CONCLUSION
César signale , dans la Gaule indépendante ( Gaîlia comata) , trois groupes qu'il nomme Aquitains, Celtes et Belges : il constate des différences de mœurs et de langage, qui font penser que ces groupes dépendaient de migrations distinctes par les dates. Le mouvement général ayant eu lieu du nord-est au sud, et spécialement au sud-ouest, il semble, d'après la distribution topographique, que les Aquitains arrivèrent les premiers.
Suivant le système généralement admis, les Celtes de César seraient les Galls des traditions armoricaines, parents des Irlandais et des Ecossais ; les Belges de César seraient les Kimris qui auraient occupé non seulement le nord et l'ouest de la Gaule, mais l'Angleterre propre.
L'école des Celtistes conteste ce système, qui ne concorde pas avec les données de sa languistique. Zeuss divise les langues celtiques en deux branches : i° UHibernique comprenant l'Irlandais et le Gaélique d'Ecosse ; 2° la Britannique avec le Cambrique (Wales), le Comique (Comwall) et l'Armoricain. Le Gaulois antique appartient à cette branche.
Parmi les différences les plus faciles à saisir, on cite la substitution du p au q, celle de l'A à Vs. L'Irlandais dit coic (cocue > cinq, et ce/ni fquenuj
tète, où le britannique conserve pempe et penn ; l'un dit sert et l'autre hen, vieux. De même, le latin a mis quinque au lieu du pempe grec, et sal au lieu de hais. Par ces lois de phonétique, l'hibernique se rapproche du latin et le britannique, du grec. D'après ces données et autres, il faudrait admettre :
10 Que les différences de langages signalées par César tenaient moins aux principes phonétiques et grammaticaux, qu'à des particularités légères.
20 Que les Irlandais n'auraient aucune parenté avec les Gaulois, mais plutôt avec les Latins.
30 Que les migrations irlandaise et latine seraient antérieures à celles des Gaulois et des Bretons.
Tout cela aurait pour résultat de modifier nos idées sur l'antiquité relative de l'habitat des groupes gaulois et parliculièrement des Aquitains.
Quoiqu'il en soit, tout ce que l'on sait du langage des Aquitains montre, dans leur idiome, un dialecte du Gaulois, qui paraît appartenir à la branchebritannique (Zeuss): phonétique, grammaire, étymologies s'y donnent un mutuel concours. (1). Les monuments et les mœurs n'y contredisent point. Nous pouvons donc affirmer en toute assurance que les Aquitains sont des Gaulois, ainsi que César le déclare, et que l'admet toute la docte Antiquité.
(1) Voyez au Dictionnaire : Yasatas. Lugdanum, Plmpeduni, Vernernetù
DICTIONNAIRE ETHNOGÉ NIQUE