‹ Les Origines des AquitainsChapitre 33 sur 39 · NIS. FIL. NOMINE · texte numérisé non relu

NIS. FIL. NOMINE

VICANORVM AQVEN

SIYM ET SVO. POSVIÏ.

Gela est également démontré par les médailles (Oïhénarl), Ce nom fut d'ailleurs appliqué d'une façon générale à diverses villes d'eaux de la Gaule et de la Germanie. Voyez Aqux Convenarum.

Vicus Juli, Juliensis et Julius. . . . Airc-sur-l'Adour. — Voyez Alures,

Vivisci Voyez Diluriges.

Vocates Dans les Commentaires de César, et; terme désigne les

habitants du pays qui s'étendait au-dessous et au nord des Tarusates, contre la Garonne. On croit savoir qu'ils obéissaient alors à un roi nommé Calitix. (Voyez ce nom). L'organisation d'Auguste leur adjoignit les Tarusates. Nous devinons, d'après Pline et Ptolémée, que les Osquidates Compestres leur étaient soumis et que la fraction méridionale du territoire constituait la circonscription des \asates ayant pour chef-lieu Cossio.

Dans l'organisation des successeurs de Constantin, ils forment la Civitas Vasatica, identique au diocèse de Bazas. On voit par là qu'ils s'étendent au-delà de la Garonne et jusqu'à la Dordogne, sur la majeure partie de l'arrondissement de la Réole.

Ce dernier pays présente, en certains points, des caractères ethnographiques particuliers, mais qui ne remontent pas aux époques antiques. En 1534 et 1525, la région fut dépeuplée par une épidémie ; Henri d'Albret, qui en était le souverain, fit venir de la Saintonge, de l'Angoumois et

Mém. de la Soc. d'Ethn. - I. - 1884. 42

même de l'Anjou, des cultivateurs qu'il établit sur 1rs terres vacantes; trente paroisses autour de Castelmoron, furent ainsi renouvelées. On reconnaît encore ces émigranls, dit Jouannet (Statistique, de la Gironde), à leurs cheveux plats, à la lenteur de la parole et du geste, à leurs vêtements longs; on les surnomme Ga vaches. C'étaient des Galls, et même dos Kimris; ils parlent un français altéré, mais s'abstiennent des idiomes des pays voisins.

On trouve, en Daupliiné, un peuple dit Yoconces, qui compte parmi ceux d'origine ligure et qui eut pour cheflieu Vewtd, aujourd'hui Vaison.Les ruines de cette antique cité s'étendent sur une longueur d'une lieue; ce fut l'une des plus grandes villes de la Gaule. Ces noms ressemblent fort à ceux de Vocales et Yasates. Grégoire de Tours (Histor. Francor., 1, 29) dit que les Gaulois nommaient Vùsso un temple magnifique des Arvernes, qui fut ruiné par les Barbares. Selon Amédée Thierry, « Bas et avec l'aspiration, Bhas signifie mort, destruction, en langue gallique. Yassus, le destructeur était vraisemblablement un surnom du Mars gaulois.» (Hist. des Gaulois, III, 3). M. Roget de Belloguel oppose à ce sentiment l'inscription de Bittburg :

DEOMERCV VASSO CALATE MANDALQNIVS GRATVS D. (Ethnog. gaul. I, 134).

Il est possible que le nom de Yassus, signifiant autre chose que destructeur, ait appartenu à l'une et à l'autre divinité. Enfin le nom des Vocates rappelle l'un de ceux des Boii (Voyez cenomj, qui s'écrivait aussi Boghi. Peut-être y avait-il eu fusion, à la suite d'une invasion dont le souvenir ne s'est pas conservé.

