‹ Les origines de la religionChapitre 185 sur 219 · Mythogr. Vatic., I · texte numérisé non relu

Mythogr. Vatic., I

3. On cite, parmi lessanctuaires du nom de Tauraupolion, ceux d'Amphipolis, à l'embouchure du Strymon, et de l’île d’Icare. Ils étaient à Artémis tauropolos, la même qu’Artémis taurique. Sur les monnaies provenant de ces deux endroits, la déesse est représentée assise voyageant sur un taureau, exactement comme l'Europe tyro-sidonienne.

4. Pline, Hist. nat., V1, 86 : Gorgonum cutes, argumenti et miraculi gratia, in Junonis templo posuit (Hanno) spectatas usque ad Carthaginem captam.

Si ces peaux, que Humbold suppose avoir été celles de gorilles ‘, étaient des peaux velues, comme tout porte à le conjecturer, il ne serait pas impossible que des étrangers de la Grande-Grèce, trompês par la vue de la tête toute seule du taureau ?, sans le reste du corps, et par le mirage que nous venons de dire, eussent mêlé le tout pour enfaire ce que nous savons. Quoi qu'il -en soit, la divinité du temple élevé par Didon au centre de sa fondation était bien une Astarté tauropos ou « à face de taureau », correspondant, sous cette forme, à l’Artèémis taurique et à la Diane latine dite Regina bicornis, dont le ip est rappelé par l’Aschtharoth-Karnaïm ou « Astarté à cornes » de la Genèse 5. Hérodien #, après avoir dit que les Carthaginois reçurent,de Didon Ù culte d'Uranie, qu’ils tenaient pour la Lune, He que cette Uranie sat la même que les Phéniciens âppelaient Astroarché, ce qui doit s’entendre ici d’Astarté, ainsi que, du reste, les étymologistes grecs le disent positivement *, et de nombreuses monnaies siculopuniques la représentent en véritable Aschtharoth-Kar-

1, Voyage aux régions équinoxiales, 1.

2. Étienne de Byzance, v. Kapyrnô&v, dit que Carthage portait originairement le nom de Kakhkabé, que l'on retrouve, en effet, sur des monnaies de Sidon, depuis Antiochus IV, où il désigne une colonie sidonienne, et ajoute que ce nom signifie « tête de cheval ». D'après Denys Périégète, la ville fondée par Didon, cest-à-dire Byrsa, aurait été appelée Kakkabé, à cause de la tête de cheval qu’on aurait trouvée sur les lieux attachée à un palmier. On ne sait pas ce que le mot, qui était probablement lybien, a voulu dire, mais Movers (1. s.) conjecture avec raison que les Grecs ont fort bien pu voir dans Kakkabé une analogie avec Karkabbalés (Kap xa64)nc), qui signis fie, en effet, « tête de cavale », la cavale substituée à la vache, par suite du mirage.

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