‹ Les origines de la trépanation décompressive. Trépanation néolithique, trépanation pré-colombienne, trépanation des Kabyles, trépanation traditionnelle. Avec 32 figuresChapitre 61 sur 64 · OPÉRATIONS DES MINEURS · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS DES MINEURS

A l’époque à laquelle je composais mon premier trarail sur la trépanation, je fis un nombre considérable d’études historiques. Recherchant de toutes parts ce qui pouvait rattacher le passé de la g'rande époque de la trépanation du xvm® siècle avec notre épo que moderne, je réunissais les documents modernes indiquant les simples tentatives ou les coutumes de trépanation conservées.

Je découvris dans un numéro du 21 juillet 1877 du British Medical Journal une communication très courte, de trois pag-es, mais à mon gré d’un grand intérêt, puisqu’à l’époque à laquelle ce Mémoire fut publié, les relations de trépanations du crâne se bornaient à de rares citations de faits isolés et exceptionnels, même de la part de ceux qui avaient échappé à la proscription générale du trépan et celui-ci portait sur un nombre considérable d’opérations.

L’auteur était le Docteur Robert S. Hudson de Redruth en Cornouaille. C’était un des très rares plaidoyers en faveur de la trépanation du crâne pour les traumatismes du crâne dans le Royaume Uni où à l’époque encore la trépanation était sinon proscrite, au moins très mal considérée.

f L’auteur rapportait que dans le pays des mines de Cornouaille, lors des traumatismes de la tête extrêmement fréquents dans les mines, les mineurs avaient coutume de se rendre chez le médecin pour se faire trépaner. L’opération leur paraissait de si peu d’importance que les opérés retournaient ensuite se soigner chez eux.

Bien que cette coutume diminuât un peu, probablement à cause d’un meilleur aménagement des mines, elle était encore fort répandue. Des chirurgiens du pays rappelaient avoir fait jusqu’à trois trépanations par jour.\Certain praticien avait montré soixantequatre rondelles enlevées par lui; un autre avait vu quarante trépanations, seulement pendant le temps de son apprentissage.

Une caractéristique très curieuse de cette coutume était qu’elle semblait venir du public qui réclamait l’opération du chirurgien ; car les praticiens qui sortaient des écoles de médecine, où on leur avait enseigné à ne pas trépaner étaient obligés de se mettre aux habitudes du pays, d’apprendre à trépaner, et à

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