‹ Les Origines des AquitainsChapitre 22 sur 39 · CORR SE · texte numérisé non relu

CORR SE

H. E. SACRVM

G. VAL ; VALERIANVS

Depuis Oihénart, qui publia ce monument, on n'a pas réussi à l'expliquer. On voit pourtant qu'il s'agit d'un fanum ou enceinte sacrée et d'un dieu Heraus qui doit être le même que Bocco Iïaraus ou Harauso.

Il est a remarquer que les trois inscriptions proviennent de la famille Valcria.

Boiates Boii

Voy. Boates.

On s'est imaginé que ce nom désigne une nationalité. Les uns la veulent Gallique ; Amédée Thierry la croit Kim-

Mém. de la Soc. d'Ethn. - I. — 1884. 34

rique : « leur nom, dit-il, d'après l'orthographe grecque et latine, prend les formes de Boii, Boghi, Boghii et Boci; or Bwg et Bug, en langue kymrique, signifient terrible et leur radical est Biv, la peur. Déplus, nous avons signalé tout à l'heure en Italie un peuple des Boïes, prenant le nom générique et paraissant être une colonie de ces Boïes transrhénans » (Hist. des Gaulois, inlrod.L.v).

Le fait est que l'histoire montre au moins cinq peuples de Boii, don[ on ne sait retrouver la parenté, dans la forêt Hercynie, en Bohème, en Aquitaine, dans la Cisalpine, chez les Eduens, sans compter les Tolisto-boïes d'Asie. On les voit plus souvent associés aux expéditions des Galls qu'à celles des Kimris et rien ne montre que ceux de l'Aquitaine, qui nous intéressent, relèvent de l'un des. autres groupes. Puisque le nom de Boii est un qualificatif honorable pour un peuple barbare, rien ne s'oppose à ce qu'il ait été adopté dans chacun des groupes composant la famille gauloise.

La parenté des Boii d'Aquitaine avec ceux de la Bohême, de la forêt Hercynie, de la Norique et de la Cisalpine n'est donc nullement démontrée, et l'opinion qui les met à l'avanl-garde des Bituriges Vivisques ne peut invoquer la plus légère probabilité historique.

Si les parentés ethniques pouvaient se baser sur des étymologies, comme celles que donne Amédée Thierry, je serais plus disposé à retrouver en eux les congénères des Voeates, dont le nom n'est que l'une des formes du leur. En tout cas, ils avaient les mœurs du pays qu'ils habitaient, comme en témoigne saint Paulin, dans sa 3e épitre à Ausone :

Et malis piceos describere Boios.

On verra, par ce qui concerne les Meduli, que l'industrie de la résine s'étendait sur tout le littoral.

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Leurs limites étaient celles qu'on a déjà vues chez les Boutes, qui sont le même peuple.

Boïus (civitas) ou Boios. Station de la voie de Pampelune à Bordeaux, dans

l'Itinéraire d'Antonin, à XII de Losa et XYI de Burdigala. Walckenaer désigne Bougés, près de la Teste. Bouges est le sobriquet des habitants d'une partie du pays : la tradition le rattache à la même origine que Buch, et ce serait un souvenir des Boit. Mais ces noms, ainsi que celui de la Teste, ont une autre provenance. En second lieu, la Teste est à plus de 50 kil. de Bordeaux et l'Itinéraire n'en veut que 35.

La Commission de la Carte indique L'IIospitalet, au dessous de Belin et Beliet, sur la route n° 132. En effet, il est inutile de passer à la Teste, pour se rendre à Bordeaux.

Entre Belin et le Barp, se trouve un point de partage des eaux, où dut passer la limite des Boii : c'est peutêtre là qu'est le lieu cherché.

Bonis est un accusatif du pluriel gaulois, répondant au latin Boios. On parlait donc gaulois dans ce pays.

Bucconis Relai de la route d'Auch à Toulouse, dans l'Itinéraire

d'Antonin et dans celui de Bordeaux à Jérusalem, à VII de Hungunvero et VII de Ad Jovem. Il y a, dans ces parages, une forêt de Bouconne célèbre, au Moyen-âge, par la visite de Charles VI ; dans sa frayeur, ce roi fit vœu de fonder l'ordre de l'Espérance. La mesure des distances porte la station à l'O. : Walckenaer la met à Empeaux, qu'il prétend être voisin du bois de Bouconne. La Commission de la Carte préfère l'Isle-en-Jourdain, plus près de la forêt.

