un dieu à lance, ainsi qu'en témoigne Plutarque !, il y a déjà là une présomption de phallisme. Cette présomption est ensuite confirmée par un fait important, qui doit résoudre tout doute. Une figure peinte sur vase antique de Sicile, dont Welcker donne le dessin *, représente le buste d’une femme, des mains éten-

dues de laquelle naissent deux jumeaux armés de mar-

teaux et paraissant frapper à tour de rôle sur la tête de leur mère, ce qui, dans l'hypothèse généralement admise

que l’image en question symbolise bien la naissance des. . . « + . « . « EST 2 Paliques, autorise à assimiler la mère de ces dieux à une

Chirogonie ou Mère idéenne, en prenant le mot Zda dans le sens de « main », et les Paliques eux-mêmes aux Dacyles, aux Curètes, aux Corybantes, aux Telchines, tous dieux forgerons et artistes comme eux et comme eux aussi rattachés à l’Ida et à la grande Mère chirogonique. En conséquence, si l’on se reporte à ce que nousavons dit de la main génératrice d’Anu et du dédoublement de cette dénomination en Adr et An, comme dans la double divinité Adra melekh ou le «roi Adr >» et Ana melekh oule « roi An », de Sepharvaim, on ne pourra qu'être singulièrement tenté de voir dans les Paliques jumeaux une image de ce dédoablemont et dans leur père Adran l’Adar et l’An de la Babylonie, qui étaient, ainsi que nous le faisions observer, les deux côtés, igné et chthonien, du même dieu, le dieu symbolisé par la main droite. Le nom d’Adran n’appartenait pas, du reste, dans cet état de combinaison, à la

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1. Tinoléon, XIV : « Les Adranites ouvrirent leurs portes à Timoléon et lui racontèrent, tout émerveillés, que, au commencement du combat (contre Icétas), les portes saintes de leur temple s'étaient ouvertes d’elles-mêmes; que leur dieu Adranos avait agité le fer de sa lance, et que son visage avait paru inondé de sueur. »

2. Les Paliques Siciliens, dans les Annali dell Instituto di Corrisp. arch., 11, 1830, p. 245.

Sicile exclusivement : dans un fragment qui à été conservé de la version syriaque d’une Apologie adressée par saint Meliton à l’empereur Marc-Aurèle, le dieu principal d'Hiérapolis ou Maboug, un des grands centres religieux de la Maternité divine, qu'on y adorait sous la double forme du .: kteis et du phalle, est appelé Hadron *. Et maintenant, quand nous aurons dit que, dans la transition du Chtho- + nisme pur ou mélangé au Sabéisme, en Babylonie, le dieu Adar devint la planète Saturne *, on comprendra mieux pourquoi les tumuli symboliques de cette Sicile, dont Adran était le dieu archigète, passaient pour des tombeaux de Saturne ou Cronos.

. En quittant Drépane, après y avoir élevé à son pére Anchise le tumulus dont il vient d’être question, Énée allait s'engager dans la mer Tyrrhénienne, se dirigeant vers

lTtalie, quand une tempête soulevée par Éole, à la prière - de Junon, dispersa sa flotte, dont elle détruisit une partie, et le jeta lui-même, avec ce qui restait de son monde, dans la baie de Carthage.

La ville qui devait plus tard devenir la rivale de Rome était à moitié construite, et Didon y régnait. Comme Car-

thage, suivant l’opinion généralement reçue, n'aurait été

fondée qu'entre 814 et 812 avant J.-C.*, on a reproché à

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