ART...IE DEO BONNEXV
ANANDI
Aspaluca, Aspalluga. Staiion de la route de Uœsaraugusta à Beneharnum,
dans l'Itinéraire cTAntonin, à VII de Forum ligneum et XII û'Iluro. Marca pense qu'il s'agit d'Accous, qui possède encore le Capdulh, dérivé de Capitolium, droit de primatie, siège de T'autorité. Walckenaer place le point un peu plus haut, au Pont de l'Esquit.
Atroa. Anic Grégoire de Tours (De gloriâ confess. 59), raconte un
miracle qui se reproduisait, chaque année, dans une église située infrà terminum Vici Juliensis, dans le territoire du diocèse d'Aire. Les tombeaux de trois prêtres, qui s'y étaient succédé longtemps avant, soulevaient méthodiquement le sol, puis rentraient en place, pour recommencer l'année suivante.
On avait pensé jusqu'ici qu'il s'agissait de l'église d'Aire, ou du moins de celle du Mas d'Aire, reste antique, comme il ressort du tympan du portail, qui conserve une sculpture attribuée au culte d'Esculape.
M. Aug. Longnon (Géogr. de la Gaule au VIe siècle) dit qu'm/ra terminum indique les limites du diocèse et l'analogie des noms lui fait retrouver, dans Atroa, la commune d'Arue, canton de Roquefort.
D'après des données fournies par Zeuss (gr. cclt.), l'idée d'habitation est rendue, en gaulois, par treba, d'où Atrebates (Cf. le latin tribus ; le gothique thaurp ; l'irlandais moderne, treabh ; le gaélique, treubh, tribu ; le vieil irlandais "treba, ils possèdent, ils habitent/ Vi^il armoricain, treb, habitation ; gallois moyen et moderne, tref; comique, trev ; d'où la transition à treo (prononc. tréou), en breton de Léon, église succursale. Du lempsde
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P. Duval ^1650), Arue portait le titre de grand Paropi. la grande paroisse.
Pour des motifs qu'il serait trop long d'énumérer, je pense que le fait concerne l'un des sanctuaires de Roquefort, dont le territoire a été distrait de celui d'Arue.
Atur L'Adour. Le nom est donné par Tibulle (Eleg. I, 8) qui
accompagna Messala, dans la conquête du pays (17 av. n. ère). Lucain (I, 420) lui inflige la terminaison latine, Atîtrus ; Ptolémée écrit Atouris , et Ausone (Parent. 4i Aturrus, pour achever un vers. La forme primitive, maintenue par Vibius Sequester, diffère peu du nom actuel. En Basque, dour signifie aujourd'hui rivière, mais ce nom parait être étranger à la langue, qui avait our, eau. En bas breton et en gallois, dour signifie eau, et en irlandais rivière.
L'école des Celtistes objecte que dour est une forme relativemeut moderne ; les Gaulois auraient dit dubr. Zeuss le veut ainsi, en ajoutant qu'en Gaulois, dur signifie forteresse. On se demande :
1° Comment l'idée de forteresse peut expliquer l'emploi du radical dur, dans une multitude de noms de fleuves des Gaules Transalpine et Cisalpine, de la Grande Bretagne, de la Celtibérie et du Portugal.
2° Si Zeuss a jamais su, à quelle époque dour a l'ait son apparition, et si l'on pourrait affirmer que ce radical n'existait pas à l'époque de César. Il est vrai que dur rend l'idée de force.
Sous ces réserves, suspendons le jugement.
Atura Voyez Attires.
Aturenses, Aturensis diœcesis Huitième circonscription de la Provincia Novempopu-
lana, dans la Noticia Provinciarum. Elle doit son nom à la ville d'Aire, Attires, chef-lieu du diocèse impérial. Elle comprend : 1° L'ancien territoire des Tarusates et des Latusates ; 2° Celui des Sennates ; 3° La lisière méri- Mém. de h» Soc. d'Ethn. — 1. — 1881. 32
dionale de celui des Osquidates Campes très. Son périmètre est reproduit par celui du diocèse ecclésiastique d'Aire, tel qu'il existait antérieurement à 1789 et qu'il est décrit dans la carte de P. Duval.
Atures Aire-sur-1'Adour. Les deux noms, Atura et Attires, que
Sidoine Apolinaire lui donne, dérivent de celui du fleuve Atur. La Notitia Imperii l'appelle Viens Julius, et Grégoire de Tours dit Vicus Juliensis : la tradition rapporte ces termes au séjour de Jules César, qui s'y serait arrêté, pour recevoir la soumission des Aquitains (an 51 av. n. ère), En tous cas, elle fut du nombre des villes Juliennes, auquelles César permit de prendre son nom, comme signe de son patronage.
La tradition veut aussi qu'Alaric II, roi des Wisigoths, y ait transporté son gouvernement et publié son Code ou Breviarium, abrégé du Code Théodosien, avec une explication claire. Le fait est que le Breviarium fut publié, dans le royaume wisigoth de Toulouse, le 2 février de l'an XXII du règne d'Alaric (an 506). L'exemplaire envoyé au comte Timolhée est daté d'Aire en Aquitaine, même année. Ce code est ce que le Moyen-Age qualifiait de Bréviaire d'Anian, parce que ce jurisconsulte y apposa sa griffe, en qualité de Grand Référendaire. Mais le comte Goiaric, préfet du palais, passe pour en être le rédacteur.
