‹ Les Origines de la Théorie de l'Éther et la Physique de NewtonChapitre 7 sur 26 · V. Ed. Castillon, T. II, p. 280 sqq · texte numérisé non relu

V. Ed. Castillon, T. II, p. 280 sqq

résume les recherches qu’il a faites sur l’analyse et la synthèse des couleurs, et insiste principalement sur le rapport qui lie la réfrangibilité à la coloration. Il eût été permis à Newton de s’en tenir là et de ne risquer aucune hypothèse sur l'essence intime de la lumière. Mais à cette époque Newton n'avait pas encore eu à souffrir des polémiques qui devaient troubler son repos, il n'avait pas encore pour l'hypothèse cette défiance qui devait se traduire bientôt dans tous ses ouvrages. On comprend alors qu'il s'étende avec une certaine complaisance sur l'utilité qu’on peut tirer de sestexpériences pour une explication philosophique de la lumière. Nous avons expliqué, dit-il, que la lumière est quelque chose d’hétérogène. Selon les conditions dans lesquelles on l’observe, on peut y découvrir des couleurs différentes ; le blanc, qui semble la couleur la plus simple, est au fond la plus compliquée de toutes. Les couleurs du spectre sont caractérisées par un attribut invariable. Elles possèdent par rapport à un prisme donné un degré de réfrangibilité bien déterminé, qui ne change pas par des réfractions successives. Elles jouent par rapport à la lumière le rôle des qualités par rapport à la substance. La lumière possède la qualité d’être rouge lorsqu'elle est peu réfrangible, et sa teinte passe du rouge au violet à mesure que la réfrangibilité augmente. Il y a là quelque chose d’analogue à ce qu’on rencontre en acoustique. L'air possède la propriété d’être sonore de différentes manières et les sons musicaux sont comme des qualités dont la matière ébranlée est le sujet. Selon que l’'ébranlement est plus ou moins vif, la hauteur du son est plus ou moins grande.

Mais alors il y a bien des questions dont les philosophes ont cherché vainement la réponse et qui vont se trouver résolues. Les couleurs peuvent-elles exister dans les ténèbres ? Ou n’y a-t-il coloration que là où il y a d’abord lumière! ? Newton laisse entendre que les couleurs sont une manifestation accessoire dont la lumière est la condition primordiale. Les couleurs sont-elles des qualités de l’objet vu ? sont-elles au contraire des qualités de la lumière ? L'idée de Newton est que les couleurs préexistent dans la lumière incidente, avant que la structure particulière des corps, en donnant lieu à des réfle-

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