‹ Les origines des cultes révolutionnairesChapitre 3 sur 97 · IX. Les pratiques, les cérémonies. — Les fédérations · texte numérisé non relu

IX. Les pratiques, les cérémonies. — Les fédérations

X. Fêtes civiques. — Fêtes commémoratives — Le 20 juin. — Le 14 juillet. — Le 4 août. — Fêtes politiques. — Fêtes des bienfaiteurs et des martyrs de la liberté. — Fêtes funèbres. — Desilles. — Mirabeau. — Voltaire. — Les Suisses de Châteauvieux. — Simoneau. — Cerutti. — Gouvion. — Fêtes morales.

XL Les prières et les chants patriotiques. — Influence du théâtre. — Conclusion.

Le point de vue négatif dans V étude des cultes révolutionnaires. — Pendant longtemps, la plupart des historiens

n'ont vu dans les culles révolutionnaiies que des constructions factices, imat^inées par des hommes politiques, pour le besoin des circonstances. ]Mème ceux qui aiment à se proclamer les disciples des lionnnes de 89 prennent difficilement ces tentatives au sérieux et par suite ne se placent presque jamais au point de vue proprement religieux pour les étudier et pour les juger. Le culte de la Raison, le culte de l'Être suprême, la ThéopliilanthrojHe, le culte décadaire ne sont pour eux qu'autant de chapitres de l'histoire politique de la Révolution, qu'autant d'épisodes de la lutte des « patriotes » contre les partisans de l'Ancien Régime. Comme ces pseudo-religions ont disparu très vile, il n'est pas rare qu'on les passe presque complètement sous silence, ou, ce qui est pire, qu'on ne leur fasse, à ces éphémères, l'aumône d'une mention dédaigneuse que pour s'égayer à leurs dépens. L'historien est volontiers respectueux de ce qui dure.

Quant aux écrivains catholiques, ils ne s'occupent guère des cultes révolutionnaires que pour retracer les persécutions dont leur religion fut l'objet et pour dresser le martyrologe de ses victimes. Emportés par leur zèle confessionnel, ils ne retiennent d'ordinaire de l'œuvre religieuse de la Révolution que le détail mesquin et odieux.

Les historiens libéraux. — Parmi les historiens dits libéraux, Thiers consacre dix lignes remplies d'erreurs aux Théophilanthropes, « ces ridicules sectaires qui célébraient des fêtes en l'honneur de toutes les vertus, du courage, de la tempérance, de la charité, etc., et, certains jours, déposaient des fleurs sur les autels où d'autres avaient dit la messe ». 11 approuve naturellement Ronaparte d'avoir mis tin à leurs comédies sacrilèges. « Pour les catholiques sincères, dit-il, c'était une profanation des édifices religieux que le bon sens et le respect dû aux croyances dominantes commandait de faire cesser ' ».

Page 1