‹ Les Origines des AquitainsChapitre 23 sur 39 · V. Belendi et Saltus Pyrenœus · texte numérisé non relu

V. Belendi et Saltus Pyrenœus

Cinibri, Cimmerii Cambri, Cymry, Kimri. — On connaît le système

d'Amédée Thierry, dans lequel tout cela fait un. Pour le combattre, on allègue l'opinion contraire de Zeuss. J'ai aussi étudié la question.

Ordinairement exact, au point de rester terre à terre, Zeuss a voulu se passer un quart d'heure de fantaisie. Une page de son gros livre est consacrée à insinuer que le nom cambrique Cymro, au pluriel Cymry, est pour Cy-bro. « 11 est composé, dit Zeuss, delà préposition can, en composition cyn (con) et du substantif bro, brog terre; pris adjectivement, il signifie un compatriote, un pays » dans le sens populaire. Je passe les dérivés féminins Cymraes, Camaraes, Cymrag. « Très antiques exemples, ajoute le maître, si les Romains avaient pu les entendre ; mais sans doute, ils sont nés après l'invasion des Saxons.» Qu'en sait-il ? Après tout, il ne le prouve pas.

Zeuss se moque agréablement du lecteur. Il serait possible, à la rigueur, que Cimber et môme Camber vînt de Cyn-bro, mais à une condition : c'est, que Cyn-bro ait existé : Zeuss n'a pu l'établir. Jamais on ne voit la lettre b dans les formes locales, celtiques, du nom du peuple Cambrien. Le b y est latin : si l'on en trouvait quelque exemple non emprunté au latin, il faudrait nous dire comment ce b a pu tomber pour produire la rude séquence mr, de Cymro et ses dérivés. Zeuss admet, il est vrai, la chute du b entre liquides cambriques ; mais il n'en peut trouver d'autre exemple que le nom du fleuve Amyr, qui est en Vindélicie, à trois cents lieues de la Cambric :

A. CASTAING. — DICTIONNAIRE ETHNOGÉNIQUE. 269

ce terme est transformé en Amber, dans l'Itinéraire d'Anlonin, par raison d'euphonie latine. A côté de celte assimilation aussi lointaine que contestable, Zeuss cite Garnirai pour Camdubr, ce qui n'a aucun rapport avec la question, et enfin amyl, nombreux, qu'il prétend venir de l'irlandais imbdi, ce dont on se permet de douter.

Zeuss avait un bon exemple à citer : c'est l'armoricain Kenvro et, Kcnvroad qui vient, en effet, de Kcn-bro, communauté de terre. Il n'a eu garde : on lui aurait demandé pourquoi le b, conservé en armoricain (par l'équivalent v) serait tombé en cambrique : l'un et l'autre dialecte procèdent de môme en ce cas, et disent, par exemple, arvarkh pour ar-markh, à cheval.

Le groupe mbr paraît être d'origine grecque et latine ; cette dernière langue l'a certainement introduit dans les populations celtiques où il esl si fort en usage.

En entendant le pluriel Cymry, les Grecs se plurent à l'allonger en Kiduepuii} les Latins plus concis firent Cimbri. Les deux mots ne sont qu'un : Strabon el Plutarque l'affirment, et l'on ne peut supposer qu'ils ne savent ce qu'ils disent.

Tous ces termes dérivent évidemment de Gomer, que la Table des peuples (Genèse, X) donne pour fils de Japhet, c'est-à-dire pour le peuple le premier organisé de la famille Japhétique, donl il est fait mention dans les plus anciens monuments assyriens, sous le nom de Gomri.

Gliberre Station de la voie de Tolosa à Burdigala, dans la table

Théodosienne, à XV de Casinomagus et XII de Besinum. C'est Aueh. Voyez Climberrum el Eliberrc.

Glimbirrum et Cliumbermm Station de la voie à'Agimum a Lugdunum Convenarum,

à XV de Lactura et X de Belsino, dans l'Itinéraire d'Antonin. C'est la même que Cliberre q\ Civitas Auscius des autres itinéraires, Auch.

L'orthographe de ce nom a donné lieu a de grandes mé-

Mém. «le la Soc. d'Ethn. — I. - 1881 35

prises. P. Mêla écrit Cliumberrum ; Hermolaùs Barbants, l'ayant lu Eliumbermm, crut devoir le rattacher aux Elusates qu'il confondait avec les Ausci, comme il le déclare. D'Eliumberrum, il fil Elusaberris, qu'il expliqua « ville des Elusates », s'imaginant que berris signifiait ville ; puis, il identifia ce nom avec celui d'Illibcris qu'il retrouvait dans la Bélique et dans la Narbonnaise, Cette fantaisie fut le point de départ de toutes les aberrations des modernes.

