‹ Les origines de la science sociale. Frédéric Le Play, sa méthode et sa doctrineChapitre 23 sur 38 · IW- forme sociale, III, Tl · texte numérisé non relu

IW- forme sociale, III, Tl

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l*;\s [>lus qu'il n'entreprit de délimiter cxaclomcnt les attril)Utions (les pouvoirs publics, Le IMay ne chercha àdéliuir leur organisation idéale. L'observation lui avait moutré que cette organisation est liée à l'ensemble de la constitution sociale et que, pas plus que celle-ci, elle ne peut avoir d'uniforinité chez tous les peuples. D'autre part, il lui parut qu'aucune forme de gouvernement ne peut se dire dans son principe supérieure à aucune autre. La souverainet', en quelques mains qu'elle soit, a toujours les mêmes devoirs et se doit toujours tenir en ,i:arde contre les mêmes dangers. Llle est, en eti'et, de tous les éléments du corps social, le plus exposé à la corruption; par elle s'ingèrent le plus souvent dans ce corps les éléments de désordres quelle a précisément pour but de réprimer. Ce phénomène est exprimé d'une manière saisissante et brutale par un proverbe de pêcheurs : « C'est par la tête que pourrit le poisson » .

Le meilleur des gouvernements est donc celui qui sait le mieux se défendre contre lui-même, contre les abus qu'il est toujours tenté défaire de son autorité.

Pour y réussir, il est préférable, selon Le Play, que sa forme ne soit pas subordonnée à l'un de ces principes exclusifs qui, chez certaines nations, dominent en étouffant tous les autres. Ces principes doivent au contraire se faire mutuellement équilibre, chacun d'eux étant un frein aux abus qui dérivent naturellement des autres. Les Anglais parurent à Le Play les meilleurs maîtres sous ce rapport, par la sollicitude avec laquelle ils compensent entre eux les penchants et les influences.

« Dans la vie privée, dit-il, ils opposent à la soif des riches- « ses le renoncement chrétien; à une propension acharnée « pour le travail, le repos dominical et les jouissances journa- « lières du foyer domestique ; au prosélytisme religieux, la toléu rance de tous les cultes; aux habitudes de confort et de quié- « tude, les dangers des exercices violents; enfin aux jouissances

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« physiques que iccherchent toutes les classes selon kur force tune, la simplicité et la frugalité systématiques d'une foule de « sociétés, dont les membres se tiennent par des obligations « volontaires.

« Dans la vie publique... ils opposent, eu première ligne, (( l'autorité de la Chambre des Pairs à celle des Communes et « l'ascendant du Roi à celui des deux Chambres...

« Ils balancent de môme le droit du législateur par Tobligation « de l'enquête auprès de tous les hommes compétents; le pouce voir du fonctionnaire, par sa responsabilité devant les admi- « nistrés; l'action de l'autorité publique, parla surveillance des « électeurs et des contribuables; le droit des pauvres à l'assis- « tance, par l'intervention nécessaire de ceux qui en font les « frais ^ . »

Un des meilleurs moyens employés parles Anglais pour prévenir la corruption dans la vie publique, consiste à faire de la participation au Pouvoir une charge et non un avantage pour ceux qui en sont investis. Ils multiplient, à cet effet, les fonctions gratuites et choisissent de préférence, pour les exercer, <.< les « hommes qui, dressés habituellement au soin de leurs affaires « privées, peuvent consacrer une partie de leur temps à la <( chose commune ». Ils obtiennent ainsi une administration habile et dévouée tout en donnant un emploi utile à des activités qui autrement se seraient probablement employés au détriment de l'ordre social.

Le gouvernement présente enfin le maximum de garanties contre les abus, lorsqu'une décentralisation suffisante met en perpétuel contact l'homme public et l'administré, et surtout lorsque le premier répond de ses actes d'une manière réelle et directe. Le l^lay s'est élevé avec beaucoup de force et de justesse contre le système bureaucratique appliqué en France et dans la plupart des États européens : système qui, en droit, concentre toute autorité entre les mains d'un petit nombre de fonctionnaires dont un plus petit nombre encore sont l'objet d'une cer-

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