‹ Les origines de la religionChapitre 202 sur 219 · VIII. — ANNA PERENNA · texte numérisé non relu

VIII. — ANNA PERENNA

Et ducunt posito duras cratere choreas, Cultaque diffusis saltat amica comis.

Quum redeunt, titubant ; et sunt spectaculo vulgo, Et fortunatos obvia turba vocant1.

Un peu plus loin, le poète, associant Anna au dieu Mars, rappelle le côté guerrier, que nous avons constaté plus haut dans la dénomination en question. Pour rendre raison des « chansons obscènes et licencieuses que les jeunes filles chantent, réunies en chœur », à la fête plébéienne des bords du Tibre, Ovide, confondant, à l’exempie ae peaucoup d’autres mythographes, Anna avec Minerve, l’hasta Martia avec l’hasta pura, raconte, en effet, ce qui suit :

< Anna n’était déesse que depuis peu ; Mars Gradivus vint la trouver, et, la prenant à part, il lui parla ainsi : « On t’honore dans le mois qui m’appartient; j'ai joint ma saison avec la tienne ; sur toi repose l’espoir de tout mon bonheur. Dieu des armes, je brûle pour Minerve, la déesse armée, et depuis longtemps j'entretiens cette blessure. Unis par les mêmes goûts, que nous Le soyons par l’amour; à toi, bonne vieille, il appartient de le faire. » I dit : la vieille l’amuse d’une vaine promesse et traine sa folle espérance de délai en délai. Comme il devenait plus pressant : « Nous avons exécuté tes ordres, dit-elle : vaincue par les prières, elle a fini par céder. > L'amant, ravi de joie, prépare la couche : Anna y est conduite le visage

1, Fastes, III, 523 et suiv. Le lieu où se célébrait la fête était le bois sacré d'Anna Perenna, à un mille de la Porte Carmentalis sur la voie Flaminia, non loin probablement, comme le conjecture Preller (Ræmische Mythologie, 304), de la Porta del Popolo. Le Cal.\Vatic. porte, au 15 mars : Fericæ Annœæ Perennæ via Flam. ad lapidem primum.

M. Desjardius pense que c’est dans la direction du pons Milvius, sur le Tibre, entre la via Salaria et la via Flaminia, qu'il faut chercher le Nemus pomiferum Annœæ Perennæ dont parle Martial (lv. IV, ép# 64), et qu’avaient lieu les joyeux pèlerinages rappelés par Ovide.

1 Au moment où il allait : le dieu ainsi joué deet la colère. La nouvelle de la chère Minerve, et jamais de: Telle est l’origine de ces ries et dé ces chants obscènes : on trouve an mous au dieu.» D: Pa Fi à"

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ve : Pi ne mit cur cantent superest obscena puellæ 1 us :nam me Lo probra canunt.

er erat Dea facta : venit Gradivus ad Annam ;

t cum seducta talia verba facit rs

Mense meo coleris; junxi mea te mpora tecum : Pendet ab officio spes mihi magna tuo re

Armiger armiferæ correptus amore Minervæ “ir Uror; et hoc longo tempore vulnus alo.

Effice, Di studio similes coeamus i in unum : Conveniunt partes tibi, comis anus.

Dixerat : illa deum Die sso ludit inani ; Et stultam dubia spem trahit usque mora.

__ Sæpius instanti : Mandata peregimus, inquit ;

Evictas precibus vix dedit illa manus.

Gaudet ns thalamosque parat : deducitur illuc PR. 2 vultus, ut nova nupta, suos.

Oscula sumpturus subito Mars adspicit Annam : Nunc pudor elusum nunc subit ira deum.

Ridet amatorem caræ nova Diva Minervæ; gx Nec res hac Veneri gratior ulla fuit. %.

Inde joci veteres obscenaque dicta canuntur,

Et juvat hanc magno verba dedisse deot,

En se reportant à la description que Fr de son té , fait des sakœæa asiatiques, qui se célébraient en l'honneur d’Anaïtis, divinité tout à la fois hétaire et guerrière ae facilement qu’il s'agit, danSile fête des bords du Tibre, d'une véritable os s Au

: 1. Fastes, III, 615 et suiv. Le Li : tr XL, c. VII, 5. V. chap. V de cet ouvrage.

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dre la mer, sans trop savoir où aller cheéher un ina

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