Gronovius a vérifié le fait : onze codex des plus anciens de Mêla et les meilleures éditions précédentes lui donnèrent la leçon Cliumberrum ( Notx in P. Melam). De son côté, Vossius (ad P. Melam observaliones ) en constata l'existence dans le Codex Vaticanus ; or ce manuscrit étant le texte primitif, que tous les autres ont copié, la question est jugée.

C'est donc Cliumberrum qu'il faut lire dans Mêla. Seulement, reprend Vossius, le vrai nom était Climberrum, comme l'écrit l'Itinéraire d'Anlonin, et dont se rapproche le Cliberre de la Table Théodosienne.

Gocosates Ce nom répond à ce que l'on nomme aujourd'hui

Grandes Landes, Born et Marensin. C'était une confédération de six peuples, si c'est là ce que Pline entend par le surnom de Sexsignani qu'il leur donne.

Auguste, qui les supprima, donna aux Tarbelles le territoire répondant aux cantons Tartas-ouesl, Arjuzanx, Sabres et nord de Castets ; aux Bituriges, qui le rendirent plus tard aux Boates, le Born, c'est-à-dire les cantons de Mimizan et Parenlis.

On croit que leur nom a survécu dans le sobriquet de Couziots, donné encore aux gens de la Grande Lande.

Gœquosa Station de la roule de Dax à Bordeaux, à XIV d'Aquse

Tarbellicss et XVIII de Tellonum, dans l'Itinéraire d'An-

A. CASTAING. DICTIONNAIRE ETHNOGÉNIQUE. 27 I

tonin. D'Anville prétend que la forme Coequosa esl altérée et il propose de la remplacer par Cocosa, ce que les Mss. n'autorisent point ; il place la localité à l'entrée du Marensin, dans la région de Mimizan. Walckenaer indique Caussèque, en raison d'une consonnance fortuite, le terme signifiant chaux sèche. M. Tarlière préfère Le Souquet, au N. E. de Lcsperon, en sorte que la voie ne serait pas celle des étangs du littoral, mais celle dont on a trouvé les vestiges près de la roule 432 ; cela renverse les données. La Commission de la Carte des Gaules adopte Mimizan et nous nous y tenons.

Consoranni Ce peuple n'a pas été mentionné par César, parce

qu'alors déjà il était compris dans le territoire que Pompée avait assigné à la cité des Convènes. Il n'eut donc pas à traiter avec Crassus. Pline, qui a déjà nommé leurs voisins immédiats, les inscrit à la suite des Vellatcs.

Après Auguste, qui maintint leur annexion aux Convènes, ils continuèrent d'avoir pour chef-lieu Lugdunum Consorannum, nommée ensuite Couseran et Saint Lizier, ville qui paraît avoir entretenu des rapports avec les populations puniques de l'Espagne. Voyez Belisama.

Le pays bien délimité qu'ils habitaient recouvra l'autonomie, par l'organisation des successeurs de Constantin ; depuis lors, jusqu'à la Révolution, il forma la vallée et le diocèse de Couseran.

Gonsuaranni Pline (III, 4) mentionne ce peuple comme occupant une

portion des montagnes de la Narbonnaise, à côté des Sordons (Sordcs). Ceux-ci habitant le Roussillon, les Consuaramii auraient occupé le S. du comté de Foix, Saltus Pyrenœus, ou les sources de l'Aude.

Pline ne les a pas confondus avec les Consoranni, qu'il savait n'être pas limitrophes des Sordons. Il faut conjecturer que ce fut primitivement le même peuple aquitain :

seulement, la portion située à TE. du cours de l'Ariège fui envahie successivement par des étrangers, Ligures, Galls, Teciosagcs, et il s'y forma une population mélangée, où l'élément gallique parait dominer et qui traite de Gascons, Carres et Houères les gens de l'autre côté de l'eau (Ad. Garrigou, Éludes sur le comté de Foix, t. II, p. 67j.

Ce pays fut annexé de bonne heure à la Province romaine. Auguste en détacha la fraction occidentale et purement aquitaine, Consoranni, le Couseran, pour l'annexer aux Convenœ, chez lesquels était la grande route d'Espagne, abandonnée plus tard.

