V. Quæst. Opt. XXI, p
de chacun d’eux pèsent sur le tout!. N'est-ce pas en eflet une règle générale, vérifiée dans toutes les observations hydrodynamiques, que les corps font effort pour se retirer des endroits où le milieu est plus dense pour se diriger vers ceux où il est plus rare ? Admeltons alors que l’éther soit plus rare à l'intérieur du soleil qu'à sa superficie, plus rare à sa superficie qu'a une distance d’un centième de pouce, plus rare ici encore qu'à la distance d'un cinquantième de pouce, où il est plus rare que dans l'orbe de Saturne. Il n’y aura pas de raison pour que cet accroissement de densité ait une limite, lorsqu'on s'éloigne indéfiniment du soleil. La densité de l’éther, quand même elle n’augmenterait à detrès grandes distances qu'avec une extrême lenteur, pourra néanmoins, si l’élasticité du milieu est assez grande, pousser tous les corps, avec la force que nous appelons gravité, des parties où le milieu est le plus compact vers celles où il est le plus rare.
Or la force élastique de l’éther est très grande, nous le savons par la vitesse des vibrations qu'il propage. Le son se transporte d'environ 1140 pieds anglais à la seconde, ce qui fait cent milles en sept à huit minutes. La lumière qui nous vient du soleil emploie à peu près le même temps pour franchir un espace 700 000 fois plus grand. Il faut donc que la force élastique de l’éther soit à celle de l’air comme le carré de 700000 est à l'unité ?. On peut alors admettre que l’éther se compose (comme l'air atmosphérique) de particules se repoussant mutuellement, car, dit Newton, « nous ne sommes liés par aucune définition de l’éther* ». Ces particules sont plus ténues que celles de l’air et même que celles de la lumière. Avec une pareille finesse de constitution, l’éther pourra posséder à la fois une force élastiquetrès grande etune viscosité très petite. Les planètes, les comètes, les corps grossiers de toute nature pourront se mouvoir beaucoup plus librement et en rencontrant beaucoup moins de résistance dans ce milieu éthéré que dans n'importe quel fluide remplissant totalement
4. Ibid. « Eo pacto efficit (hoc medium) ut et magna ista corpora erga se invicem gravia sint, et ipsorum partes singulæ erga ipsa corpora. »