LE PASSÉ ET LE PRÉSENT DE L’OUVERTURE DU CRANE
Il y a trente-cinq ans seulement la pratique de la trépanation pour les fractures du crâne était tombée en désuétude, si bien qu’il fallait en quelque sorte s’excuser pour faire une trépanation après un traumatisme crânien. En tous pays, quelques rares chirurg-iens la défendaient encore, surtout quelques chirurgiens militaires ou marins. Mais ils ne formaient qu’une petite minorité et ne la pratiquaient guère. Leurs opérations, très rares, se rapportaient surtout à des cas d’intervention secondaire.
La chirurgie enseignée partout considérait l’emploi général de l’ouverture du crâne comme un abus de l’ancienne chirurgie. A cette époque, Stromeyer défendant les grandes pensées classiques de la chirurgie allemande proscrivait absolument le trépan. Il allait aussi loin que possible. Faisant à Londres, en 1874, une conférence au Guy’s hospital, il affirmait qu’après une fracture comminutive du crâne, il fallait attendre l’élimination des esquilles par la suppuration plutôt qu’intervenir pour les enlever.
Précisément au cours de cette année 1874, très sédiiit par la lecture des mémoires de Sédillot (i), qui était en France le défen-
(1) Sédillot. — Société de ilédecine de Strasbourg, o août 1869.
Jdles Boeckel. — Examen critique des doctrines de la trépanation dans les plaies de tête. Strasbourg 1873.
Sédillot. — De la trépanation préventive et exploratrice dans les fractures de la table interne ou externe du crâne ; Académie des sciences, 18 octobre 1874.