‹ Les origines de la science sociale. Frédéric Le Play, sa méthode et sa doctrineChapitre 19 sur 38 · Reforme sociale, I, II, p · texte numérisé non relu

Reforme sociale, I, II, p

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Tuiil change el tout change hiusqncniciif avec l'âge do la houille. Les comniunicalions rapides rapprochent les dillerents marchés autrefois séparés; la production centuplée des usines dépasse de beaucoup les besoins de la consommation locale ; les échanges se multiplient d'un bout à l'autre de l'univers et la concurrence devient mondiale. L'n appel se fait ainsi à toutes les capacités et à toutes les énergies, mais en môme temps les effets (le l'inégalité des aptitudes se trouvent muftipliés : en haut nait la richesse; en bas, le paupérisme.

Devant cette révolution, toutes les anciennes institutions de contrainte disparaissent peu à peu. Les lois humaines cèdent sous la pression irrésistible des lois sociales providentielles. Les barrières qui limitaient rechange s'abaissent ; les règlements qui paralysaient la concurrence sont brisés ; la dépendance hiérarchique obligatoire qui liait entre elles les familles s'évanouit, laissant à chacune d'elles la liberté de son effort et la jouissance entière de ses résultats.

Nous l'avons dit. Le Play ne croyait pas que ce changement de régime fût, en lui-même et par la force des choses, favorable au développement de la prospérité. La lecture des Ouvriers européens laisse plutôt à cet égard une impression pessimiste : les sociétés occidentales les plus avancées y apparaissent aussi comme celles où l'existence matérielle est la plus hasardeuse, et la loi morale la moins pratiquée. Nous avons vu, tout à l'heure, quels bouleversements la grande industrie apporta dans l'organisation de la famille. Le Play cependant sut toujours voir dans la transformation économique un fait indépendant de toute volonté humaine et, c'est son expression propre, un « événement de force majeure ' »,

Surtout, il ne prétendit jamais paralyser cette transformation par le maintien d'institutions de contrainte dont l'ancien ordre de choses seul justifiait la raison d'être. Son œuvre de savant et sa vie d'homme public témoignent que la liberté du travail lui apparut toujours comme une conséquence nécessaire de l'avène-

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