INDICATIONS TIRÉES DES DOULEURS
mémoire au Congrès de Rome, après avoir signalé le succès dans des cas de pseudo-paralysie générale d’origine traumatique, je disais: « Ces très heureux résultats obtenus dans une forme de maladie cérébrale qui présente de nombreuses analogies avec la paralysie générale permet d’espérer que les tentatives, déjà faites, pour le traitement chirurgical de cette maladie seront reprises avec succès. Peut-être n’y a-t-il là qu’une question de temps? Peut-être une intervention très précoce est-elle nécessaire? Gela est d’autant plus probable que, pour la paralysie générale d’origine traumatique, on n’obtient de résultats définitifs qu’en opérant de très bonne heure. Il est bien problable, en tous cas, que la première de toutes les formes de l’aliénation mentale, la paralysie générale, est destinée à tomber dans le domaine chirurgical ».
« Plus on ira dans cette voie, plus les lésions cérébrales, les lésions d’origine syphilitique et bien des formes de méningoencephalites dont l’évolution est encore mal connue, pourront être modifiées. »
Or, les indications de la chirurgie crânienne sont fondées sur 1 étude très méthodique des maladies cérébrales et sur la localisation plus ou moins précise des lésions par les symptômes. Mais il ne faut pas oublier pourtant qu’en nombre de cas les précisions manquent et que nous trouvons des indications de l’ouverture crânienne dans les douleurs profondes de la tête, douleurs intolérables, persistantes, qui accompagnées de phénomènes divers et surtout de vertiges, ont été souvent pour moi l’indication non seulement de l’ouverture large du crâne, mais d’ouvertures multiples, répétées à divers intervalles.
Guidé par l’observations de ces phénomènes, j’étais intervenu par la trépanation pour des états très divers et j’avais réussi à obtenir des résultats très satisfaisants pour des maladies très variées : tumeurs qui ne pouvaient être enlevées, méningo-encéphalite d’origine diverse, syphilis cérébrale, épilepsie idiopathique
hémorragie cérébrale, hydrocéphalie, etc., etc.
En colligeant tous ces résultats, en examinant à nouveau l’in-
TRÉPANATION PRÉHtSTOPJOUE
fluence de la trépanation sur la tension intra-cérébrale et son action sur un g-rand nombre de maladies différentes, je fus ramené tout naturellement à mes études sur la trépanation préhistorique,
A l’époque à laquelle je poursuivais la renaissance du trépan, j’avais de mon mieux fouillé l’histoire de la trépanation. J’aurais voulu y trouver les encouragements nécessaires à poursuivre une campagne qui était mal acceptée. Sans doute je trouvai dans l’histoire la mention des opérations nombreuses, surtout au xvim siècle. Mais aucun des grands trépaneurs du xvin® siècle n’avait pu considérer la trépanation dans son intervention nécessaire aux maladies médicales intra-crâniennes. En revanche, je fus tellement frappé, tellement étonné de la découverte alors toute récente de la trépanation préhistorique que je l’étudiai dans le premier chapitre de mon livre intitulé : La trépanation guidée par les localisations cérébrales.
Cette trépanation nous donnait, en effet, le spectacle extraordinaire d’une méthode de traitement ou d’exploration da crâne. Il y avait là certes quelque chose de bien mystérieux. Mais il y avait assurément le témoignage d’une pratique adressée directement à la cavité crânienneLJustement aujourd’hui qu’une chirurgie cérébrale toute nouvelle est née, il nous semble tout naturel et nécessaire d’étudier à nouveau cette trépanation préhistorique qui nous donne la notion d’une intervention fondée sur un empirisme averti, ayant précédé de beaucoup l’évolution d’une science et d’une thérapeutique opératoire fondée sur des expériences précises avec des moyens d’une puissance incomparable.
La trépanation, dite préhistorique, découverte en 1868, est bien certainement le document le plus extraordinaire que nous ayons pu rencontrer dans l’histoire de l’humanité. Ce document est emprunté à une époque à laquelle nous ne connaissons de l’homme que ses ossements et quelques instruments misérables dont nous devinons l’usage plutôt que nous ne le démontrons. Puis nous le retrouvons en quelque sorte à toutes les époques de l’humanité. Tout près de nous, autour de nous, nous le retrouvons encore