Le lieu était sans doute consacré au dieu Bocco. —

, , ~ , Voyez ce nom.

Calagorgis Calagor- J

ris et Galagurris . . . L'Itinéraire d'Antonin mentionne cette localité, sur la

route à'Aquse Torbellicœ à Tolosa, à XXVI de Lugdunum et XVI d'Aquis Siccis. D'Anville a cru que c'était Cazères ; Walckenaer propose Saint-Martory. Du Mège veut que ce soit Martres Tolosanes ou bien un lieu situé entre cette ville et la Garonne, où l'on trouve des ruines antiques : Calagoris y aurait été bâtie par les Espagnols, sur l'emplacement d'une bourgade gauloise que la tradition appellerait Angonia. Il invoque une inscription ainsi conçue :

PRO SALVTE IMP.

CALAGVRIS SACERDOTE

Après avoir mis en suspicion l'authenticité de ce monument dont la forme est singulière, les éditeurs de la Nouvelle Histoire générale du Languedoc disent que la localité était probablement Saint-Cizy, sur la rive gauche de la Garonne, à A kilomètres au nord de Cazères : il y a là un petit oppide, où l'on trouve des débris romains et celtiques, plus une vaste sépulture récemment explorée.

Cette localité et même celle de Cazères sont trop éloignées de Lugdunum et les environs de Martres semblent mieux répondre aux distances. Tel est aussi l'avis de la Commission de la Carte.

Entre Martres et Saint-Martory, est Mancions qui s'appelait Mancipium, au Moyen-âge, A côté, Boussens est tête de ligne ; de plus, le confluent du Salât et celui de la Noue donnent à ce lieu une certaine importance qui avait déterminé les Bénédictins â se prononcer pour le hameau du Fourc.

M. de la Saussaie confirme l'attribution proposée par

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Lagoy, d'une médaille portant ce nom, à un roi ou chef des Vasates (Planche, n° 3) :

C0S1I. Tclc imberbe couverte d'un casque ailé, tournée à droite. — r) CALITIX. Cavalier casqué, galoppanl à droite, la lance en avant : « L'époque de l'émission de notre médaille doit être très rapprochée, sinon contemporaine de l'invasion des Romains, comme l'indique sa fabrique semblable à celle des deniers consulaires, aux types de Rome casquée et des Dioscurcs. » Il ajoute que, généralement, les médailles ont d'un côté le nom d'une ville, d'un peuple ou d'un pays, et de l'autre celui d'un personnage. Ici COSII, c'est Cossio : la maladresse du graveur et les altérations que produit le passage d'une langue à une autre, expliquent la différence : « Plus on avance dans l'étude des monnaies de la Gaule de César, plus on se pénètre de cette vérité. »

Cambri Voy. Cimbri.

Gamponi Pline, le seul auteur qui mentionne ce peuple, lui assigne

sa place entre les Sibyllates d'un côté, et de l'autre les Bercorates et les Pimpcdunni . Cette situation est celle de la terre de Labourd, qui est l'arrondisscmeni de Rayonne sauf quelques localités du N. E. : en France, le pays touche à la Rasse-Navarre et à la Soûle ; en Espagne, à la partie du Guipuzcoa qui appartint jadis à l'Aquitaine. Rayonne esta l'extrémité N. : au centre, se trouve Cambo, encore célèbre par ses eaux minérales ; la population actuelle, qui est exclusivement basque, reconnaît que ce nom est étranger à son idiome ; on suppose qu'il est d'origine celtique.

La situation élevée de Cambo dut se prêter à un système de défense. À deux kilomètres au S. E., on trouve, dans une presqu'île, que forme le cours de la Nive, une vaste enceinte délimitée par des ouvrages en terre et

pouvant contenir vingt mille combattants. La tradition y voit un camp de César. Mais les visiteurs érudits, et spécialement M. de Quatrcfages, ont reconnu que ce camp fait partie d'un ensemble de fortifications antérieur a l'époque historique.

