CRANE DE NOGENT-LES-VIERGES
Fig. 4. — Crâne découvert dans une grotte sépulcrale de Nogent-les-Vierges et décrit par le professeur Hamy; communiqué par le professeur Verneau.. Pièce du Muséum d’histoire naturelle du Jardin des Plantes. Photographie originale de M. Cintract.
TRÉPAÎÎATION PRÉ-COLOMBIEN?sE
Trépanation Pérn\lenne pré-Colombienne.
Planche I du Mémoire de Manuel Antonio Muniz et W. J, Mac Gee, On Primitive trephining in Peru (i).
C’est un type de la trépanation carrée exécutée à l’aide d’un instrument formant des traits linéaires.
11 ne semble pas qu’il y ait là de traces bien notables de réparation. Dans le Mémoire, il y a plusieurs exemples de trépanation de ce type avec réparation.
Gomme on peut le remarquer, ce crâne porte en plus des quatre lig-nes qui circonscrivent l’orifice un trait linéaire qui semble le début d’une opération semblable. -
Même sur la photog-raphie, il est facile de constater qu’il n’y a pas apparence de réparation. C’est donc une trépanation faite peu avant la mort. On pourrait l’interpréter ainsi.
Dans le même Mémoire sur la trépanation Péruvienne, on trouve plusieurs exemples de trépanations faites par le même procédé.
Mais on en trouve aussi nombre d’autres qui certainement ne sont pas dues à la même technique.
(1). Ce mémoire de 72 pages avec soixante planches photographiques a été publié en 1897
HUAROCHI]
TRÉPANATION PRÉ-COLOMBIENNE
Trépanation Péruvienne pré-ColoniMenne.
Ce crâne à trépanations multiples, dont les marg-es semblent avoir été bien cicatrisées, présente 3 orifices de trépanation d’une tout autre forme; il se rapproche absolument des crânes préhistoriques que j’ai fig-urés et de celui sur lequel j’ai fait mon expérience .
Sur une marg-e bien cicatrisée on voit une dentelure très caractéristique à mon sens du procédé de trépanation.
Dans les belles planches de ce Mémoire américain, on voit toute une série d’autres trépanations qui, comme celle-ci, diffèrent par leur forme et par leur marg-e de la figure 5.
J’ai fait reproduire celle-ci à la fois comme un exemple de technique différente et comme un exemple de trépanations multiples.
TRÉPANATION PPJÉ-COLOMBIENNE
Trépanation Péruvienne pré-Colombienne.
Les fignres 7 et 8 donnent de très beaux exemples de là trépanation pré-colombienne recueillis au Pérou, communiqués par le docteur Escomel d'Arequipa. Dans la fîg-ure 7 qui montre la face supérieure du crâne, le frontal et les deux pariétaux, on peut voir les orifices bien complets de trois trépanations. Plus en avant, portant sur le frontal et un peu sur le pariétal, il y a deux exemples de trépanation incomplète. Il semble, d’après la photog-raphie, que l’opérateur soit arrivé-tout juste sur la table interne qui est peutêtre lég-èrement entamée. Mais le crâne n’a pas été j^énétré comme dans les trois autres trépanations.
On peut remarquer l’identité de la forme de ces trépanations avec celle des trépanations Péruviennes de la planche 6 — forme' arrondie, niarg-e un peu larg-e. Cette apparence de la marg-e diffère profondément de l’apparence de la marg-e de la planche 5 qui n’existe pour ainsi dire pas, la coupe de l’os étant perpendiculaire à la surface. L’analog-ie des marg-es des Orifices de ce crâne avec celle des orifices des trépanations néolithiques (%. i, 2, 3) est frappante.
TRÉPANATION PRÉ-COLOMBIENNE
Trépanation pérnvienne Pré-Colombienne.
{Seconde me du crâne de la planche précédente).
Peut-être pourrait-on faire à propos de la trépanation incomplète l’hypothèse que cette opération fut la dernière et que le sujet n’y a pas survécu, car les vacuoles osseuses sont là plus nettes que sur la marge des orifices où elles sont manifestement bouchées par un travail de réparation.
On peut noter dans la figure 8 sur la marge de l’orifice des dentelures analogues à celles que l’on observe sur la figure i de de Baye.
La figure 8 montre deux des orifices précédents sous un autre angle. On peut remarquer que la trépanation incomplète 6 faite au voisinage de l’orifice c montre des trabécules osseuses moins oblitérées que celles des orifices complets.