Quant à la portion orientale, le nom déjà corrompu, en Consuaranni, ne tarda pas à se perdre, laissant la place à l'expression géographique de Salins Pyrenœus, que Pline a recueillie. (Voyez ce nom).

Convenae Après la mort de Sertorius, les troupes de ce grand

partisan se dispersèrent. Une partie évita les poursuites de Pompée, en traversant les Pyrénées, et se portant dans les vallées de la Neste et de la Garonne, où elles rançonnaient le pays des Onobrisates et des Garumni. Pour en finir, Pompée, qui avait hâte de retourner à Rome, où il voulait jouir des honneurs du triomphe, jugea d'une bonne politique de composer avec ces insoumis, et il leur octroya la paix, en les imposant au territoire qu'ils occupaient et qui fut incorporé à la Province Romaine. C'était une conquête de plus.

Ainsi se forma le peuple des Convenœ, dont le nom signifiait des hommes venus de toutes parts. St Jérôme, dans la diatribe Adversùs Vigilantium, qu'il composa en une nuit, décrit en quelques mots tous ces faits:

« Nimirùm respondet generi suo, ut qui lalronum et convenarum nalus est semine, quos Pompcins, domitâ His-

A. CASTAING. — DICTIONNAIRE ETHNOGÉNIQUE. 273

panià et ad triumphum redire festinans, de Pyrenœi jugis deposuit et in unum oppidum congregavit, undè et Convenarum urbs nomen accepit : hucusque latrocinet contra Ecclcsiam Dei, et de Veclonibus, Arrevacis, Celtiberisque descendens, incurset Galliarum ecclesias, porlet nequaquàm vexillum Grucis, sed insigne Diaboli. »

Il résulte du texte que le territoire assigné à ces malandrins fut celui de Lugdunum. Gomme cet oppide reçut bientôt le droit latin, ses possesseurs, qui adoptèrent les mœurs delà métropole, s'imposèrent aux pays voisins peuplés d'Aquitains, et grâce à la faveur eonstanle du gouvernement, ils étendirent au loin leur domination. Leur prospérité fut grande, si l'on en juge par le nombre des monuments de toute sorte dont le sol de ce pays est jonché.

Dépendant dès lors de la Province Romaine, et probablement incorporés dans les auxiliaires de César, ils n'eurent pas à s'armer contre Crassus, et ils ne paraissent pas au nombre des Aquitains qui traitèrent, après la bataille de Juliac.

Auguste développa encore leur puissance : Lugdunum devint le centre de l'une des quatre divisions de l'Aquitaine, et on leur adjoignit les Bigerrions, les Consoranni, et une partie des Garumni.

Sous les successeurs de Constantin, la Civitas Convenarum perd les Bigerrions et les Consoranni. Il lui reste les territoires qui ont formé le diocèse ecclésiastique de Saint-Bertrand. Savoir : l'arrondissement de Saint- Gaudens dans la Haute-Garonne, les quatre vallées dépérir dant de l'arrondissement de Bagnères-de-Bigorre, et la vallée d'Aran, jusqu'aux sources de la Garonne.

Gosiict Cossio(Vasatum). Bazas, capitale des Yasatcs. Ptolémée l'appelle Raxatov,

Qvxiapiwj n Txohç C'est dans Ausone (Epicictis, XXV Ni que le nom a été pris : Cossio Vasatum. Mais Mine lire

de Bordeaux à Jérusalem l'appelle Civilas Vasatas, et la Notice des Provinces met Civitas Vasatica, qui s'applique, d'ailleurs, à tout le territoire.

Nos numismates admettent, en outre, que le peuple de ce lieu portail le nom de Cosii, et ils donnent à l'appui la médaille de Calitix : Voyez ce nom.

Crassus V oyez Adietuanus.

Gyrary Voyez Cimbri.

Ebromagas ou Ebromanus C'est ce dernier nom qu'Ausone (Epist, 23 ) donne à la

villa de Saint Paulin :

Eccc tuus Paulinus adest ; jàm ninguida linquit

Oppida Iberorum, Tarbellica jàm tenet arva.

Ebromani jàm lecta subit.

Vinet et Marca placent cette localité à Embrau, au-delà de Blaye ; maison est làen pays Santon, et Paulin, qu'on croit y être né, ne serait ni Aquitain, ni Bordelais, ce qui est contraire à la vérité.

Les Bénédictins, historiens du Languedoc, proposent Hebromagus, qui paraît être Bram, entre Castelnaudary et Carcassonne : le lieu ne saurait convenir.

