V. S. L. M. ' AVRIN
(Votum solvit labens mérita) V. S. L. M.
Il paraît que la lecture du nom était fautive : aussi, dans la seconde édition de la Notitia, en 1656, a-l-on substitué au mot AGHONI, celui d'AGEIONI. Sous cette nouvelle forme, on reconnaît facilement le nom d'Aceio et l'idée des montagnes divinisées.
On a rapproché de ces noms ceux d'Agaunum et Acaunum donnés par les Bollandistes, pour le lieu du martyre de la légion Thébéenne. Le terme, qui aurait signifié rocher, continua d'être appliqué au couvent de Si-Maurice de Valais (Cf. Zeuss, Qram. Celt. 774, qui rapproche ces noms de ceux d'Acounis et d'Icauna, l'Yonne).
Une inscription du Tyrol, remontant à l'an 219, montre des divinités ACOVNl ou ACOVNAE, associées avec un dieu GADOLYS (Orelli, 1993), dont la physionomie est phénicienne : gadol « grand »,
Adcantuannus César, L. III, 20 et s : roi des Sotiates.
Adiatomus Nicolas de Damas ; et
Adietuanus Il existe un très grand nombre de deniers qui proviennent
de ce roi des Sotiates, assiégé et soumis par P. Crassus. L'un des types les plus parfaits porte :
REX ADIETVANVR FF — revers SOTIOTA. (Voir la planche des médailles ).
Type indéterminé ; au revers, une louve passant à gauche. Bronze.
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C'est donc Adietuan qu'il se nommait ; la forme Adiatomus, de Nicolas de Damas (Athénée, IV) est une corruption, et celle à'Adcantuannus, dans les Commentaires de César, provient d'une faute de copiste.
M. de La Saussaie, qui a déterminé définitivement l'attribution, conclut que le peuple s'appelait Sotiotes, Sotiotœ ; mais il perd de vue qu'une autre pièce, d'un type très analogue, porte au revers, au-dessus de la louve, le mot SOTIAT, qui n'est point achevé et dans lequel le second T ne conserve que le jambage du milieu. Il faut lire Solicites. La divergence est le résultat de la maladresse du graveur. M. de la Saussaie ajoute avec raison :
« Crassus non seulement comprit le chef aquitain dans la capitulation, mais il lui laissa son autorité, à la condition de la faire servir aux projets de Rome sur la Gaule. Adietuan devint l'allié et le tributaire des Romains, frappa monnaie en son nom et à celui de sa tribu, en consacrant, d'après un usage dont le monnayage gaulois nous offre plus d'un exemple, un type national joint à un type étranger. » (Revue de Numismatique, 1831). Le lypc étranger, c'est la louve, emblème de Rome, emprunté à celui des médailles consulaires de P. Satrienus. Toutefois, le type romain est plus féroce ; mais l'intention est évidente.
M. de La Saussaie en conclut qu'il faut attribuer au même Adietuan la fameuse médaille de Crassus ou Kraccus:
Tète de la Victoire diadémée et allée, tournée à droite ; au revers, cheval galopant à gauche ; au dessus, un croissant, 3 cercles perlés. Bronze. ( Voir la planche des médailles.)
L'illustrcnumismate lit, à d roi le, R M Roma: c'eslpossible. Il fait observer que la victoire est empruntée aux deniers consulaires, et le cheval à un type habituel des monnaies gauloises. Enfin, il ajoute que « le mélange des carac-
ières grecs cl lalins est un des signes caractéristiques de légendes des médailles de la Gaule méridionale. »
Ad Jovem Station de la route de Bordeaux à Narbonne. dans
l'Itinéraire d'Antonin, à Vil de Bucconis et Vil de Civitas Tholosa. Le nom de Leguévin a séduit les critiques : Walckenaer hésite entre Teula ou Clioulet, près- de Leguévin ; Du Mège signale une ferme Cap de Lovis, à côté du môme village.
Ad Sextum Uelai de la route de Bordeaux à Narbonne, dans
l'Itinéraire d'Antonin, à VII de Civitas Aîiscius et VI! de Mutatio Hungnnvero. D'Anville signale le passage de l'Arralz ; selon Walckenaer, ce serait Ollel et Lalaque ; la Commission de la Carte des Gaules préfère Marsan et je
partage cet avis.
Ageio. ' Voyez Aceio.
Agho . *
Aldudes Voyez Bcrcorates.