Aturus Voyez Atur.
Augusta Auch, d'après Ptolémée, Augousta. — Voyez Clim-
berrum.
Auscenses C'est le nom des Auscii, dans Sidoine Apollinaire.
Auscii La formule Ausci, employée par César, Mêla, Pline et
Ammien Marcellin, est une contraction, comme le prouve l'accusatif Auscius (Voyez ce mot). Les Grecs écrivent Auskioi, et la Notitia Imperii met Auscii.
Au temps de César, le territoire des Auscii comprenait ce que l'on a nommé, dans les temps modernes, l'Armagnac Blanc, c'est-à-dire l'arrondissement actuel d'Auch,
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moins le canton de Vic-Fezensac, qui était aux Ehisates. Il faut y ajouter le canton de Valence, formant la partie sud de l'arrondissement de Condom et celui de Fleurance rattaché à l'arrondissement de Lcctoure.
Auguste les agrandit considérablement, en leur annexant les Elusates, les Preciani, les Tomates, les Garites et partie des Garumni. C'est ainsi qu'Ammien put écrire : « Novempopulos Ausci commendant... »
Sous Théodose et ses successeurs, ils rentrent dans leurs limites, mais en conservant les deux petits territoires des Preciani et des Tomates. C'est alors le diocèse primitif d'Auch, non comprise la circonscription des Elusates.
On va répétant que le nom des Auscii est le même quecelui des Basques, lequel serait Eusk, ce qui n'est nullement prouvé. Je me demande pourquoi les auteurs grecs auraient traduit ce mot Eusk, en Espagne par Ouaskones et en Gaule par Auskioi ; et pourquoi les Latins auraient dit Vascones et Auscii.
Je ne saurais voir celte origine dans le mot Auscii, pas plus que dans Osca en Espagne; que dans les Osci d'Italie; que dans le nom d'Auscrocos, chel des Dumaci de Provence, auquel appartient la médaille portant les lettres AVSC, que Lagoy avait attribué aux Auscii; pas plus enfin que dans YOsca (Wysc) de la légende du roi Arthur (Mabinogion, 1^282).
Auscius (Civitas) Auch, dans l'Itinéraire d'Anlonin, route de Bordeaux à
Narbonne, et dans l'Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem, à VIII de Vanesia et VI de Mutatio ad Sextum.
Cette forme est l'accusatif pluriel de la déclinaison celtique en os. Elle signifie « chez les Auscii» en celtique Auscioi. Nous verrons plus loin Boius, dans les mêmes circonstances. La forme Parisius, chez les Parisiens, est classique.
Il résulte de là que le pays parlait gaulois et non pas basque.
Averanos Nom de l'une des divinités des Aquitains.
Il y a, près de Melles, dans le canton de Saint-Béat, Haute-Garonne, sur la frontière d'Espagne, une montagne qui a retenu le nom d'Averan : dans l'un des torrents qui sillonnent ses flancs abruptes, et où l'eau ne coule qu'à la tonte des neiges, on a trouvé les restes d'un petit autel portant l'inscription suivante :
AVERANO
DEO
IVLIASERGÏF
PAVLINA
Ce n'était sans doute pas une divinité absolument topique, ou du moins l'appellation se reproduisait ailleurs. Nous trouvons un village d'Averan, dans les Hautes- Pyrénées, entre Ossun et Lourdes, au pied de la montagne la plus élevée de cette région.
Du Mège croit à une origine Kymrique du terme : en bas-breton, dit-il, aber ou aver signifie torrent, et en gaulois, ano veut dire alimentation : ce serait la divinité qui alimente le torrent.
Mais il y a, dans les langues celtiques, une racine av, qui est la mèffie que la racine sanscrite ap, et qui signifie l'eau. De là les radicaux abr, avr, avar, ebur, evr. arv, yevr, qui entrent dans une foule de noms de cours d'eau des contrées celtiques:
Avre (Somme et Eure).
Aveyron.
Arve et Aveyron (Haute-Savoie).
Evre (Cher, Indre et Loire, Maine-et-Loire).
Yèvre (Marne, Loiret), etc.
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Les noms d'Avaricum, Bourges, Eburovices, Evreux, Eburoclunum, Yverdun, Eboracum, York et beaucoup d'autres n'ont pas d'autre origine. Il en est de même de l'Ebre, en Espagne (Iber) ; ce nom fut même donné au Rhin, comme Nonnus nous l'apprend, à deux reprises (Dionysiaques XXIII, 397 et XLIII, 747). Il semble que les radicaux dont il s'agit répondaient à l'idée de torrent, cours d'eau, et par conséquent ils n'ont rien à voir avec le bas-breton aber qui signifie un amas d'eau, un havre. Sous cette réserve, le dieu Averanos est probablement la divinité des torrents.
En comique, aber signifie gouffre : en cambrien, c'est aper.
Baicorix L'un des dieux des Aquitains, comme il résulte de diverses inscriptions votives, dont la principale provient de Huos, arrondissement de St-Gaudens (Musée de Toulouse, cippe en marbre blanc, 0m38) :
BAICORI XO DEO V E R N Y S SERANI
Le territoire des Convènes en a fourni deux autres, dont la conservation est moins parfaite.
Ce n'était pas sans doute une divinité locale. Du Mège la retrouve dans les Pyrénées Occidentales, âOloron, avec une quatrième inscription :