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LES ORIGINES DE LA THÉORIE DE L'ÉTIHER

À aucun moment Newton n'a admis l'optique cartésienne, mais il ne s’est pas élevé tout d’un coup à sa conception personnelle de la lumière. Si la théorie des tourbillons moléculaires ne l’a jamais satisfait complètement, pas plus en physique qu'en astronomie, ce serait une erreur de croire qu'il lui oppose tout de suite une théorie de l'éther expliquant à la fois la propagation de la lumière et les attractions célestes. D'abord Newton n’a entrepris qu'assez tard ses recherches de mécanique céleste. Jusqu'en 1674, il semble s'être occupé exclusivement de mathématiques et d'optique. Dans ce domaine il y avait trop à faire par la voie expérimentale pour qu’on-pût.songer simultanément à l'édification d’une théorie. De longues

années s’écoulèrent pour Newton dans les recherches de labo-

ratoire avant qu'il communiquât à la Société Royale de Londres sa Théorie nouvelle de la lumière etdes couleurs. Les premiers travaux de Newton reposent sur une conception de l’éther extrêmement vague et confuse, plus voisine des idées anciennes qu'on ne pouvait l'attendre tout d'abord. La lumière s'y trouve encore décrite comme un mouvement quasi-matériel, et le mot d'éther n'est pas employé. Dans une seconde phase, qui est postérieure à 1671, et qui est marquée principalement par la polémique de Newton avec Hooke, l'optique newtonienne s’oriente de plus en plus vers les théories vibratoires et les théories de l’éther. Enfin, à partir de la publication des Principes et jusqu’à la fin de sa vie, Newton cherche un moyen de concilier la théorie de l'émission et celle des ondulations. Ce moyen lui est suggéré par sa théorie de Ja gravitation et de l'éther. Mais cet éther n’est ni une notion métaphysique, ni un dogme expérimental. C’est une véritable hypothèse, au sens newtonien, c’est-à-dire un auxiliaire de la science positive.

La communication faite par Newton le 8 février 1672 à la Société Royale de Londres, était destinée à faire connaître au public les expériences nouvelles sur la dispersion. Newton y

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