Alingcs Langon, sur la Garonne, chef-lieu d'un canton de
l'arrondissement de Bazas, citée par Sidoine Apollinaire (Epist. L. VIII, 12). St Paulin mentionne YEcclesia Âlingonensis, dans une épitre à Delphin, évoque de Bordeaux, dont elle dépendait alors. Alingo existait depuis 120, et peut-être dès l'époque gauloise.
Des fouilles opérées dans des sépultures de l'Uot-des- Vases de Nalliers (Vendée), en mars 1872, ont amené des trouvailles dont M. Quicherat rend compte en ces termes (Mém. de la Soc. des Antiquaires de France, XXXIII, bull. 117) :
« Le fond d'une fiole brisée portait une marque de fabrique empreinte en creux. C'est un médaillon, sur lequel on lit les initiales A. E., entourées de la légende A. V. M. CN. ALINGV. Il n'est pas facile d'expliquer les signes qui composent la plus grande partie de celte inscription. M. Bcnj. Fillon a conjecturé que le mol Alingu pourrait être l'abréviation de Alingonc ou
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Alingonensis et s'appliquer au lieu de Langon, qui n'est pas éloigné de l'IIot-des-Vases. »
Alingu n'est pas une abréviation, mais la l'orme du datif, servant d'ablatif, de la conjugaison gauloise en os ; il signilie à ou de Alingos, Langon.
Il ne s'agirait pas de notre ville sur la Garonne, mais d'un village nommé Le Langon, situé à 12 kilom. de Fonlenay; or le nom et l'existence de cette localité, dans l'Antiquité, sont absolument inconnus.
D'un autre côté, les mêmes fouilles ont donné des fragments de poterie rouge lustrée, portant quatre marques, dont l'une est MEDOLIS, laquelle rappelle le nom des Meduli, l'ancien peuple du Médoc, également riverain de la Garonne.
Le tout a pu être transporté de là en Vendée.
Mêla signale, à l'embouchure de la Gironde, une île
que l'on disait flottante, parce qu'on croyait la voir monter ou descendre avec le niveau des eaux. D'Anville applique ce fait à l'îlot de Jau, provenant d'une dérivation latérale à la rive gauche du lleuve, dont la trace reste dans les marais qui encerclent la commune du même nom. D'après M. Desjardins (Géogr. delà Gaule, I ), l'île d'Antros fut beaucoup plus étendue : son tracé, emprunté à des caries de la lin du XVIe siècle, fait passer un bras méridional de la Gironde par la latitude de Lesparre, qu'il transforme en port; des altitudes de 4à 10m sont trop élevées, et puis, il y a, sur le parcours indiqué, des ruines romaines et du Moyen âge. Il faut chercher le bras disparu de la Gironde plus au N., sur la ligne qui paît de Jau, se dirige d'abord au S., puis à PO., entre Vensac et Vendays, par des altitudes de 2 mètres, à travers des marais, et aboutit à l'Océan, au point où sont les bains de Montalivel el poste de la Douane. Les recherches de M. l'abbé 1. an, sur le
terrain du Médoc, montrent qu'un bras 1 Garonne, Mém. de la Soc. «l'Kthn. - 1. - 1884.
large d'un kilomètre, passait par le travers de Vendays- (cf. Sansas, Mém. de la Soc. des Antiq. 1875, bull. 117).
Antros est exactement le canton de Saint-Vivien ; mais au N.-O., l'île s'étendait jusqu'à la tour de Gordouan, lorsque la passe de Grave n'était pas encore envahie par les eaux : cet état de choses existait au XIe siècle.
Apiates C'est le nom que Dion (L. XXXIX, &Q) donne aux
Sotiatcs, dont il raconte d'ailleurs les combats, le siège ou la reddition à Grassus, dans des termes fort voisins de ceux que César a employés. Il est inutile de les chercher ailleurs. On ignore par quelle erreur de copiste ou pour quelle autre cause Dion a fait ce changement de noms.
Aquvae Augustse Nom des Aquse TarbelUcœ, dans Ptolémée :
Aquae Convenarum. . Station de la voie de Dax à Toulouse, dans l'Itinéraire
d'Antonin, à XVIII d'Oppidum novum, qu'on prend pour Nay, et à XVI de Lugdunum, qui est St-Bertrand de Comminges. On a proposé Bagnères-de-Bigorre, Capvern et Bagnères-de-Luchon. Ce dernier point doit être écarté, parce qu'il est au-delà de Lugdunum, et en dehors de la route de Toulouse.
