VII. — ANNA-DIDON
< Au milieu de la ville était un bois sacré... Là Didon la sidonienne éleva un grand temple à Junon. »
Une preuve que Junon est bien ici pour Astarté, c’est, entre beaucoup d’autres, que les courses maritimes de cette dernière, partie de Sidon, avons-nous dit, pour aller errer de par le monde, ont été attribuées par les auteurs latins à Junon : Saturnus quum per totum orbem profugus erraret, Junone sociata, ne longo tœdio lassaret viæ, eam Nymphis Africæ commendavit alendam, ex quo Carthaginem magnam semper habitavit *.
Sanchoniaton, rappelant les voyages d’Astarté, dit qu'elle posa sur sa tête le signe de la royauté, une tête de taureau, et que ce fut ainsi qu’elle parcourut le monde ?. Comme plusieurs sanctuaires du nom de Tauropolion ont été appelés de la sorte d’après le symbole du taureau, qui était celui de la grande Mère sémitique, identifiée notamment avec Artémis *, il n’est pas téméraire de supposer que la tradition aura été pour une part dans le singulier mirage qui a fait voir aux Grecs quelque chose du taureau dans la Bosrah carthaginoise, dont ils ont fait Byrsa, qui, dans leur langue, signifie, en effet, « cuir de bœuf >. Les peaux de Gorgones, qu'Hannon aurait rapportées de son périple et pendues comme trophées dans le temple de la déesse à tête de vache, ne seraient-elles pas aussi pour un peu dans cette singulière association d’idées 4?