‹ Les origines de la religionChapitre 180 sur 219 · VII, — ANNA-DIDON · texte numérisé non relu

VII, — ANNA-DIDON

« tout. Ils arrivent aux lieux où tu vas voir s'élever les « grands murs et la citadelle de la nouvelle Carthage. « C’est là qu'ils ont acheté autant de terrain que pou- « vaient en embrasser les lanières taillées sur une peau « de taureau, d’où est venu à la ville son nom de Byrsa *.

Un peu plus loin, Didon, rappelant à Énée qu’il avait vu le troyen Teucer à Sidon, où il était venu implorer le secours de Bélus, se donne comme la fille de celui-ci :

« Alors Bélus, mon père, ravageait l’opulente Chypre, et, vainqueur, la tenait sous sa loi*?. ».…

Il doit, à première vue, ressortir de ces citations que Virgile, d’abord, a confondu les traditions de Tyr avec celles de Sidon et, ensuite, que, d’après ces traditions, la reine de Carthage en était la divinité archigète. Les données élaborées par le poète, qui, nous le répétons, a pu les mêler sans trop de critique, mais qui n’a rien inventé quant au fond des choses, avaient donc une double provenance, l’une mythique, en dehors de l’histoire, et l’autre développée de la première sous forme évhémérique. Les faits certains que nous allons exposer nous reporteront, en effet, bien au delà de l’an 812 ou 814 avant J.-C. et disculperont Virgile du reproche d’anachronisme.

Movers a très savamment démontré * que, longtemps avant l’établissement des Tyriens à Carthage, il y avait eu sur le même emplacement une colonie phénicienne, et nous disons nous-même, dans un autre endroit de ce livre, que Tyr n'avait guère fait que succéder à Sidon sur les côtes et dans les îles de la Méditerranée, comme Sidon, de son côté, avait étendu et développé un mouvement de colonisation et des comptoirs sémitiques datant probablement

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