PROCÉDÉ PAR ROTATION
Procédé Lucas-CIiainpionnière-
Pour moi, dès le début de ces recherches, puisque la pièce que j’ai produite et dont je donne le dessin date de 1876, j’avais imag-iné un procédé tout différent, infiniment plus rapide, très puissant, permettant de pénétrer les crânes de la plus g-rande dureté. Et par conséquent facile à exécuter pour des sauvages adroits de leurs mains habituées aux instruments de pierre.
On enlevait ainsi une; rondelle de forme correspondante à celle de la trépanation exécutée. ,
11 n’y avait plus aucune nécessité de supposer que . les rondelles, recueillies et décrites par les anthropologistes . eussent été taillées par opérations sur le cadavre. En tous cas, si on admettait l’habitude de découper des rondelles sur le cadavre, il n’y avait aucune nécessité d’imaginer un procédé différent pour le vivant et pour le mort.
Après avoir fait une expérience très probante, je la soumis à Broca. 11 n’y voulut prêter aucune attention. Son siège était fait. Il avait échafaudé tant d’hypothèses sur sa conception de la pratique de la perforation crânienne, qu’il lui répugnait sans doute de simplifier tout cela et de faire disparaître toutes les créations de sbn .iinagination.
En lisant le Mémoire.de Th. Martin: sur la trépanation.kabyle, j’avais vu qne dans l’un des procédés employés, l’opérateur pénétrait le crâne avec le brima, instrument manœuvré en rotation.il réunissait ensuite plusieurs perforations plus ou moins rapprochées et circonscrivait une pièce d’os en joignant les perforations ensemble avec la scie.
11 me parut que cette manière de pénétrer le crâne en vrillant devait être aussi facile avec un instrument de silex qu’avec un instrument d’acier. Il me parut aussi qu’en vrillant ainsi à courte distance, on pourrait circonscrire une pièce d’os par une série de perforations se touchant toutes, puis ensuite confondre entre elles toutes ces perforations en allant de l’une à l’autre avec la pointe
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et le tranchant du même instrument de silex à la fois pointu, perforant et tranchant!^
Pour l’expérience que je fis, je ne pris même pas de silex taillé. Je ramassai sur le quai de Seine un silex que je choisis bien tranchant et un peu pointu, puis je tentai mon opération sur le cadavre d’une femme de 35 ans à crâne très dur.
J’incisai d’abord les téguments avec le tranchant du silex.
Fig. 25. — Photographie de la trépanation exécutée en 1876 par M. Lucas-Championnièr^ à l’aide d’un silex non taillé, en 35 minutes ; crâne de femme âgée de 35 ans.
Une incision cruciale me permit d’aller jusqu’au périoste que je refoulai sur les côtés.
Saisissant alors à pleine main le caillou dont la base était restée lisse, je fis sur le crâne une série de trous en vrillant avec la pointe, de façon à circonscrire par des trous très rapprochés, se confondant bientôt par leur marge, une rondelle osseuse un peu irrégulière.
Lorsque tous les trous furent faits, empiétant les uns sur les