Capvern, où Ton a voulu mettre également les Thermes Onésiens de Slrabon, à cause de ses ruines romaines, est trop rapproché de Saint-Bertrand , pour répondre à l'indication de l'Itinéraire.
Bagnères-de-Bigorre satisfait aux conditions de distance. Le nom d'Aquse Convenarum lui appartient : tant que dura l'organisation d'Auguste, jusqu'au milieu du IIe siècle, le Bigorre fut compris dans la circonscription des Convense. L'objection de Walckenaer, que le vrai nom de Bagnères-de-Bigorre serait Vicus Aquensis, repose sur une confusion. Ce dernier terme signifiant « ville d'Eaux » est appliqué à diverses autres localités, telles
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que Baden, près de Zurich, et même Baden-Baden, d'après une inscription trouvée à Cologne (Sanctius ; Gruter, p. 267, n« 8).
Acruae Siccae Station de la voie de Toulouse à Dax, dans l'Itinéraire
d'Antonin, à XVI de Calagorris, et XII de Vernosole. Il semble que c'est un point entre Saint-Elix et Carbonne.
Aquae Tarbellicae Dax, nommée longtemps Aqs ou Acqs, et dont la forme
actuelle provient d'une ellipse, avec suppression de l'apostrophe, dans la locution « la ville tVAqsi).
L'emploi médicinal des eaux et des boues de Dax est antérieur à l'occupation romaine. La première mention en est due à Pline, qui travaillait sur les commentaires d'Agrippa, premier organisateur du pays (Hist. N. XXXI, 2). Au temps de Ptolémée, la localité portait le nom d'Aquœ Augustœ, (Huclata Augousta) ; ce titre im périal dura si peu, que l'Itinéraire d'Antonin reprend déjà la forme plus ethnographique d'Aquse Tarbellicae.
Aquenses Habitants de la deuxième circonscription de la Provincia
Novempopulana, dans la Notitia Provinciarum. Ce nom est évidemment emprunté à celui de la ville Aquse Tarbellicae, qui en fut le chef-lieu.
La circonscription comprenait : 1° tout l'ancien territoire des Tarbelliy de César ; 2° celui des Sibusates ou Marensin ; 3° celui des Cocosates ou Grande Lande ; 4° les Camponi, Pimpeduni et Bercorates qui liront le diocèse de Bayonne ; 5° les Sibyllates, rattachés plus tard au diocèse d'Oloron.
Aauitani N°m générique de la première fraction des Gaulois.
— Voyez Aquitania.
Aquitani En lisant ce nom, au milieu de la nomenclature de
Pline, et à la suite de rénumération des peuples de la seconde Aquitaine, on comprend qu'il s'agil (Y\n\ soustitre commun aux vingt-huit peuples dont il précède l'indication et qui constituaient les habitants de l'ancienne
et véritable Aquitaine. L'explication qui suit : « undè Domen provinciae » montre que l'auteur sait que ce sont !à les nations primitives, par opposition à celles qui ne sont qu'annexées. Il fait ainsi la preuve de son érudition et de son sens ethnographique.
Mais, après les Vassei, qui clôturent la liste, il aurai! dû marquer la fin de cette catégorie.
Aquitania Mon mémoire YAquit aine avant et jusqu'à l'époque de
César discute les origines de ce nom. Il démontre que les étymologies tirées du latin, des langues celtiques et du basque sont également peu satisfaisantes.
Le vice commun de ces systèmes est dans le choix défectueux de l'objet. Aquitan-ia est un dévivé'd' Aquitan-i, les Aquitains. S'il en était autrement, Aquitania aurait donné Aquitanienses en latin et Aquitaniates dans la langue locale. Il s'agit trouver la provenance du radical Aquitan.
Par les Pyrénées, l'Aquitaine se trouvait en relation avec des peuples civilisés et écrivant l'histoire, Phéniciens, Carthaginois et Grecs, à une époque où, des autres côtés, elle était enveloppée de barbares, Ce n'est point par les Gaules que les Romains en eurent d'abord connaissance, mais par l'Espagne. Dès la deuxième guerre punique, Hasdrubal, Irère de Hannibal, se retire en Aquitaine, après avoir perdu contre Scipion la bataille de Caslulon (an 209 avant N. E.) ; le général romain fait éclairer ses démarches, par un corps d'observation placé dans les Pyrénées (Polybe, X, G. — Tite - Live, XXVII, 19,20). Les Romains connurent dès lors le nom de l'Aquitaine, dans la forme adoptée par les Espagnols ; ils lui donnèrent la consécration de leur langue administrative, d'où il passa dans la langue oratoire et historique : Aquitani, Aquitania
sont des formes espagnoles.