Enfin, M. Dezeimeris a conjecturé qu' Ebromanus pourrait être la ville retrouvée en 1871, au lieu dit Bapteste, dans la commune et à trois kilomètres au N. de Moncrabeau, sur la Baïse. La magnificence du monument, qui paraît avoir été construit au IIe siècle, répond à la fortune de Saint Paulin, laquelle était immense. D'ailleurs, Bazas, berceau de sa famille et où son père était né, n'est qu'à 60 kilomètres de Moncrabeau, soit à deux journées de marche.

Eliberre Leçon adoptée, depuis 1753, pour le nom de la station

située à XV de Casinomagus et XII de Besinum, dans la Table Théodosienne. C'est Auch. La vraie leçon est Cliberre, comme l'ont lu les graveurs de 1598,1682 et 1728, ainsi que Welser, dans la Scheda posterior : alors la dé-

A. CASTAING. DICTIONNAIRE ETHNOGÉNIQUE. 275

chirure du parchemin n'avait pas atteint la première lettre du nom. Celle l'orme concorde avec les données de Mêla et de l'Itinéraire d'Antonin. — Voyez Climberrum.

La leçon Eliberre n'a d'autre but que de trouver une origine basque ou ibérienne, qui établisse une confusion avec le nom û'Iliberris. — Examinons ce dernier.

Il y a une ville d'Elne située dans les alluvions du Tech, près de la Méditerranée et divisée en ville haute, autour de l'église, et en ville basse, Tour-Bas-Elne. Hérodote appela celle-ci Pyréné (II, 33) et ce nom n'était pas oublié au temps d'Avienus :

In Sordiceni cespilis confinio,

Quondam Pyrene, civilas Dilis Laris, v. 556 7.

On sait que tous les Gaulois se disaient issus de Bis

(Pluton, la Terre. — César, G. des G., VI, 48). Quant au

terme Lar, il signifie seigneur, dans la langue maternelle

d'Avienus, qui était Toscan.

Celle ville de Pyrene, n'est autre qullliberis ou Elne. Polybe (L. XXXIV, dans Athénée VIII) appelle ïkifiepviç le fleuve qui l'arrosait et lui donnait son nom ; l'ayant visitée, il déclare que la populationdu pays est celtique, ce qui esl vrai, du moins à la surface. Tile-Livc (XXI, 241 écrit Jliberis. Slrabon est plus explicite : « Ex (xev ttk Rvpwni </?£ Poucr/ivtov y.a.1 o lllifivppiç, noliv eyjuv o^ojvju.ov s/.xzepo^ aurwv. Les villes avaient pris le nom des cours d'eau ; cela montre ce que vaut l'élymologie basque de Ville-Neuve.

Mêla (II, 5) entre dans les détails historiques : « Vicus Eliberri, magnœ quondam urbis tenue vestigium. » Pline (III, 3) abrège Mêla : a Ilibcrris, magnœ quondam urbis tenue vestigium. » Le texte de cet auteur Fournil les variantes Illiseberre, Eliscbcrre et Jli/birris.

Enfin, dans Plolémée, le Tech se nomme Ï).).£gio--. Il y a, dans l'ancienne Bétiquc, une autre ville du même

2~j6 MÉMOIRES DE LA SOCIÉTÉ d' ETHNOGRAPHIE.

nom, qui devint Elvire, près de Grenade : illiberi, quod Liberini » (Pline, III, \). Celle-ci est rappelée par des inscriptions avec la formule Jlliberritani, ainsi que par deux médailles que M. Boudard a publiées et qui portenl le nom ibérique, Ilbarkhm. La tête, barbue dans l'une, frisée dans l'autre, et le cavalier à la lance de toutes deux, ont le type romain ; mais la légende se rattache à l'art sémitique. La première lettre est Yiod renversé de l'alphabet phénicien, la troisième provient du beth, les autres ont passé par le grec. M. Boudard fait observer qu'il faut lire Ilibarakhm, c'est-à-dire que les voyelles faibles sont absentes, ce qui est le caractère propre de l'orthographe dans l'écriture dite sémitique. Le suffixe m est la marque du pluriel masculin ; et, en effet, la légende Ilbarakhim est le nom des habitants d'Ilbarakhah, ou Elibarakah, la bénie de Dieu (c. à d. Dieu l'a bénie). Rien de plus raisonnable : toutes les villes antiques d'Espagne furent fondées ou reconstruites par les Phéniciens, les Carthaginois, les Grecs, au milieu de rustiques peuplades qui possédaient tout au plus des oppides ou des refuges en cas de guerre.

