‹ Les origines de Mahé de MalabarChapitre 69 sur 86 · Voir la pièce annexe n · texte numérisé non relu

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2. M. Wake devint à son tour gouverneur de Bombay, en remplacemenl de M. Law en 1742.

Law et trois autres à Mahé, MM. Mollandin, Trémisot et Bunel.

Si l'on considère sur le terrain même, en le parcourant à pied, le champ où s'exercèrent leurs ambitions, on est étonné de la grandeur des efforts pour de si modestes perspectives. En moins d'une heure, on est arrivé à la limite des territoires convoités. Il serait difficile de dramatiser les événements qui se passèrent en ces riantes vallées ou sur ces coteaux dénudés. L'âpreté des ambitions fut pourtant extrême. L'homme, par son activité, déborde toujours du cadre qui l'entoure. La longue suite des temps a détruit toutes les rivalités ; les royaumes de Ganara, de Gotiatte et de Gheriquel ont disparu depuis plus d'un siècle ; les descendants des nambiars et de Goyonnaire n'ayant plus de puissance n'ont plus d'ambition ; le prince de Bargaret n'a pas laissé d'héritiers ; la paix européenne règne sur tout le pays. Les habitants eux-mêmes ont perdu le souvenir des luttes auxquelles leurs pères ont participé ; ils savent seulement qu'il y eut dans le passé de grandes contestations entre les Français et les Anglais.

En ressuscitant ces contestations, enfouies dans les Archives, notre but n'a pas été uniquement de rendre hommage et justice aux bons citoyens, inconnus même des savants, qui ont consacré leur vie entière à une œuvre en apparence modeste et ingrate; nous avons surtout voulu établir, par un récit nouveau, que l'épopée de l'Inde française ne s'incarne pas toute dans Dupleix. Celui-ci, arrivé dans l'Inde en 1722, connut les efforts et sans doute les pensées de ses compatriotes dans les différents comptoirs. Avec la lente expérience que

donnent les événements, il put en tirer profit pour sa politique personnelle. Les histoires de Mazulipatam et d'Yanaon sont sans intérêt ; il est inutile de parler de Balassor ; Chandernagor resta jusqu'au dernier jour l'objet ou la victime des exigences du nabab de Mourchidabad et la première activité réelle de Pondichéry ne se manifesta qu'en 1740 avec l'invasion marate. Mahé seul nous offre l'exemple d'un comptoir où les préoccupations extérieures ont été prédominantes. Il n'était pas inutile de faire connaître les premières manifestations d'une influence qui s'ignorait et d'une force qui se cherchait.

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