On peut sur ces deux planches constater l’analogie absolue de forme des orifices avec oeux des deux figures i et a et avec celui de la figure i4 qui représente mon opération faite avec un silex.
CP.AKE DE CAYLOXA
Fig. 8. — Même crâne d’Arequipa, autre vue photographique.
TRÉPANATION PRÉ-COLOMBIENNE
Trépanation Péruvienne pré-Colonibîenne sur la momie du Musée du Trocadéro.
La fig-ure 9 est celle d’une trépanation Péruvienne existant au beau Musée d’etlinog-raphie du Trocadéro. On peut remarquer qiie les dentelures qui forment toute la circonférence de l’orifice, ne sont pas effacées du tout. En outre les trabécules osseuses n’ont pas été oblitérées. Il s’agit là évidemment d’une opération a laquelle le sujet a peu survécu.
Mais le simple examen de cet orifice montre qu’il a été pratiqué par le procédé des perforations successives, en vrillant comme je l’ai pratiqué dans mon expérience. Aucune pièce ne saurait mieux démontrer que le procédé que j’ai exécuté avait été ainsi employé avec succès par les sauvag-es.
'L’aspect un peu singulier de cette photographie tient à ce qu’il né s’agit pas là, comme pour les autres figures, d’un crâné bien dépouiHé de ses téguments. La momie est complète avec des membres repliés. La peau du crâne est conservée, les lambeaux sont relevés.comme après une incision cruciale.
Au niveau de l’orifice crânien il y a une sorte d’opercule probablement en peau, comme si une pièce de pansement avait recouvert l’orifice crânien. D’après le pi’ofesseur Verneau, d’autres momies Péruviennes présentent des orifices crâniens semblables.
TRÉPANATION KABYLE
Trépanation Kabyle.
Cette fig-ure est faite d’après une photographie originale et a été publiée dans le Mémoire de Verneau et Malbot. Le professeur Verneau a bien voulu nous autoriser à la reproduire.
Les pièces de ce genre sont fort rares. Celle-ci est la seule que i’qie pu étudier au Muséum. Je ne connais aucune autre pièce de trépanation Kabyle à Paris et je ne crois pas qu’il y en ait beaucoup d’autres dans les musées.
D’après le Mémoire Verneau et Malbot, ce crâne était destiné aux démonstrations du thoubibe qui enseignait la trépanation. On peut voir sur la photographie et mieux sur le crâne qu’il n’y a guère de traces de réparation. Une partie des sections portent sur une portion d’os qui était altérée en voie de production d’un séquestre.
Ce n’est pas là le procédé coutumier des Kabyles chez lesquels la trépanation est suivie de guérison assez rapide.
Je croirais volontiers que ce crâne, qui avait subi quelque traumatisme, fut destiné aux démonstrations opératoires et n’est pas le reste d’une trépanation ordinaire. La ligne droite qui réunit deux perforations faites avec le brima n’est peut-être pas contemporaine de l’opération complète en arrière. Elle présente plusieurs orifices et lignes qui ne paraissent pas être trace de trépanation complète et n’ont peut-être été faits que pour un essai de démonstration.
ESSAIS MODEP.ISrES
Les essais faits par les opérateurs modernes pour retrouver Tusage des instruments de pierre sont les suivants :
Ces photographies se rapportent :
1° Au grattage ;
2° A l’exécution d’incisures droites à l’aide d’une pointe, peutêtre avec de petites scies;
3° Au procédé qui consiste à faire des perforations successives circonscrivant la rondelle à enlever.
Essai d’opération par grattage ou raclage de il. Muller; procédé Broca
La planche ci-contre représente une ouverture faite par grattage avec un silex. M. Muller de Grenoble, l’aMeur bien connu de procédés pour la taille du silex qu’il a exécutée dans des formes très multiples, a pratiqué plusieurs fois ces ouvertures par grattage ou raclage.
En plusieurs essais, il a démontré la possibilité'de cesouvertures. Celle-ci; est assez typique. Elle donne bien l’idée des résultats du grattage. La marge de l’orifice est énorme relativement au peu d’étendue de l’ouverture de la table interne. C’est le résultat que donnent tous les essais de grattage. L’aspect de ces orifices est sensiblement différent de l’aspect des orifices les plus communs des trépanations. J’ai choisi cette pièce pour la photographier parce qu’elle me paraît être le plus bel essai de grattage.