M. Boudard signale un grand nombre d'autres médailles, où les noms des villes sont suivis des terminaisons Khm, Khn, ou Kn. Le suffixe n est la marque du pluriel dans les langues libyques ; en Berber, il supplée l'adjectif et transforme les noms de lieux en noms de peuples. Le k ou le kh peut appartenir au radical ; mais, le plus souvent, c'est la prononciation forte de l'aspirée qui est le signe du féminin phénicien, prononciation habituelle encore chez les Berbers. Or les Libyens ont peuplé toutes les côtes de la Méditerranée, jusqu'en Sicile (Cf. V Aquitaine avant et jusqu'à V époque de César; et Origines et Migrations des Berbers).

Cette double influence, phénicienne et libyenne, incon-

A. CASTAING. DICTIONNAIRE ETHNOGÉNIQUE

■Il

leslablc dans la Xarbonnaise, paraît avoir traversé la Garonne; il y a des indices sur la rive gauche de ce lleuve.

Toulefois, Iliberris pourrait être une ville gauloise ; à plus forte raison Elibcrrc ou plutôt Cliberre et Climberrnm, chef-lieu des Ausci.

Eliumberrum Vovcz Climbemm.

Ellarona . . . j Y Ih(ro

Elloro '

Ellorona (Givitas) et Elloronenses. Holornenscs, Loronenses; Civitas Ellorona, Ellorensis,

Olorcnsis. Tous ces noms viennent de ceux de la ville Ihiro. — Voyez ce nom.

Cette circonscription politique, formée par les successeurs de Constantin, parait n'avoir compris d'abord que le territoire des Osquidatcs montant, c'est-à-dire les vallées d'Ossau, Aspe, Barelous et Iosbaig, avec la plaine des gaves jusqu'à Sauve terre et Navarrenx. Celait, au Movcn- Age, la vicomte d'Oloron.

Plus tard, au Xle siècle (1000 et 1074), les évoques d'Oloron se firent céder, par violence, la Soûle qui dépendait du diocèse de Dax. — Voyez Siby liâtes.

Limites : au S., l'Espagne ; à l'E., la Civitas Turba ; au N. E, les Denarnenses ; à l'O., la partie des Aqueuses qui devint diocèse de Bayonne.

Elusa ,. Eauze devait exister au temps de César, puisque ton

nom paraît avoir servi à former celui du peuple de la circonscription. Ce n'était pas seulement un oppide, ni un lieu de réunion passagère, mais une ville relativement considérable cl riche.

Elle est marqué sous la nom de Civitas Elusa dans l'Itinéraire d'Autonin, Elusa seulement dans l'Itinéraire de Jérusalem et la Table Théodosienne. A l'époque de ce dernier document, elle était la métropole de L'Aquitaine

troisième ou Novempopulanic.

Mémoires de la Soc. d'Ethn. — I. — I884. 36

Détruite par les Normands, elle fut rebâtie â l'O. dr sa situation primitive : celle-ci garda le nom de Cieutat et fut le siège d'un archiprêlré jusqu'en 1789. « Le nom de Cieutat, dit Marca, étant demeuré à un certain espace de 50 arpents de terre labourée assis près la petite rivière de Gélise, où l'on découvre toujours, en labourant la terre, plusieurs riches masures de marbre, des vieux bâtiments, avec quelques anciennes monnaies romaines. »

Les monnaies sont d'argent d'un assez grand module ; •elles portent une tète barbare et un cheval ailé ou sans ailes.

Elusaberris Voyez Climberrum.

Elusates Au temps de César, le peuple d'Eauze avait au N., les

Solicites; à l'O., les Tarusates ; au S., les Succasses et les Preciani ; â l'Est, les Auscii. Leur territoire comprenait : dans le Gers, les cantons de Cazaubon, partie Est : ceux d'Eauze, Aignan, Nogaro, Plaisance, Riscles, Vic- Fezensac et partie de Montréal, soit l'Armagnac noir.

Englobés par Auguste dans les Auscii, ils retrouvèrent 'l'autonomie sous les successeurs de Constantin. Leur civitas ou diocœsis s'agrandit de la partie Sud du territoire des Sotiates.

Elusatica (Civitas) Voyez Elusa, Elusates.