On y remarque, avant la terminaison latine, le suffixe
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tan, si fréquent, en Espagne et dans l'Afrique septentrionale, si rare ailleurs. J'ai montré qu'il répond à l'une des formes du pluriel berber et qu'il [provient de ce que les Berbers(à la suite sans doute des autres Libyens) ont peuplé l'Afrique du Nord et l'Espagne.
Quant à la racine Aqui, laquelle peut probablement se ramener à Ak ou Agit, il est prudent de renvoyer les conjectures au moment où l'on aura réuni des éléments plus concluants que ceux que nous possédons. — Toutetefois, on peut signaler dès à présent, à titre d'éléments de recherches :
Ach (prononcez Akh) eau, en gallois ou cambrien ; Ach, race, lignée, descendance, en cambrien et armoricain ;
Achadh, champ, (
, , ... , ,., ,. en Irlandais,
Acliaidli, habitation, f
lies Aquitains seraient les gens du pays. — Cf. cidessus Aceio.
Aremorica, Armorica. On se plaît à répéter que l'Aquitaine se nomma jadis
Armorique : c'est Pline qui l'a dit. On trouve, en effet, au livre IV, il, de Y Histoire naturelle, ce qui suit, au sujet de la Gallia Comata : « A Scaldi ad Sequanam, Belgica. Ab eâ ad Garumnam, Celtica, eademque Lugdunensis. Inde ad Pyrena?i montis excursum, Aquitania Aremorica anteà dicta. » Ici, Pline brouille et confond l'organisation administrative d'Auguste avec les divisions ethnographiques de Jules César : il attribue à l'Aquitaine vraie de celui-ci, ce qui ne convient qu'à la fausse Aquitaine de celui-là.
César et Ilirtius mentionnent les Armorica civitates (g. des Gaules VII, 75 et VIII, 31J ; l'énumération que le premier en donne montre que la désignation ne concernait nullement les peuples au sud de la Garonne : ...quaeque «corum consuetudine armorica.* adpellantur (quo sunt iu
numéro Curiosolites, Redones Ambibari, Caleles, Osismii, Lemovices [aliàs Nannetes] Veneti, Unclli. » Tout cela est Bretagne et Basse-Normandie.
Armorique est un terme générique signifiant pays maritime : une partie de l'Aquitaine a pu recevoir ce nom des nations galliques. En bas-breton, ar-mor signifie la mer, et ar-mor-ek, la maritime. Villemerqué trouve avec raison, dans ce dernier mot, l'origine du nom d'Armorique. En effet, ek est l'affixe breton répondant à Viens latin, Vique français.
Arpeninos Une inscription, encastrée au haut d'une muraille, sur
le territoire des Onobrisates, a été relevée par Du Mège, qui la reproduit ainsi :
ARPENLNO
DEO BELEX BE LEXCONIS. F
On a songé tout de suite à une divinité des montagnes. En bas breton, ar-penn signifie la tête et, par extension, la cîme des montagnes ; en gallois, pen, tête, et en irlandais, ben, montagne.
On en rapproche la déesse Penina, citée par Servius et le dieu Peninus, connu de Tite-Live (XXI, 38) et mentionné dans une inscription des Alpes (Guichenon, Hist. de la Savoie). La plaque de cuivre conservée au Grand Saint Bernard porte en tète IOVI POENLXO. Le nom de l'Appenin, le nom espagnol pena, et les termes aquitains penna, pinède, pinon, ont une même origine.
IlexisteàRochemaure (Ardèche), dans une chapelle saint Laurent, une inscription où se trouve le mot Arepo. En la signalant, M. Wcscher (Mém. des Antiquaires de Fr.
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t. XXXV) fait observer qu'il l'a retrouvée, avec sa traduction, dans le Mss 2511 du fonds grec, f<> 60. Je mets en regard le texte lai in, la reproduction et la traduction grecques :
SATOR
Sator
Ho Speirôn
AREPO
Arepo
Arotron