VII. — ANNA-DIDO
gienne, fait allusion à des pratiques obscènes en leur honneur ‘, et, sur le mont Éryx. la Vénus éuéenne, considérée comme présidant à la fécondité féminine et à l'union des sexes, était, quoique vierge, une véritable volgivaga ou pandêémos. *
À Rome, le 23 avril, jour des Vrinalia 1e. les filles
vénales, couronnées de myrte et de roses ?, célébraient, Fe la fête de cette même Vénus Érycine, qui était tout partie
culièrement la leur, par des sacrifices et des offrandes à son sanctuaire de la voie Salaria, en avant de la porte Colline. Et sur le mont Éryx, au sanctuaire de la déesse étaient attachées des espèces de Æedeschot}, qui formaient des chœurs de danse et de musique en l'honneur de la Vénus céleste et se livraient en même temps, pour la plus grande gloire de cette même déesse, à la prostitution. Nul doute, par conséquent, que l’Aphrodite Érycine ne füt aussi une volgivaga. Los
Il y avait encore, dans le caractère de cette Vénus, un trait qui LOUE sa physionomie chthonienne et l’assi— milait tout à fait à l’Anath orientale, type, ainsi que nous l'avons dit, del’Aphrodite Ænæa : c'était une Victoire. Les Romains, en introduisant le culte de la Vénus d'Éryx, firent tout à la fois de cette divinité une Venus genitrix et une Venus victrix, et l'identifièrent avec leur Victoria °. Il ne serait pas impossible que la lance dont elle était armée et qui ne fut, dans le principe, qu’un emblème
1. De Civitate Dei, II, 8 : « Veniebamus nos etiam aliquando ado lescentes ad spectacula ludibriaque sacrilegiorum; spectabamus arreptitios, audiebamus symphonicos; oblectabamur ludis turpissimis, qui Diis Deabusque exhibebantur, Cœlesti Virgini et Berecynthiæ matri omnium,. »
2. La rose et le myrte étaient consacrés à Vénus et paraïent le front de l'Amour.
3. Varron, I, I, V, 62; Aulu-Gelle, N, À, X, 1, 7. C'est à cette Vé« nus que la famille albaine des Jules rattachaïit son origine,
LA
purement phallique, du genre des hastæ Martiæ de la Regia, de la lance de Vesta et de celle des Pénates, eût suggéré l’idée de cette singulière assimilation, déjà faite, du reste, en Orient, bien longtemps avant les migrations de la Grande Mère divine dans les régions occidentales. Avant de quitter la Sicile, pour suivre Énée et ses compagnons à Carthage, où nous allons bientôt, sous d’autres noms, retrouver notre Vénus Érycine et tout le chthonisme énéen, nous dirons quelques mots des Paliques, aux-
quels il a été fait allusion plus haut. Sans insister sur les développements que prit le mythe sous des influences lo-
cales,sur lecaractère volcanique, parexemple, que cesdieux jumeaux empruntaient, en partie du moins, au voisinage de l'Etna, au pied duquel ils avaient leur sanctuaire, et aux deux lacs d’eau bouillante et soufrée appelés, au pluriel, en grec Delloi ! et en latin Delli ?, d’où ils seraient sortis, enfantés par. la Terre, nous rappellerons les traits originels de leur physionomie, qui montrent qu’on a réellement affaire à de véritables Pénates. D’après Hesychius les Paliques avaient pour père Adranos, dont le culte, dit Plutarque, était répandu dans toute la Sicile, où on l’honorait par-dessus tous les autres dieux * Aussi Ælien qualifie-t-il cet Adranos du nom d’eépikhorios Ÿ, qui signifie « national » et qui ne nous parait être ici que la traduction du Melkarth sémitique, répondant plus au sens de
1. Dans les fragments de Callias : ’HGÈ Eoôun tñc pèv l'elüac 6oov évevhuovta otadra Otéornxev. Emietxdc OÈ Yeppoc Eotr To t’ Üpoc ka Tù madordv EuxelGv yeyevnuévn môduc, dp n nai Tobs Aëlkovs (Camerarius écrit ainsi, mais les éditions ultérieures, d’après Henri Etienne, portent AetXouc) xadoupévouc eivar oupféfinuev. OÙtor dE xpatitecs do eiotv, oÙs Gdelpodc Tov Ilaktuv ot Etxehtotar vouilouor, Ts ÔË AvVaponds TOY ToupoA0yHY TapanAnsias Boulou: EyouoL.