‹ Les origines de la science sociale. Frédéric Le Play, sa méthode et sa doctrineChapitre 20 sur 38 · L'onstilulioa essenllcUe de ihumanité, p. i · texte numérisé non relu

L'onstilulioa essenllcUe de ihumanité, p. i

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ment du tioisième Age. Cons<''((uencc (jue le législateur peut et doit, selon les circonstances, montrer plus ou moins d'empressement à consacrer, mais qui tôt ou fard s'impose à lui. Ainsi, dans la deuxième édition des Ouvriers curopdcnx^ nous voyons I.e Play critiquer, en Autriche-Hongrie, les règlements (jui limitaient alors la création de grandes usines : la réforme sociale contient, d'autre part, la condamnation des anciennes corporations d'arts et métiers dont Le Play a été considéré, à tort, comme un des derniers défenseurs '. Loin de là, il fut, au Conseil d'État, en 18G0, l'adversaire d'un projet de réglementation proposé par les boulangers de Paris, pour limiter entre eux la concurrence. Il se montrait également favorable, en matière douanière, au régime libéral des traités de commerce qui remplaça à cette époque une législation protectionniste.

Conmic les deux âges précédents, l'âge de la houille était, pour Le Play, le résultat inéluctable du jeu dos lois sociales. Pas plus qu'eux il n'engendrait fatalement le bonheur ou la souffrance. Le tout était de lui adapter des institutions et des coutumes qui le rendissent compatible avec un état habituel de prospérité, et c'est de la recherche de ces moyens que Le Play forma une science nouvelle : V Économie sociale.

1. « En comparant la détresse qui frappe aujourd'hui les populations nianufactu- « rières, au bion-ètre dont elles jouissaient autrefois, on a élé souvent conduit à n accepter le principe des anciennes corporations d'arts et métiers. On a même pro- (I posé de les rétablir en les perfectionnant. L'expérience acquise dans une foule <i d'ateliers et même dans des régions entières de l'Europe conseille de repousser " celte proposition. Les corporations se sont éteintes spontanément ou ont été fo:- « mellement abrogées en beaucoup de lieux, et j'ai vainement clierthé un cas oii l'on « ait jugé utile de les reconstituer. On établirait, il est vrai, la stabilité des exis- (( tonces, ce fait excellent du moyen âge, en revenant aux corporations fermées et aux M engagements forcés. Toutefois ce retour au passé n'est point désirable, car on dé- « Iruirait en même temps la liberté du travail qui, malgré certains maux graves mais « guérissables, est une des rares supériorités de notre époque d'instabilité et d'an. « lagonisme. Il est aussi nécessaire que jamais d'assurer l'existence de familles impréi( voyantes. Mais il faut tirer de l'emploi intelligent du libre arbitre le résultat que « nos pères obtenaient du régime réglementaire. Pour atteindre librement ce but, il « faut fonder l'agriculture et l'industrie manufacturière sur la famille-souche et le (< patronage volontaire. Le retour à la contrainte ne serait opportun qi:e si nos <i patrons et nos ouvriers, persistant dans leur déplorable antagonisme, se refusaient « à suivre l'exemple des ateliers modèles de la France et de l'étranger « \liéfonne sociale, H, p. 308).

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Ce ([u'il lallail chercher a\ aiit tuai, c était le remède au i^i-and mal dos sociétés modernes, an Paupérisme, résultat naturel de riiiiprévoyance et qu'aucun système de coutiainir ne Airnt [>lus enrayer et qui, non seulement frappe durement ses victimes, mais tient les nations d'Occident sous une perpétuelle menace de révoltes et de violences. A ce point do vue, « les études faites de « nos jours, dit Le Play, sur les divers régimes du travail ofTrcnt « une singulière particularité. Elles ne considèrent ni les remè- " des propres à la guérison du mal qui règne en beaucoup de « lieux ni les pratiques qui correspondent ailleurs à létat de « santé. Elles traitent exclusivement des palliatifs applicables à (( un état de malaise qu'on nous signale souvent comme une ■ conséquence inévitable des principes mêmes de l'ordre so- « cial '. »

Au nombre des palliatifs, « qui sont l'indice même du mal », Le Play cite en première ligne les sociétés de secours mutuels et les associations de toutes sortes qui remédient plus ou moins à l'imprévoyance et au dénouement ; puis les sociétés de bienfaisance qui se proposent le même but. « Ces institutions ont toutes i( un caiactère commun : elles sont jugées inutiles dans les ate- ' liers qui conservent un état traditionnel do prospérité; elles • sont repoussées par toutes les familles qui sélèvont au pre- (c mier degré do l'aisance ; elles disparaissent donc dès que la « réforme s'accomplit '-. »

Il on est de même, selon Le Play, d'institutions créées de nos jours par la bienfaisance publique et qui, dans ces conditions, sont également l'indice du mal, alors qu'elles décèleraient l'état de santé si elles étaient créées par le mouvement spontané des populations. A cette catégorie de palliatifs se rattachent : les écoles de tous genres, les bibliothèques, les récréations choisies,

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