‹ Les origines de la science sociale. Frédéric Le Play, sa méthode et sa doctrineChapitre 7 sur 38 · Oiinricrs européens, 2" édition, I, p. 2'.t · texte numérisé non relu

Oiinricrs européens, 2" édition, I, p. 2'.t

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« premiers pas et souvent vers Je j)oint d'arrivée \ous le « trouveriez encore de Ijon conseil '. » Le disciple suivit ces enseignements et s'en trouva bien. « J'ai souvent cherché, ' dil-il, parmi les hommes d'action de ce temps la sagesse « de .M(»ntaiùne. llarement je l'ai vu estimer à sa vraie valeur. « Souvent même les lionmies chez qui j'espérais trouver (( de nouveaux maîtres, l'ont complètement méconnu en l'ac-

(usanl (le scepticisme. Montaigne, au contraire, était pénétré « des convictions indispensables à ceux qui propagent la vé- " rite par l'exemple et par les préceptes. Pour la religion, ' comme pour la souveraineté, il s'inspirait de la tradition na- ■ tionale. Dans un temps où, comme dans l'ère actuelle, la na- <( tion était ébranlée ])ar la corruption des classes dirigeantes, « l'erreur des lettrés et les entreprises dangereuses des nova- « teurs, il reste toujours fidèle à la coutume des ancêtres. 11 a « souvent eu des doutes, mais ils ne se rapportaient pas aux « principes essentiels : ils avaient pour objet la défaillance de « ceux qui manquaient au devoir de sauver la patrie-.»

I^e Play arriva à Paris en 182i : il passa du collège Saint-Louis à l'École polytechnique et, de là, à l'École des Mines. Plongé dans un tourbillon de passions politiques qu'il ne partageait point, il en ressentit un malaise profond, auquel il voulut échapper, s'absorbant dans ses études scientifiques. Celles-là, du moins, ne le déçurent pas. A cet esprit affamé de certitude, elles apportèrent une satisfaction morale extraordinaire. Mais l'élève de M. de la Vauteric ne i)Ouvait rester longtemps concentré sur lui-même. Partout, autour de lui, régnaient « l'es- « prit de discorde, la haine du présent et le désir des révolu- « tions ». Une chose le choquait surtout : la contradiction des doctrines qu'il entendait et des choses qu'il avait vues. Les esprits de ses compagnons, façonnés dès l'enfance à l'écart du monde réel, lui paraissaient des fruits monstrueux de serre chaude. Nulle répulsion pour eux, cependant, mais une sorte d'attrait. <( En vertu de la loi mystérieuse des contrastes, j'é-

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