N° du 9 juin 1792, dans Robinet, op. cit., t. II, p
2. N" du 10 juin 1792. Lettre sis^née F. J. Ozanne, dans Robinet, op. cit., t. II, p. 214.
Il8 LES ORIGINES DES CULTES RÉVOLUTIONNAIRES
qui ne veulent pas en avoir à eux pour user de celles des autres * . . . »
On peut dire qu'à la veille du lo août, l'Eg-lise constitutionnelle, minée par cette propagande philosophique, perdait de jour en jour son action sur les patriotes. La majorité des évèques et des prêtres jureurs, indignés de ce qu'ils appelaient de l'ingratitude, n'étaient pas loin déjà de se retirer du comhat politique. Dès ce moment, ils se détachent peu à peu de la Révolution et rentrent sous la tente. Certains même n'espèrent plus qu'en une réconciliation honorable avec les réfractaires '. Inversement, la petite minorité des prêtres philosophes, groupés autour de la Feuille Villageohe, rompent de plus en plus ouvertement avec le catholicisme, se marient, se laïcisent, fréquentent le club aussi souvent que l'église. Ils seront demain les prêtres du nouveau culte civique, à l'organisation duquel les liommes politiques travaillent maintenant en plein jour.
Les projets de fêtes civiques sous la Législative. — Pendant ces premiers mois de 1792, la propagande philosophique n'avait pas été purement négative, elle avait pris de bonne heure une forme positive.
Détruire le catholicisme, c'était bien ; le remplacer c'était mieux. Les projets de culte civique, déjà esquissés par Mirabeau et Talleyrand, sont alors repris, étendus, approfondis, et ouvertement dressés contre le catholicisme.