Cf. Principes, L. IT, S. 7, Scholie Final
Le
laisser subsister dans l'univers des résistances qui peuvent être énormes et dont la réalité est journellement démentie par le fait de l’invariabilité des temps sidéraux!. Si l’on veut diminuer ces résistances, il est de toute nécessité, d’après Newton, qu'on « diminue la quantité de matière dansles espaces dans lesquels le corps se meut »?. Mais diminuer la quantité de matière est une chose impossible dans la théorie de Descartes, puisque la matière est « étendue », et que l'étendue n’est pas susceptible de condensation ou de raréfaction, de plus ou de moins. Il n’est même pas nécessaire de prendre à la rigueur la théorie de Descartes pour se heurter directement à cette difficulté. Dans toute optique où les rayons de lumière sont considérés comme des émissions de particules solides, c’est-à-dire absolument résistantes, on se verra obligé d'admettre que le choc de ces particules retarde petità petit les mouvements astronomiques. Les atomistes et Gassendi n’évitent pas cette difficulté. La petitesse et larareté des atomes n’enlèventrien à leur solidité, elles retardent sans le supprimer l'effet d'amortissement que doivent subir les planètes.
C’est pourquoi Newton est porté à admettre que ce que nous appelons rayon lumineux ne consiste pas en un transport de particules absolument rigides, identiques aux solides matériels. Il lui semble beaucoup plutôt qu'il doit y avoir dans l’espace dégradation continue de la résistance matérielle jusqu’à ce qu'on arrive à un milieu nouveau n’offrant plus qu'une analogie lointaine avec les substances corporelles. « Les espaces célestes dans lesquels les globes des planètes etdes comètes se meuvent sans cesse librement en tous sens sans aucune diminution sensible de leur mouvement doivent être vides de tout fluide corporel ». Il est vrai que Newton ajoute aussitôt qu'il faut peutêtre faire une exception en faveur de quelques vapeurs très légères et des rayons de lumière qui les traversent. Mais cette exception ne peut être admise à la rigueur sans contredire ce qui précède. Il faut y voir une de ces formules dubitatives dont
1. Il faut pourtant signaler que certains physiciens modernes, el en particulier Lord Kelvin, ont cherché à démontrer mathématiquement la compatibilité des mouvements astronomiques avec l'hypothèse des cieux solides.