LES ORIGINES DE MERTHER
Combien j'ai de bonheiu' à lire dans vos yeux la persuasion où vous êtes que je ne changerai jamais ! » Adieu^ mille adieiLx.
» GOETHE (1)
Le lendemain de ce coup d'état de l'amour, Gœthe était à Francfort, dans la maison de ses aïeux, grands et riches bourgeois de la ville ; il y recul des lettres de Kestner, le 23 septembre, lettres amicales, dévouées, mais bien réelles. Le bon Kestner, toujours très-franc, s'imagina de lui dire, entre autres choses, que Lotte n avait pas rêvé de lui /. . . A quoi Gœthe répondit, le vendredi -io septembre :
« Lotte n'a pas rêvé de moi ! je lui en veux pour cela, et je veux qiie cette nuit elle y rêve et qu'elle ne vous le dise pas. Ce passage de votre lettre m'a fâché, quand je l'ai relu. N'avoir pas même rêvé de moi ! honneiu' que nous rendons aux plus indifférentes choses qui nous environnent pendant le jour. Et j'ai été corps et âme pour elle, et j'ai rêvé à elle jour et nuit !
» Dieu m'en est témoin! je suis fou quand je me crois le plus sensé ! Oui, c'est un démon que le génie qui m'a voiture à Wolpertshausen (2) !... Mais quoi! c'est cependant un divin génie..., je ne voudrais pas avoir passé mieiLx mes jours à Wetzlar, et les dieux ne m'en donneront pas de plus
(1) Correspondance de Gœllic et de Kcsljicr, p. 45, 4G et 47, avec le fac-similé du premier billet à Cliarlolto.
(2) Nom du lieu où Gœthe fil connaissance de Cliarlolto. à l'occasion du fctil bnl sans apprêts et de la partie de promenade en voiture.