Fines Station de la voie de Burdigala à Argentotnagus, à XV

(ÏAginnum et XXIV d'Ussubium dans l'Itinéraire d'Antonin, XX iïUssubium dans la Table ïhéodosienne. Selon Walckenaer, c'est la Marque près de Tonneins ; d'après la Commission de la Carte, ce serait Aiguillon, .toujours sur- la rive droite.

Mais Fines, qui indique un poste frontière, est aussi l'un des noms du Mas d'Agenais, Mansio, étape sur la rive gauche. A ce propos, on s'est même demandé si les Nitiobriges ont réellement possédé la partie de l'Agenais qui devint l'évèché de Condom. Les auteurs du Diction-

A. CASTAING. DICTIONNAIRE ETHNOGÉNIQUE. 2JQ

nuire archéologique des Gaules pensent que ce poinl mérite un éclaircissement*. — Voyez Nitiobriges et Ussti~ biitm.

Forum-ligneum Station de la voie de Cœsaraugusta à Benearnum, dans

l'itinéraire d'Anlonin, à "V de Summus Pyrenœus et Vil d'Aspallnga. Ce dernier étant Accous ou un poinl des environs, Forum-Ligneum est Urdos, de l'avis de tous les critiques.

Gaites, Gaiites & Garites Dans l'ordre des Commentaires de César, ils sont entre

les Eluscites et les Auscii. Ces deux derniers peuples étant séparés par un méridien, les Garites n'étaient point entiv eux, mais au nord et au-dessous surtout des Auscii.

Divers noms de lieux rappelleraient leurs souvenirs. Gariès, dit Jouglar (Notice sur les limites de la Narbonnaiseet de la Novempopulanie, dans les Mém. de la Soc. archéol. du Midi, t. \U) est un village sur le Lambon, où la tradition met remplacement d'une grande ville antique. On y a trouvé quelques débris et des cavités circulaires rappelant la forme des habitations gauloises. 11 y a un tumulus, au lieu de Bordcnave, sur les limites de Bouillac et de Gariès.

De l'autre côté du Lambon, au lieu dit Neyrole, on a trouvé, dans la commune de Mas-Grenier, une enceinte circulaire et une statuette de Mercure. 11 est vrai que ce poinl faisait partie du domaine Tectosage et de la Province romaine, au temps de César. Garac et Garganville ont aussi conservé le nom antique.

Absorbés dans les Auscii par l'organisation d'Auguste, les Garites reparaissent plus tard sous le nom de Lactwates : le nom ethnique avait fait place à celui du cheflieu administratif.

La circonscription comprend l'arrondissement de Lee* toure dans le Gers; plus les cantons de Lavit-de-Lomagne et de Beaumont, sauf la Rivière de Verdun; en un mot.

l'ancienne vicomte de Lomagne.

La Commission de la Carte des Gaules affirme qu'il faut lire Gales. Tous les manuscrits, dit-elle, portent Gates, Gaiiles et Garles, jamais Gariies. Nipperdei adopte la première de ces formes, parce qu'il l'a trouvée dans cinq manuscrits, dont trois sont les meilleurs que l'on possède. Accordé ; mais alors, que penser de l'élymologie basque (gora, hauteur) ? Elle était déjà suffisamment ridicule.

Garonna Voyez Garumna.

Gartes Voyez Gariies.

Garumna Garonne et Gironde. On a prétendu tirer ce nom d'un

mot celtique garv qui signifierait rapide et d'aven, eau. En bas-breton, garo, et garv veut dire âpre, raboteux et gwar courbe. Je ne vois pas comment on tirerait de là l'élymologie de Garumna : l'origine doit être différente. Dans une lettre de Symmaque à Ausone, on trouve Garunda, forme nouvelle qui doit avoir servi d'acheminement à celle de Gironde.

L'orthographe de l'Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem, qui esL aussi celle de Grégoire de Tours, Garonna, a produit la forme actuelle.

Zeuss (v. p. 735) trouve dans Garumna une forme analogue à certaines formes latines, telles que Vertumnus, Tolumnus. Il est porté à le dériver de gromna qui se trouve dans la vie de Saint Bertin (Bolland, sept. II, 602), avec le sens de lieu marécageux et herbeux. De son côté, Ducange montre le mol gromna, fréquent dans les auteurs anglais et irlandais. En France, il devient gronna et produit le terme de terre gronnelle (lettre de Philippe VI, 1335), lieu marécageux.

Garumni Il semble que, dans les temps antéhistoriques, ce nom

fut donné d'une façon plus ou moins vague, aux Aquitains habitant la vallée du fleuve, depuis son origine

Page 1