Annexés par Auguste aux Tarbelli, ils y sont restés. A la fin du VIe siècle, les Basques envahirent le pays et se fixèrent dans la partie sud. On ne voit pas quelle influence politique ils y ont exercée.

M. Ch. Muller (sur Denys Periégèle) émet la conjecture que les Camponi pourraient être les Cempses dont il est fait mention au vers 328 de Denys :

Ke^/j/ot S oi voaovai vftanioàa. ïlvprtvaLOV.

De son côté, Aviénus dit : Ora Maritima, 495. Cempsi atque Sœfes arduos colles habitant Ophiusce in agro.

M. Muller croit qu'Ophuissa est Œaso, c'est-à-dire Oyarzun (Voy. Œaso). Là est l'erreur : Ophuissa est la presqu'île de Dénia, au sud de Valence.

D'après Aviénus, le plus ancien habitat des Cempses est au nord de Cadix, dans le pays Cynétique, aujourd'hui les Algarves ; puis il les montre auprès du détroit de Gibraltar, dans la province de Valence, et au pied des Pyrénées- Orientales. S'ils ont jamais habité le côté occidental des Pyrénées, l'histoire n'en dit rien. Leurs migrations signalent des peuples Libyens, plutôt que Celtes.

Carasa Station de la roule de Pampclune à Bordeaux, dans

l'Itinéraire d'Antonin, à XII d'Imus Pyrenseus et XIX tfAquœ Tarbcllicx. Ce point est occupé par Garris, auprès de Saint-Palais, selon Marca et d'Anville. La Commission de la Carte veut que ce soit Saint-Palais môme.

Casinomagus Ce nom évidemment gaulois est celui que la Table Théo-

dosienne donne à une station située à XV de Cliberre et

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XIX de Tolosa. Par suite d'une erreur de lecture (XXIX au lieu de XIX), d'Anville fait un détour et propose Lombez accepté par la Commission de la Carte : Walckenaer veut que ce soit Cazeaux, sur la Save. Ces localités ne satisfont pas au calcul des distances; il faut se placei au nord de la voie d'Antonio ; on trouve ainsi Cassemarlin cl Calonvielle, aux environs desquels fut le point frontière des Garites, des Ausci et des Garumni. Le mot casi paraît avoir signifié limite.

On trouve un Cassinomagus, Chassenon, département de la Charente, canton de Chabannais, sur la limite de la Marche, de l'Angoumois, du Périgord et du Limousin.

Cebennae ^ans ^es langues celtiques, le thème dont ce mot est

dérivé rendait l'idée de montagnes intérieures, soulèvement central, ossature du pays, a Les Cefns sont encore les chaînes monlueuses de la Cambrie, qualifiées d'échinés, épines dorsales, dans la langue des vieux Celles ; c'est le même mot que nos Cevenncs. » (II. Martin, Étud. d'archéologie, p. 43 et G8). En bas breton, comme en gallois, Kevn, Kefn et Kein signifient dos, et par extension, quille de navire.

Quant à l'Aquitaine, Cebennœ indique les Corbières occidentales, chaîne perpendiculaire aux Pyrénées : elles s'étendent du S. au N., entre les bassins de l'Aude et de l'Hers, jusqu'au canal du Midi, près de Fanjeaux. Elles furent la limite S. E. de l'Aquitaine, comme le remarque Strabon (IV, 1), qui les nomme Kepiievov opoç, ainsi que les Cevenncs actuelles; son intention n'est pas douteuse, puisqu'il déclare : 1° qu'elles se détachent à angle droit des Pyrénées; 2° qu'elles renferment les sou nos de l'Aude, de l'Orbe et de l'Hérault. Sa formule reproduit sans doute une locution de l'époque.

Le nom de Corbières ne paraît pas dans les auteurs de l'Antiquité : la racine en est celtique Corp, en irlandais

et en gaélique d'Ecosse, corf en gallois et en bas breton, signifient corps, masse ; chez les Aquitains, le mot correspondant parait avoir désigné les massifs de montagnes.

De là les Corbières, le village de Corbière, et la Terre privilégiée de Kercorb, Cheircorb, Quièrecourbe.

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