DU MOYEN AGE
Le géograplie qui veut décrire le bassin d'un vaste fleuve marque d'aboi'd, à grands traits, la marche des principales rivières qui servent à formel* ce cours d'eau ; puis, revenant sur cette description provisoire et sommaire, il détaille les sinuosités des mille ruisselets dont les eaux viennent grossir les principaux affluents.
Ainsi devons-nous faire en cette étude sur les Origines de la Statique. Nous avons résumé, tout d'abord, les idées abondantes et fécondes que contiennent les écrits d'Aiistote, d'Archimède, de Léonard de Vinci ; nous avons vu comment, par l'intermédiaire des heureux plagiats de Cardan, les pensées du grand peintre étaient venues féconder le xvi® siècle.
Mais nous n'avons encore obtenu qu'une esquisse grossière du développement que la Statique a subie de l'antiquité à la Renaissance ; aux traits essentiels que nous avons marqués, une foule de détnils doivent être ajoutés.
Pour fixer ces détails, nous avons dû nous imposer un pénible labeur ; nous avons dû dépouiller et compulser les nombreux manuscrits, relatifs à la Statique, que renferment la Bibliothèque Nationale et la Bibliothèque Mazarine; ce dépouillement nous a permis, croyons-nous, de découvrir plus d'une source, inconnue ou méconnue jusqu'ici, dont les eaux ont largement contribué à former la science moderne ; mais, malgré nos investigations, bien des questions demeurent encore obscures; nous ne doutons pas que des recherches, analogaes aux nôtres, poursuivies dans les principales bibliothèque^ de l'Europe,
ne donnent aux esprits curieux de nouvelles trouvailles, ne leur permettent de combler les lacunes que nous avons dû laisser béantes et ne les conduisent, peut-être, à modifier quelques-unes de nos conclusions.
Avant d'aborder Tétude du traité de Statique fondamental qu'a produit, au moyen âge, lenigmatique Jordanus de Neraore, il nous faut recueillir les débris, épars panni les manuscrits, des écrits composés à Alexandiie sur la science de l'équilibre. Ce sera Tobjet du présent Chapitre.