‹ Les origines de Mahé de MalabarChapitre 27 sur 86 · Col.. C2 73, f · texte numérisé non relu

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mais il refusa cet honneur et le Conseil ne voulut pas lui imposer une tâche qu'il n'eût pas accomplie de bon cœur. On donna le commandement de l'escadre à M. de Pardaillan, enseigne des vaisseaux du roi et commandant la Vierge de Grâce. M. de Pardaillan accepta avec reconnaissance.

Avant de quitter Pondichéry, il reçut des instructions précises. Il s'arrêterait d'abord à Calicut pour notifier son arrivée à MM. Mollandin et Trémisot, leur fixer une entrevue avec le Samorin à Panana, revenir à Calicut charger les vivres, affûts, outils, bois et autres provisions qu'on aurait pu recueillir, se rendre ensuite le plus tôt possible à Mahé, mouiller devant Anjigoudy et garder l'entrée de la rivière par quelques manchoues. Le jour même de son arrivée, il devait dans des termes courtois, mais fermes, inviter M. Adam à ne point se mêler de nos affaires avec Bayanor. Si M. Adam voulait fournir à ce prince des vivres ou autres secours, on ne les laisserait pas débarquer et les embarcations seraient renvoyées à Tellichéry par l'un de nos brigantins, sans se préoccuper des protestations que les Anglais pourraient élever. M. de Pardaillan n'avait pas qualité pour apprécier ces protestations qui devaient être renvoyées au Conseil Supérieur, et, disait le Conseil, « nous ne manquerons point de rai- « sons spécieuses et plausibles pour traîner en longueur « les réponses que nous croirons nécessaire d'y faire ^ ». Si Bayanor demandait la paix, on la lui accorderait, mais à la condition de nous fournir les ouvriers et les matériaux nécessaires pour mettre l'établissement de

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Mahé en sûreté. Ordre était donné aux officiers de vivre avec les Anglais dans la plus grande réserve. M. de Pardaillan aurait seul la direction des opérations militaires sur mer et sur terre ; pour toutes négociations qui pourraient avoir lieu, il devait les conduire d'accord avec MM. Mollandin et Trémisot '.

Ces instructions furent arrêtées par le Conseil Supérieur le 10 octobre. Quatre jours après, il écrivit au Conseil de Madras la lettre suivante :

Au Fort Louis à Pondichéry, le 14 octobre 1725.

Messieurs,

La bonne inteHigence qui règne depuis longtemps entre nos deux roys, à laquelle nous ferons notre possible pour ne donner aucune altération, nous oblige de vous donner avis que nous faisons passer à la côte de Malabar une escadre armée en guerre pour prendre vengeance, s'il plaît à Dieu, de l'injure qui nous a été faite par le prince de Bargaret. Nous n'entrerons, s'il vous plaît, dans aucun détail sur ce qui a pu l'y engager; nous nous contenterons seulement de vous prier de donner vos ordres de façon au S"" Adam sur la manière dont il doit se comporter, affin que se tenant dans les bornes qui luy sont prescrites par la paix des deux nations, il ne puisse donner lieu à sa rupture. Les ordres que nous avons donnés au commandant de notre escadre sont dans ce même esprit. Nous nous flattons, Messieurs, que la manière honneste avec laquelle nous agissons aujourd'hui et l'avis que nous vous donnons produiront l'elTel que nous en attendons.

La façon impérieuse et vague dont s'est servy le Conseil de Bombay pour répondre cy devant à nos lettres nous empêche de lui donner le même avis.

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