Volcae Les Volkes sont un peuple gaulois, de la famille kim-

rique qui, s'étant attardé sur la rive droite du Rhin, ne traversa le fleuve qu'environ trois siècles avant notre ère. Deux de ses fractions passèrent au-delà des Cévennes, et

A. CASTAING. DICTIONNAIRE ETHNOGÉNIQUE 327

nous les retrouvons, sous le surnom d'Arécomiques dans les environs de Nîmes, et sous celui de Tectosages du côté de Toulouse. Ces derniers ont acquis, dans l'histoire, une notoriété grande par l'expédition, commencée; en 281, qui les conduisit dans le royaume de Macédoine, par le pillage du temple de Delphes, et enlin par leur établissement en Asie-Mineure, dans le pays qui reçut d'eux l<> nom de Galatie. C'est des Volkes de Toulouse qu'il s'agil dans les questions concernant l'Aquitaine.

Amédée Thierry a fort bien posé la question de leur origine : « Les manuscrits de César, dit-il, portent indifféremment Yolcx ou Volgse ; Ausone énonce que 1<nom primitif des Tcctosages était Bolgœ :

Tectosagos priimevo nominc Bolgas. Cicéron les appelle Belgœ (Pro Fontcio). Dans leur expédition en Grèce, ils avaient un chef nommé par les historiens tantôt Bolgius, tantôt Belgius. Saint Jérôme rappelle que l'idiome de leurs colons établis dans l'Asie-Mineure, en Galatie, était encore de son temps le même que celui de Trêves, capitale des Belges, et Saint Jérôme avait voyagé dans les Gaules et en Orient (Comni. in Epist. ad Gai., 3). D'après cela, il n'est donc pas possible de douter que les Volkes ne fussent Belges ou plutôt que les deux noms n'en lissent qu'un. i> (Hist. des Gaulois, Inlrod.)

11 n'y a plus qu'un mot à ajouter : c'est que l'un et l'autre nom n'est que la reproduction de l'allemand Volk, qui signifie peuple. Ce terme est resté sur la rive droite du Rhin, mais il n'était pas ignoré des Gaulois, ni même des Latins, chez lesquels Volgus et Vulgus ont une signification fort rapprochée. Il est à remarquer, d'ailleurs que Yolcx ou Belgx ne fut jamais un nom de peuple, mais d'origine, puisqu'il est toujours accompagné d'une autre désignation déterminant les rapports politiques et sociaux.

Les Volkes Tectosages occupèrent l'Ouest et le Sud du pays qui fut plus tard le Languedoc. Quant aux contrées situées au delà de la Garonne, ils en possédèrent fort peu avant l'époque de la conquête romaine. Plus lard, à la faveur des organisations d'Auguste, d'Hadrien, des successeurs de Constantin, le territoire de la Province romaine, empiétant toujours à l'ouest, la diœcesis de Toulouse atteignit, au IIe siècle, les bords de la Save. Mais les Tectosages n'y furent pour rien : absorbés dans la population gallo-romaine, ils n'existaient plus pour le monde.

Vulchalo Cicéron (Pro Fonteio) a conservé le nom de cette loea-

iité, située au nord du pays des Convenue, qui faisait alors partie de la province romaine. Parmi les exactions reprochées à Fonteius, se trouvaient des droits de douane imposés sur des vins qui venaient des bords de la Méditerranée ; Servaeus, l'un des agents du proconsul, avait levé deux vicloriati par amphore, à l'entrée ou au passage par Vulchalo, lieu de transit des quantités destinées aux régions pyrénéennes. L'amphore contenait 2G litres, le Victoriatus quinaire valait un demi denier, soit deux sesterces, environ 0 f. A*2, avant les empereurs.

On croit que Vulchalo est Bauchalot, village situé audessus de Saint-Marlory, sur la rive gauche delà Garonne. On a même prétendu que ce nom viendrait de celui des Volcœ, dont il aurait marqué les limites, du côté des pays aquitains (Nouv. hisl. (jén. île Lang.). Ce dernier fait demande à être démontré. Bauchalot passe pour avoir été fondé au XIVe siècle. Mais il y a des vestiges de la voie romaine de Dax à Toulouse, et Ton y remarquait, il y a quarante ans, la partie inférieure de l'une de ces stèles à images qui portent Le nom de piles, dans le nord de la France.

Mémoires de la Société d'Ethnographie.

Planche XI I'.

NOVEM POPULANI

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