PREMIERE PARTIE
Qiiinel, avec une ironie cruelle, met en regard les audaces de Luther avec les timidités de Danton et de Robespierre. Il dénie aux fondateurs des cultes révolutionnaires le profond sentiment religieux, qui animait, si on l'en croit, les Réformés du xvk siècle. Il flétrit le culte de la Raison, cette religion d'acteur, inventée par Hébert, marchand de contremarques. Il faut l'entendre railler à froid la routine classique, la frivolité d'esprit de ces révolutionnaires qui s'imaginaient enterrer les vieux cultes avec la chanson de Marlborough, de ces terroristes qui hésitent à employer la violence contre le catiiolicisme et finalement sauvent la contre-révolution par leur pusillanime décret du i8 frimaire ! « Ce jour-là, s'écrie-t-il amer et triomphant, ils tirent plus pour l'ancienne religion que les Saint Dominique et les Torquemada ! ' »
Renchérissant sur Quinet, son coreligionnaire, M. Ed. de Pressensé décoche à son tour ses traits les plus pointus contre les cultes révolutionnaires et surtout contre la Théophilanthropie, « pitoyable comédie », « niaise pastorale ' . »
Michelet, il est vrai, consacre de belles pages lyriques aux Fédérations, qu'il considère avec raison comme la première manifestation d'une foi nouvelle. Mieux qu'aucun autre, il a soupçonné le caractère religieux des grandea scènes de la Révolution. Mais il n'a fait que le soupçonner. La continuité de la religion révolutionnaire lui échappe. Il croit, lui aussi, que les différents cultes, qui en furent la manifestation extérieure, furent imaginés de toutes pièces par des politiciens maladroits intiniment peu capables de création '.
M. E. Gaclion* est peut-être un de ceux qui ont le