TRÉPANATION ET RONDELLES
les nègres d’Afrique, même chez ceux qui ont été le plus souvent en contact avec les Kabyles, la trépanation est aussi inconnue que chez les Arabes. Au moins, jusqu’ici, ni sur les ossements étudiés, ni sur les vivants, on n’a eu occasion de l’observer.
En Europe, chez les montagnards du Monténégro, on a retrouvé la trépanation très analogue à celle des Kabyles. Nous y reviendrons.
Peu de temps après que l’on eut découvert les crânes artificiellement ouverts, c’est-à-dire les pièces de la trépanation préhistorique, par une fortune remarquable on découvrit les rondelles crâniennes. C’est-à-dire qu’après avoir découvert les crânes artificiellement ouverts, on découvrit les fragments osseux, les rondelles que la pratique de la trépanation avait pu faire enlever et que l’on avait conservées.
Cette découverte fut encore due à Prunières, en 1878 .
Mais, si le but de la trépanation même restait mystérieux, cette coutume de la conservation d’un fragment crânien enlevé parut plus mystérieuse encore. L’imagination des observateurs prit un libre cours. Cette étude des rondelles crâniennes devint le point de départ d’une interprétation très compliquée, de toute une théorie nouvelle de la trépanation préhistorique. Ce fut Broca surtout qui fut l’auteur de ces théories. Sur ces théories et sur ses observations, il est intéressant de revenir. Il y a un grand intérêt à discuter le but et l’importance de la trépanation. Mais il ne faut pas se dissimuler que l’étude de ces faits est plus complexe qu’on ne peut le penser au premier abord.']
Ce n’est qu’en étudiant les détails avec soin, en comparant les faits du même ordre qu’il sera possible d’établir si l’homme de l’âge de pierre n’a eu là qu une visée fantaisiste, une pratique cruelle sans raison ou si faisant, dans la suite des temps, de justes observations, il a pu constituer une thérapeutique heurense èt compliquée. Il faut montrer s’il a eu raison de l’établir. Il faut savoir si son œuvre fut belle, précieuse et digne d’être reprise et perfectionnée.