LES ORIGINES DE LA THÉORIE DE L’ÉTHER
couleurs, renfermant tant une hypothèse propre à l'explication des propriétés de la lumière, qu’une description des principaux phénomènes de coloration des lames minces et des bulles t.
Ce mémoire était accompagné d’un brouillon à l'adresse d'Oldenburg. qui contenait une hypothèse sur l'essence de la lumière. Mais cette hypothèse n'était présentée par Newton qu'avec les précautions les plus grandes. Elle était d’ailleurs conforme à celle qu'on retrouve, sous forme dubitative, à la fin de l'Optique, et qui est une conciliation originale de la théorie de l’émission et de la théorie des ondulations. Newton s'excuse auprès d'Oldenburg de lui envoyer une communication aussi imparfaite, et que lui-même ne peut relire sans y trouver des obscurités. Il s'était promis, ajouta-t-il, de ne plus publier rien qui ressemblât à une hypothèse, étant données les disputes qu'il avait suscitées. Mais il espère que la déclaration formelle, faite en tête du mémoire principal, de ne plus répondre à aucune polémique, lui épargnera de nouvelles attaques. S'il n’a pas résisté à la tentation d'accompagner d’une hypothèse sa théorie des couleurs, c’est qu’il estime que l'hypothèse peut servir à illustrer les faits. Elle joue le rôle des figures dans un ouvrage dont le texte est obscur. D’ailleurs il espère que cette hypothèse ne sera pas prise littéralement. II l’a lui-même développée sans rigueur, écrite hâtivement, et il souhaite qu’on soit indulgent pour les imperfections qu’elle peut présenter.
Le mémoire principal contient les idées définitives de Newton sur l'essence de la lumière et la valeur des hypothèses optiques en général. C’est à ce mémoire et à l'Optique de 1704 qu'il faut se référer si l’on veut fixer le terme de l'évolution qui a amené Newton à une hypothèse très voisine de l'hypothèse moderne de l’éther.
Newton commence par se féliciter de voir Hooke se ranger enfin à son avis. Il interprète ainsi la déclaration de Hooke d'après laquelle celui-ci reconnait maintenant qu'il y a une infinité de couleurs, distinguées seulement par la longueur d’onde (various bigness of the pulses). En réalité, Newton faisait plus de concessions à l'hypothèse de Hooke qu'il n'en obtenait de ce dernier. C’est ce qui résulte de la suite du