RÉPONSE DU CONSEIL
Pondichéry, le 23 janvier 1723.
Nous sommes bien ayses que vous aprouviez. Messieurs, l'établissement du comptoir de Calicut. S'il nous avait cependant été permis de différer l'exécution de vos ordres à cet égard, nous nous serions restrains à rétablir seulement ce
comptoir en l'état qu'il estait du teins que l'ancienne Compagnie faisoit du commerce ; nous estimons que cela auroit été suffisant pour avoir du poivre dans ces commencements; quand nous aurons icy de l'arf^ent suflisament à l'avance, nous ne manquerons point de poivres ; les Hollandais ne nous empêcheront pas à force ouverte d'en avoir tant que nous serons en paix; s'ils jugent à propos de faire quelque chose sous mains, l'augmentation d'établissement (qui nous est ruineux dans ces commencemens) ne les en empêchera pas. Nous croyons qu'il auroit été plus à propos de laisser ce comptoir sur l'ancien pied jusqu'à ce que votre commerce eut été bien solide ; il est aisé d'augmenter des établissemens et les dépenses avec de l'argent ; nous pensons néanmoins que l'établissement formé à Mahé vous sera avantageux dans la suitte et vous mettra en état d'avoir la quantité de poivres qui sera nécessaire ; nous ne manquerons pas de moyens et nous nous servirons de ceux qui vous seront les plus avantageux pour les faire aporter dans les tems convenables. Tant que nous aurons des fonds pour en faire les achats dans les saisons etpaïer les dépenses qui se feront par le S. Molandin en exécution de vos ordres, vous aurez de ce pais tout ce que vous pouvez en espérer.
(A. Col., C2 72, p. 229.)