‹ Les origines des cultes révolutionnairesChapitre 73 sur 97 · DEUXIEME PARTIE II · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE II

du patriote Manuel a le grand inconvénient de soulever contre la Constitution les prêtres constitutionnels qui ont rendu de si grands services, qui ne peuvent voir dans un semblable arrêté que le plus sinistre présage pour leur marmite, et c'est toujours par le renversement des marmites que s'opèrent les révolutions et les contre-révolutions. »

Mais le mouvement anticlérical était déjà trop fort pour que ces conseils de prudence pussent être écoutés. La leçon de la Fête-Dieu ne fit que démontrer à P. Manuel et à ses amis la nécessité de redoubler d'énergie, et leur campagne continua plus vigoureuse que jamais. Les journaux brissotins donnèrent avec ensemble, suivis par les journaux cordeliers, qui seront bientôt les journaux hébertistes : le Patriote Français, la Chronique de Paris, à côté des Révolutions de Paris et du Père Duchesne. « Va toujours, brave Manuel, s'écriait le Père Duchesne ', va et nous te soutiendrons, fais pénétrer le flambeau de la raison dans la caverne des préjugés, et fous-moi l'àme à l'envers à tous les fanatiques ...» Et la Chronique de Paris reprenait : « O peuple français, que tu es encore loin d'être libre ! O prêtres de toutes les religions, jusques à quand n'empêcherez-vous plus les hommes de marcher librement et tranquillement'? »

La campagne philosophique continua plus ardente que jamais, avivée encore par les premières défaites sur les frontières. P. Manuel put poursuivre sans obstacle sa prédication aux Jacobins. A la séance du 29 juillet, il annonçait au club qu'il allait convoquer les électeurs parisiens pour la nomination à deux cures vacantes, et à cette occasion, il recommandait aux suffrages des patriotes « les prêtres les plus dignes, ceux qui sont époux et pères )). (( Loin de nous, s'écriait-il, ces prêtres qui croient que l'usufruit des femmes est bon et non pas la propriété.

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