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LES ORIGINES DE LA THÉORIE D L'ÉTHIER GT

libres parfaitement diaphanes, et la couleur blanche prend naissance dans les réflexions que la lumière subit dans le faisceau de ces fibres,

La contractüililé des muscles, comme la sensibilité des nerfs, vient d'un éther qui pénètre les humeurs animales de Ja même façon que l'éther magnélique pénètre le verre! Pour expliquer les changements de tension des muscles, il suffit de faire appel à une: variation de consistance de l'éther inclus. Quant à celle variation, elle peul avoir sa source dans l’action directe et immédiate que l'âme exerce sur l'éther à l'intérieur de Lout le corps, mais alors on ne comprend pas la dépendance où les muscles sont du système nerveux; on peut admettre aussi qu'un éther 80 trouve enfermé dans la dure-mère, et que l'âme, en comprimant et dilatant cette dernière, mette l'éther en mouvement, mais alors il est surprenant que l'éther ne diffuse pas au travers de la dure-mère ; on peut supposer enfin que l'âme à 80n siège dans le cerveau et que de là, par l'intermédiaire des nerfs, elle puisse fournir d'éther les différents muscles, mais c'est allribuer au cerveau une force difficilement compréhensible, Newton préfère admettre que le fluide Ehéré qui met les muscles en mouvement ne peut pénétrer que la substance nerveuse et non la substance musculaire, comme il arrive souvent en hydrodynamique, où l’on voit que certains fluides traversent et d'autres ne traversent pas une paroi déterminée, Quoi qu'il soit de ces différentes hypothèses, et du degré de vraisemblance que Newton leur attribue, une chose ressort clairement des allusions physiologiques de Newton : c'est que l'élher n’était pas pour lui une conception spéciale, créée uniquement pour répondre aux besoins de l'optique. La physiologie elle aussi a besoin d’éthers; el il n'est pas ecrtain qu’elle puisse se contenter de ceux qu'on utilise en physique,

Mais quel que soit l'intérêt des phénomènes électriques, magnétiques, physiologiques, en ce qui concerne l’origine de Ja notion d'éther, il est un ordre de phénomènes beaucoup plus simple, puisqu'il rentre dans la mécanique rationnelle, et qui pourtant a contribué davantage à la formation de celte notion.

4, Cf. Birch, History of Lhe Royal Society, T, WI, p. 258.

Nous voulons parler des phénomènes astronomiques et de la loi de la gravitalion universelle.

Nous avons fait voir plus haut que l'optique d'une part, l'astronomie de l’autre, étaient la double source où les précurseurs de Newton ont puisé leur conception de l'éther. Newton a suivi sur ce point l'exemple de la tradition. Il a éprouvé lui aussi le besoin de chercher un point de contact entre l'optique et l'astronomie. Ge point de contact, c'est l'hypothèse de l'éther. Disons tout de suite que sans l'intérêt puissant attaché à cette hypothèse par l'astronomie newtonienne, il est probable que Newton n’eût pas orienté son optique dans le sens que nous avons indiqué. Les théories de l'émission, les théories corpusculaires, seraient sans doute demeurées prépondérantes chez lui, comme elles l'avaient été d’abord, s’il n'avait pas pressenti dans les théories de l’éther un moyen de passer des problèmes mécaniques aux problèmes optiques. Newton, qui avait commencé ses recherches optiques bien avant que le système de la gravitation ne fût müûür dans son esprit, ne pouvait se douter à l'avance qu'entre ces disciplines apparemment distinctes il dût exister des points communs. C’est peu à peu, par le développement mathématique de l'astronomie et le développement expérimental de l'optique, qu'il fut amené à admettre un milieu hypothétique, siège à la fois des forces cosmiques et des ondes lumineuses. Une fois ce rapprochement fait, il devait réagir sur les conceptions optiques de Newton. Du moment que l’éther joue en mécanique céleste un rôle indispensable, c’est une indication qu'il doit avoir sa place dans l'optique.

Ce sont des raisons de polémique qui ont poussé Newton à approfondir en optique la théorie de l’éther. Des raisons du même genre l’amèneront peu à peu à faire de cette théorie une parie intégrante de la mécanique céleste.

