LETTRE DU SAMORIN AU ROI DE FRANCE
traduite du portugais.
(16 avril 1720.)
Au Grand Roy de France (que Dieu conserve) en sa cour à Paris, du roy de Samorin .
Par ordre de la Compagnie royalle de France, il est venu des officiers de la Compagnie me trouver à Calicut pour me demander assistance et des lieux pour le commerce, ce que je leur ay accordé avec affection et amour, afin que l'État de France entretienne correspondance avec moy. Sur cela la Compagnie de Hollande s'est beaucoup fâchée et a fait alliance contre moy avec le roy de Cochin. Ces Mollandois étant aussy dans le même tems ennemis de Votre Majesté mont fait de grandes guerres et dommages dans mes terres. J'ay écrit plusieurs fois touchant ces dommages à Pondichéry, mais je n'ay jamais reçu de réponse satisfaisante sur ce que j'ay écrit. C'est pourquoy j'écris à Votre Majesté pour lui demander qu'elle me secoure, afin que je me venge des affronts que me font les dits llollaiidois. J'espère que \'otre Majesté ordonnera de me secourir. La correspondance que j'ay eue avec la nation françoise a été la cause de l'affront que j'ay reçu. Lorsque Votre ALijesté en aura été informée, je me flatte qu'elle ne manquera pas de me secourir et je mets pour cela ma confiance en Votre Majesté. M. Mollandin, qui connaît
les sujets d'inimitié que j'ay eus contre les dits Hollandois, en informera exactement Votre Majesté. Je souhaite qu'elle jouisse d'une paix continuelle. J'espère par la confiance que j'ay en sa fermeté qu'elle ne me manquera point. Dieu conserve la personne de Votre Majesté.
A Galicut, le 16 avril 1720. (A. Col., Inde, Carton 457 : Firmans et paravanas.)
EXTRAIT d'une LETTRE DE LA COxMPAGNIE AU CONSEIL