CONCLUSIONS DE BROCA
r Quelle surprise pour eux de constater tout à coup que l’homme préhistorique pratiquait couramment une opération qui précisément terrifiait la chirurg-ie de leur temps au point de la faire proscrire systématiquement. Puis, il fallait bien constater que cet homme préhistorique la pratiquait souvent, la pratiquait avec des succès rendus évidents par le nombre considérable de crânes trouvés avec traces de trépanation suivie de g-uérison et de long-ue survie.”^
Ajoutons à cela, qu’à leur époque, et même en reg-ardant en arrière, au temps où les opérations de trépan étaient plus fréquentes, c’était une opération strictement limitée au traitement des fractures du crâne. Gomment imag-inerque les sauvag-es de ces temps primitifs étaient arrivés à un développement intellectuel et à une hardiesse chirurg-icale si g’rands qu’ils eussent pour celte opération des visées thérapeutiques tout à fait différentes et mieux dirig-ées que celles même que l’on n’osait plus appliquer.
Ils ont dû être tellement déroutés par leurs propres conceptions de chirurg-ie et de thérapeutique, tellement surpris, qu’ils ont bientôt cherché à voir dans les pratiques préhistoriques autre chose que des intentions thérapeutiques. Au moins ils ont imag-iné une thérapeutique fantaisiste ; ils l’ont amalg-amée avec des observations très imparfaites sur les pièces qu’ils avaient étudiées, et se laissant aller à des conceptions sing-ulières, ils ont composé un ^roman très complet.
^ A la suite de certaines observations, et se fondant sur des données peu caractéristiques dont j’ai déjà parlé, Broca tenait pour démontrés les faits suivants :
« La trépanation n’était faite que chez de jeunes sujets.
« Chez ces jeunes sujets, elle devait être faite pour des crises épileptiformes ou même chez des aliénés.
« Le but de cette trépanation devait être de faire sortir le démon le g-énie qui causait le mal dans la tête.
« Rapprochant les idées de l’homme inconnu de celles des hommes peu civilisés observés depuis, il admit que les accidents