La loi de la gravitation universelle avait été assez mal accueillie dès l’origine, à la fois par ceux qui rejetaient les principes de la philosophie newtonienne et par ceux qui les admettaient. Les disciples de Descartes reprochaient à Newton de ne rien expliquer par sa loi dela gravitation. En quoi sommesnous renseignés sur le mécanisme du monde lorsque nous savons que tous les corps matériels s’attirent en raison directe .

des masses et en raison inverse du carré de la distance ! Cette loi, en admettant qu'elle soit vraie, traduit les faits d’une façon terre à terre, mais ne permetnullement de s'élever à leur cause. Combien Descartes avait mieux compris l'essence de la philosophie naturelle, lorsque dans ses Principes et ses Météores il donne la théorie des mouvements planétaires. C’est en partant des tourbillons et des pressions que ces tourbillons suscitent, que Descartes s’élève à l'explication de la pesanteur, du mouvement des astres, de l’aplatissement de la terre, de la révolution des satellites, etc. Partout il fait appel à la pénétration de la matière subtile, qui en s’insinuant d'une force plus ou moins grande däns les pores des corps matériels y détermine une lendance à tel mouvement où à tel autre. Il est possible qu’il aitnégligé la recherche mathématique des lois. Mais au moins ses explications font connaître la cause efficace des phénomènes. Il permet de suivre, à travers le milieu matériel, le transport des actions et des mouvements. Il ramène tous les effets physiques à des effets de pression ou de contact, c’està-dire aux effets mécaniques les plus simples et les plus aisés à connaître.

Même si l’on reste placé au point de vue strict de Newton, il semblait difficile à beaucoup de ses contemporains de mettre d'accord sa théorie de la gravitation avec la négation des actions à distance. Dire que les planètes s’attirent mutuellement en raison directe des masses et en raison inverse du carré des distances, n’est-ce pas affirmer que l’état d’une planète peut immédiatement être affecté par l’état d'une autre planète, malgré l'intervalle immense qui les sépare ? Or c'est là une chose impossible, aussi bien lorsqu'il s’agit de corps énormes comme sontles masses planétaires que lorsqu'il s'agit des corps terrestres, pour lesquels tout le monde est d'accord. C’estjustement une desoriginalités delPastronomienewtonienne d’avoir montré qu’on peut assimiler les forces cosmiques aux forces terrestres, et Newton va contre ses propres principes lorsqu'il admet ensuite une attraction universelle s’exerçant directement d’un astre à l’autre.

C’est sur cette objection que se fonde l'hostilité de savants comime Leibniz et Huyghens à la mécanique céleste de Newton. Leibniz publia ses idées sur la gravitation peu de temps

après l’apparition des Principes, sous le titre: Tentamen de Motuum Cœlestium Causis!. Bien qu'il ne fasse aucune allusion à Newton, il est certain que Leibniz connaissait dès ce moment les travaux faits en Angleterre sur la question de la gravitation, et l'on peut remarquer que six ans plus tard, dans un mémoire inséré au Journal des Savants, Leibniz conserve le même silence à l'égard des découvertes newtoniennes ?.

Ce qui empêche Leibniz d'adhérer aux théories de Newton, c'est qu'elles ne pénètrent pas au fond de la question. Newton s'est contenté d’une physique descriptive, où les lois jouent le rôle d'explications. Leibniz, plus métaphysicien et plus dogmatique, prétend. donner des mouvements planétaires une explication fondée sur la Monadologie. La matüère céleste est le siège d’une «circulation harmonique ». Cette circulationressemble aux tourbillonnements de Descartes, avec cette différence que Leibniz en déduit, par l'application des théorèmes sur la force centrifuge, la deuxième et la troisième lois de Kepler, comme aussi la loi de la gravitation newtonienne. Si les planètes s’attirent en raison inverse du carré des distances; cela ne tient pas à une qualité innée appartenant à la matière comme telle et pouvant s'exercer à distance, c’est le résultat du jeu naturel des forces centrifuges.

Huyghens oppose aux découvertes de Newton des arguments du même ordre. Dans son Discours sur la cause de la Pesanteur, lu en 1689 devant la Société de Londres*, tout en reconnaissant que la loi de Newton avait permis à ce dernier des développements mathématiques de haute valeur, il craint qu’elle n'avance en rien la question de savoir en quoi consiste la cause de la gravité. Cette cause ne peut se tirer d’une règle de mouvement ou d'un principe mécanique. Il faut la chercher dans la constitution physique de la matière qui remplit l'univers. Il faut tenter de corriger la doctrine de Descartes de façon à rendré à la matière subtile le véritable rôle d'agent de la pesanteur. Huyghens pense qu’il est possible d'aller plus loin

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