‹ Les origines de la trépanation décompressive. Trépanation néolithique, trépanation pré-colombienne, trépanation des Kabyles, trépanation traditionnelle. Avec 32 figuresChapitre 1 sur 64 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Ce volume donne la première partie d’une élude historique sur la trépanation. Bien que j’aie voulu limiter mon travail à l’ouverture du crâne pour le traitement des maladies médicales, je n’ai pu le compléter aussi rapidement que je l’espérais. Cette partie terminée depuis long-temps aurait trop attendu.

Il m’a paru qu’elle pouvait à elle seule présenter un ensemble de recherches. Elle est née d’une conception particulière de l’utilité de l’histoire de notre art.

La marche en avant de la chirurg-ie, si rapide en notre siècle, a démontré qu’en bien des cas il ne faut pas hésiter à abandonner le sillon creusé par les devanciers. Mais elle nous a montré aussi qu’il n’j a guère de progrès qui n’ait eu des antécédents utiles à considérer une fois le prog-rès accompli. Lé passé est riche d’observations qui s’illuminent à la lumière de la science, qui peuvent nous fortifier dans nos convictions et même nous mener à de nouvelles découvertes. Bien des oeuvres du passé sont précieuses à connaître, dues aux observations faites par les hommes armés d’autres théories ou même par les empiriques les moins instruits. On a coutume de laisser de côté ces oeuvres, de les méconnaître, même de les mépriser. Les historiens les plus fidèles les présentent plutôt au point de vue d’une curiosité pure et désintéressée, d’une esthétique de chercheurs. Il est facile de constater cette manière chez les meilleurs auteurs qui ont traité les questions que nous abordons.

Il y a là une faute trop souvent commise contre laquelle j’ai

avertissement

tâché Je réag-ir en maintes circonstances. Je pense que la lecture de ce travail confirmera cette manière de voir.

Après avoir pris une part active à l’évolution de la chirurgie moderne, de cette chirurgie comptant au premier rang des conquêtes qui ont accru la puissance humaine d’une façon imprévue, fai acquis dans mes études cette conviction que l’histoire du passé comprend, même pour les plus modernes, des enseignements précieux qu’il faut savoir retrouver et apprécier à leur valeur. La trépanation en fournit l’exemple le plus frappant.

J’ai donc cherché à étudier au point de vue de la pratique cette chirurgie des temps inconnus. Pour faire bien comprendre l’importance pratique de ces faits qui n’avaient guère été étudiés par des chirurgiens actifs, j’ai dû insister sur des points essentiels, et faire des répétitions voulues de descriptions ou de figures. Il m’a semblé que ce sujet qui n’est point de notion vulgaire eut été mal exposé sans ces répétitions que le lecteur me pardonnera.

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