V. Ed. Castillon, T. II, p
2. Ibid. « Extra propositum meum est perpendere quo pacto Colores per Hypotheses explicari possint, Quinimo neque mihi animus est ostendere in quo versetur Colorum natura atque discrimen ; sed tantum commonstrare quod illi de facto sunt primigeniæ et immutabiles qualitates Radiorum. »
3. Ibid. « Aliis relinquo curam harum qualitatum naluram atque discrimen per mechanicas hypotheses explicandi, quod negotium non difficile reor. »
4, Cf. Phil. Trans., n. 84, p 487. e
BLocx.
Oldenburg, publiée aux Philosophical Transactions, il trahit son dépit en rejetant cette théorie au rang d'hypothèse, voire d'hypothèse moins vraisemblable que celle de Grimaldi. Dans sa réponse, Newton commence par donner à Pardies quelques indications expérimentales. Le dispositif employé par ce dernier pour refaire l'expérience des prismes croisés était défectueux. Sur les conseils de Newton, Pardies refait les mesures dans d’autres conditions, et il retrouve identiquement les résultats annoncés par Newton.
Mais la partie la plus intéressante de la polémique entre Newton et Pardies, est celle qui est suscitée par la dénomination d'hypothèse dont Pardies s'était servi pour désigner la conception de la lumière chez Newton. Newton conseut à ne pas prendre cette qualification dans un mauvais sens, bien qu’il ait conscience de n'avoir mis dans son Optique que « des propriétés cerlaines et assurées de la lumière ». Rechercher la nature de ces propriétés estd'après lui une tâche stérile, et dont toute théorie, même celle de ses adversaires, peut aisément s'acquitter. C'est ainsi, pense-t-il, qu'il n’y a aucune difficulté à interpréter Ics expériences, soit dans les idées de Grimaldi, soit dans celles de Æooke, soit dans celles de Descartes, ou d'autres encore. Mais cette interprétation n'est pas l'essentiel. La véritable méthode scientifique ne consiste pas à épuiser les hypothèses abstraites grâce auxquelles un fait est concevable, et à préférer parmi ces hypothèses celle qui mène aux conclusions les plus cohérentes. Une théorie doit être choisie non à la suite d’éliminations abstraites, mais à la suite d’une élimination concrète portant sur l'ensemble des faits. Or à ce point de vue, la théorie de la dispersion, sous la forme positive que lui donne Newton, ressort manifestement des faits. Elle est donc une hypothèse si l'on veut, mais une hypothèse qui demeure vraie indépendamment de tout ce que nous conjecturons sur l'essence de la lumière. Les conceptions corpuseulaires et les concepüons ondulatoires s'y accommodent également bien. Elle est valable scientifiquement autant qu'une loi scientifique peut être assurée.
Les objections de Linus ! el de Lucas? sont presque toutes
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des objections expérimentales. Elles apprennent assez peu de chose sur la théorie que ces physiciens opposaient à celle de Newton, et les réponses qu’y donne Newton font voir qu'il ne jugeait pas nécessaire de modifier en rien sa conception. On peut dire que pendant la période qui va de 1672 à 1675 la pensée intime de Newton estrestée invariablement la même. L'idée que la lumière est la manifestation sensible d’une substance analogue aux substances matérielles, que les rayons sont des émanations moléculaires des corps incandescents, que leur émission, leur réfraction, ontune origine purement mécanique, a certainement été pendant longtemps l’idée de derrière la tête de Newton. Seulement cette idée il se trouve contraint de l’'exprimer avec des réserves. L'horreur des polémiques stériles l'amenait à désavouer toute hypothèse.
AE
A partir de 1675, le fait essentiel qui caractérise la seconde période de l'optique newtonienne est la conversion partielle de Newton aux théories ondulatoires. L’attitude qui n’était d’abord qu'une tactique finit par devenir chez lui parfaitement sincère. Tout en demeurant fidèle à l'esprit positif et en refusant aux hypothèses quelles qu’elles soient une valeur absolue, Newton admet que la conception de l'éther fournit un schéma aussi exact que la doctrine de l'émission. Il ne devient pas pour cela un partisan absolu de la théorie de l’éther, mais il s’en sert systématiquement et la développe sur bien des points. Elle passe entre ses mains du rang d'hypothèse métaphysique à celui d'hypothèse physique, contrôlée et corrigée par les faits. La science moderne n'aurait pu tirer aucun profit d'une conceplion de l’éther telle qu'on la trouve chez Hooke où même chez Huyghens. C’est à Newton qu'elle emprunte cette 2ypothèse, régularisée et devenue théorie.
Les raisons qui déterminèrent l'orientation de l'optique newtonienne du côté des théories del'éther sont de deux sortes. Il y a d’abord des raisons générales, tirées des tendances mêmes du newtonisme en matière de philosophie naturelle. Ensuite il y a des raisons spéciales provenant du progrès
incessant accompli par Newton en matière d'optique physique. On est trop porté à croire d'ordinaire que les différentes parties de la physique newtonienne sont indépendantes les unes
des autres. C'est ainsi qu’on attribue à la seule influence des :
expériences d'optique la tendance de plus en plus grande de Newton vers les théories ondulatoires de la lumière. Il est certain pourtant que cette tendance est solidaire de dispositions générales qui se retrouvent à la fois dans l’Optique, dans les Principes Mathématiques de la Philosophie Naturelle, et dans les Opuscules de Newton. Ce sont ces dispositions qu’il faut analyser d’abord, si l'on veut comprendre l’évolution de l'optique newtonienne. Ce sont elles qui expliquent la substitution d’un éther immatériel et continu, comme représentation des phénomènes, à l’ancienne image de l'émission, reste de la métaphysique corpusculaire.
S'il est un principe de mécanique générale que Descartes ait étrangement méconnu, c’est celui d’après lequel la propagation d'une action physique nécessite toujours un temps fini. Descartes croit démontrer, en partant de sa définition de la lumière, qu'un rayon lumineux peut instantanément venir du soleil jusqu'à nous. Il définit la lumière comme la pression mutuelle de petites boules solides, et prétend qu'elle ne consiste point en la durée de quelque mouvement, mais seulement en ce que ces « petites boules sont pressées, et font effort pour se mouvoir vers quelque endroit, encore qu’elles ne s’y meuvent peut-être pas actuellement! ».
Il s'ensuit que la lumière s'étend en rond de tous côtés autour du soleil et des étoiles fixes et qu’elle passe en un instant à toutes sortes de distances. L'idée de Descartes est plus clairement exprimée encore au début des Météores?. Il fait voir qu'en vertu de la solidité des corps on ne peut mouvoir une quelconque de leurs parties sans que le corps tout entier participe 2nslantanément au même mouvement.
C'est ainsi qu'un bâton ne peut être remué à une de ses extrémités sans que cette modification ait son con(re-coup, d'une manière immédiate, à l'autre extrémité. Et ceci demeurerait